environnement

En dépit de la dégradation de l’environnement, aggravée après la révolution de janvier 2011, le volet écologique ne semble pas être une priorité dans les programmes électoraux des partis politiques en lice. Si tous se rejoignent sur des généralités, comme la nécessité d’un environnement propre et sain, ils ne disent pas, cependant, comment ces programmes vont être réalisés. Les Législatives 2014 sont une occasion de s’arrêter sur le programme des principales listes en matière d’environnement.

La pollution industrielle : un cheval de bataille politique

Le mouvement Nidaa Tounes cible le développement du système de gestion des déchets solides, la généralisation du traitement des eaux usées domestiques, industrielles et touristiques dans les zones urbaines, ainsi que l’Induction de programmes d’études de décontamination des villes industrielles, tout en favorisant les zones les plus polluées comme le golfe de Gabés, le bassin minier de Gafsa, la région de Sfax, Kasserine, Bizerte et le Grand Tunis.

Afek Tounes compte, lui aussi, intervenir dans le secteur de la gestion des déchets, en mettant en place une réforme de la réduction des déchets et l’amélioration des stratégies de collecte, du transfert, de recyclage, de traitement et de valorisation des déchets. Il s’agit, également, de créer de nouveaux estuaires contrôlés, en particulier à Tunis, avec la possibilité de créer de l’énergie dans le contexte du traitement des déchets.

Le Courant démocratique et l’Initiative ont posé le problème de la pollution industrielle ayant des effets durables sur l’environnement.
L’Initiative propose une intervention concertée de toutes les parties, associatives, administratives, municipales, éducatives et culturelles, pour préparer un programme national visant à réduire la pollution industrielle, ainsi que la planification pour le déploiement d’un comportement environnemental national assurant l’hygiène. Pour ce qui est de la gestion des déchets de ménage et des déchets similaires, le Courant démocratique encourage la mise en place des centres de traitement domestique et leur recyclage.

Le mouvement Ennahdha et le Front populaire ont mis l’accent sur l’importance de la décentralisation des municipalités et la nécessité de renforcer leurs capacités, afin qu’elles jouent, correctement, leurs rôles et contribuent à une mise en œuvre efficace de ces plans d’action.

Culture et environnement

Toutefois, chaque parti a des orientations spécifiques. Ennahdha, par exemple, focalise sur Kerkennah et Djerba pour instaurer des procédures spéciales, étant donné la fragilité de l’environnement de ces deux écosystèmes insulaires. Ce parti propose, ainsi, la mise en œuvre d’un programme d’amélioration des quartiers populaires et des centres villes, en mettant en évidence leur caractère culturel. En outre, le programme d’Ennahdha incite à créer des emplois par l’utilisation des technologies modernes, tout en créant des entreprises spécialisées pour le nettoyage, la valorisation et l’entretien des installations publiques des villes. Il est aussi question de développer une flotte d’autobus qui tienne compte des normes environnementales.

De son côté, le Courant démocratique a mis l’accent sur l’importance de l’intégration de la culture de préservation de l’environnement dans le système éducatif, à tous les niveaux d’enseignement. Pour ce parti, le recours aux vélos dans les villes pourra réduire les émissions des gaz à Effet de Serre altérant l’environnement.

Afek Tounes, encourage les entreprises industrielles et de services à adopter la notion de la responsabilité sociale et environnementale, et de développer des systèmes de gestion des problèmes environnementaux et de l’énergie relatifs aux normes internationales.

Le Front populaire tend plutôt à adopter des lois qui assurent la protection de l’environnement et à instaurer des mécanismes efficaces pour mettre en œuvre ces lois.

Économie verte et développement

Le Courant démocratique et Ennahdha soutiennent le principe de « l’économie verte ». Le premier entend promouvoir la création d’espaces verts au sein des zones industrielles urbaines, ainsi que des stations d’éco-tourisme. Tout comme l’UPL qui veut encourager les investissements dans l’éco-tourisme culturel et religieux et la promotion de l’environnement d’affaires.

Pour sa part, Ennahdha compte soutenir l’économie verte par la promotion de la recherche scientifique et l’innovation dans le domaine des technologies de l’environnement.

Le Congrès pour la République et le Front populaire projettent de créer des espaces verts et des réserves naturelles pour conserver et maintenir la biodiversité. Pour cela, le CPR propose de traiter les sites touchés par la pollution. Alors que le Front populaire, lui, entend socialiser ces réserves, à travers la création de projets de développement qui leur sont liés.

