Ben Guerdane : brio militaire, récupération politique et procès en patriotisme

Quatre jours de combats acharnés, 50 jihadistes (soit autant que le récent raid US sur Sabratha), 7 civils et 12 policiers et militaires tués… l’opération de Ben Guerdane constitue un évènement majeur de l’histoire de la lutte antiterroriste en Tunisie, le plus meurtrier, même s’il n’est pas unique en son genre. Et comme souvent dans ces cas-là, certains tentent d’importer la logique militariste dans le champ des idées, en œuvrant à museler tout début de réflexion sociologique ou éthique. A leur façon, ceux qui cèdent au chantage du procès en patriotisme sont aussi des déserteurs.

Les syndicats de police ou l’ultime dérive du corporatisme

Ils étaient plus d’un millier de policiers en civil à manifester jeudi 25 février 2016 jusqu’à la tombée de la nuit sur la petite esplanade de la Kasbah, à l’appel du Syndicat national des forces de sécurité intérieure, revendiquant essentiellement des augmentations salariales, et accessoirement le départ de Habib Essid… Cette fois l’épisode divise jusque dans les rangs des dits syndicats de police. Pour comprendre comment en est-on arrivé là, une brève rétrospective de la genèse de ces organismes s’impose.

Fiasco médiatico-douanier : les leçons d’un emballement

Une grande partie des médias dominants continue de fonctionner telles des succursales du ministère de l’Intérieur, prenant pour argent comptant ce que dit la « dékhilya ». Ces derniers sont sur une ligne paranoïaque sensationnaliste quand il s’agit de terrorisme et d’effets d’annonce. Pourtant des précédents loufoques existent.

Un incendie social mal éteint

Pour la troisième semaine consécutive, Béji Caïd Essebsi continue de recevoir divers « VIP » en vue d’interminables consultations. C’est à se demander si à Carthage on a la même notion du temps que celle du brûlant dossier de l’emploi.

Présidence : la fuite en avant

Ahmed Néjib Chebbi, Mohamed Nouri Jouini, Mondher Zenaidi, Mehdi Jomâa, Mongi Hamdi, et Mansour Moalla ont été reçus au Palais de Carthage la semaine écoulée. derrière les apparences de sagesse et de consensualisme, les dessous de ces tractations révèlent qu’une présidence rancunière s’entête à appliquer bientôt les mêmes recettes libérales récemment rejetées par une majorité de Tunisiens.

Le mythe de la gauche putschiste, une survivance de l’ancien régime

Il est fascinant de constater l’aptitude des gouvernants tunisiens post révolution à reproduire les erreurs du passé. Il y a quatre ans, presque jour pour jour, le Premier ministre Hamadi Jebali ainsi que divers dirigeants d’Ennahdha accusaient sans les nommer des partis d’extrême gauche d’être à l’origine des troubles sociaux, et parlaient déjà d’« aide extérieure ». C’était un an après que le dictateur aux abois Ben Ali promettait de punir les fomenteurs des évènements de la révolution.

Kasserine : Cacophonie au sommet de l’Etat

Il y a un peu plus d’une année, Béji Caïd Essebsi, alors en campagne électorale pour la présidentielle, promettait monts et merveilles à la région de Kasserine en termes d’emploi et de restauration de la dignité. Ne constatant qu’une restauration de la corruption, Kasserine et ses 23% de chômeurs se soulève, faisant tâche d’huile sur l’ensemble du pays. La cacophonie que donnent à voir les intervenants gouvernementaux est symptomatique de la faillite de la coalition au pouvoir.

Le remaniement de la dernière chance

Pour la deuxième fois en moins d’un an, Habib Essid a donc été contraint de revoir sa copie, après un bilan bien terne, voire calamiteux, de son équipe gouvernementale en crise. Pour autant, l’homme ne déroge pas à son orthodoxie : plus qu’un remaniement, s’il s’agit d’une profonde restructuration, les profils de la trentaine de ministres, qu’ils soient nouvellement désignés ou maintenus à leurs postes, laissent présager d’un projet peu imaginatif, bien loin d’une réforme digne de ce nom.

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