De son côté, Afek Tounès veut promouvoir la préservation de la biodiversité et son développement, en particulier à travers le renforcement de l’état de toutes les « zones de protection spéciale », sur les grandes zones forestières, avec la mise en place d’un programme de reboisement élargi. L’objectif étant de créer plus d’espaces verts et de forêts récréatives dans les villes et autour des centres urbains.

En outre, Afek Tounes entend se pencher sur le problème de la rareté de l’eau dans notre pays. Ainsi, le programme de ce parti incite-t-il à la protection des ressources en eau et l’état écologique de ses volumes totaux, que ce soit pour les eaux de surface ou les eaux souterraines. Tout en insistant sur l’importance de l’amélioration et la rationalisation de l’eau, en particulier dans l’agriculture, qui consomme 80% de l’eau, actuellement disponible.

L’UPL appelle à la préservation du patrimoine naturel et de l’environnement pour assurer aux générations futures leur droit d’exploitation des ressources naturelles.

Le Courant démocratique semble conscient du phénomène de l’érosion et son augmentation au niveau du boisement dans les zones arides, désertiques et montagneuses.

Le CPR insiste sur l’utilisation appropriée des ressources hydriques disponibles et le contrôle de la diversification et le rationnement des ressources en eau.

Pour l’Initiative et le Front populaire, la préservation du littoral, de la mer et des ressources hydriques naturelles est impérative.
L’UPL appelant à préserver la bande côtière par la promulgation des législations strictes, et à rationaliser la consommation d’eau dans les zones irriguées publiques. Il s’agit, également, de promouvoir et de développer la technologie de contrôle de dessalement de l’eau permettant de réduire l’utilisation de l’inventaire actuel des eaux profondes. Pour l’accordement de l’assainissement, en particulier dans les zones rurales, il est question d’augmenter la capacité des centres de traitement des eaux usées.

De même, le Front populaire incite à l’intégration de réutilisation des eaux usées, la résistance à la pollution de l’eau et la réponse à la surexploitation des eaux de surface et de profondeur.

Énergies renouvelables et consommation

Pour la politique de l’énergie, le Front populaire compte élaborer des plans et des programmes pour l’exploitation des énergies alternatives et des énergies renouvelables, ainsi que des travaux pour la réhabilitation de l’environnement et des établissements publics, privés et collectifs. Il s’agit, notamment, d’encourager le transport en commun dans le cadre d’un programme national visant à rationaliser la consommation d’énergie.

Le CPR propose de produire plus de ressources énergétiques en s’appuyant sur les énergies alternatives et renouvelables, afin de réduire le dioxyde de carbone CO2. Suite à un plan national ambitieux, le parti du président Marzouki la promotion, le développement de l’énergie renouvelables et la réduction de la consommation d’énergie dans les bâtiments.

Le Front populaire veut encourager la recherche scientifique et la technologique dans le domaine de l’environnement. Pour cela, il entend soutenir la société civile qui s’intéresse aux questions de l’environnement et promouvoit la participation des citoyens dans les actions environnementales.

La loi environnementale et ses mécanismes

Nidaa Tounés vise, lui, le respect de l’environnement en adoptant des modes de production compatibles avec la législation de l’environnement, afin de parvenir à un environnement et des espaces propres et sains dans toutes les villes.

Le CPR tient à réétudier les textes et les spécifications juridiques relatifs à l’environnement. Le parti compte accélérer la nomination de la Commission constitutionnelle du développement durable, l’achèvement de la législation environnementale et le soutien des moyens de surveillance et de contrôle à tous les stades de la production et du développement économique. Le CPR entend, également, se pencher sur la législation fiscale de manière à stimuler le changement des comportements et à encourager les investissements.

Afek Tounès met davantage l’accent sur l’octroi du label de qualité aux institutions répondant aux exigences environnementales, concernant les produits de services. Ce parti compte faire de la technologie et des services de l’environnement un moteur de croissance et de développement. De même, ce parti propose des incitations fiscales pour les entreprises innovantes dans le domaine de la conservation de l’environnement et de l’énergie.

Certes, mis en concurrence avec les enjeux sociaux, le thème de l’environnement peut paraître secondaire. Mais, avec les problèmes aigus posés par la pollution industrielle, la gestion des déchets, les dangers du gaz de schiste et la crise de l’eau, les tunisiens seront, plus que jamais, attentifs aux programmes écologiques des partis élus.

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