Chokri Belaid. Photo: Kais Zriba || Nawaat.org

Voilà deux semaines que Chokri Belaid tombait sous les balles d’un assassin. 15 jours d’enquête dans une atmosphère politique délétère. La mort du leader du Front populaire a provoqué un séisme politique et l’un des plus grands rassemblements populaires de l’histoire de la Tunisie pour son enterrement. Mais, son meurtrier court toujours, laissant libre cours à toutes les spéculations.

La Tunisie a-t-elle vraiment absorbé le choc ?

Islamiste, agent du ministère de l’Intérieur, rival jaloux dans l’opposition ou encore mercenaire étranger, toutes les théories ont été évoquées pour expliquer le premier assassinat politique de l’histoire récente du pays. Cependant, les Tunisiens s’impatientent, et plus l’enquête traine en longueur, plus le climat se détériore, aussi bien dans la société qu’au niveau politique.

Loin d’avoir « absorbé le choc » de ce drame, comme l’a un peu rapidement affirmé le président Marzouki, la Tunisie demande plus que jamais des comptes au ministère de l’Intérieur, d’habitude si prompt à identifier les auteurs de crimes. Pendant ce temps, le feuilleton politique et ses rebondissements quasi quotidiens prennent de plus en plus des allures de farces, si elle ne mettait pas en péril la transition démocratique de la Tunisie.

Les Tunisiens s’impatientent

Mercredi, deux semaines jour pour jour après l’assassinat de Chokri Belaid, figure charismatique de la gauche tunisienne, une campagne a été lancée sur les réseaux sociaux pour demander « Qui a tué Chokri Belaid ? » Relayé intensivement toute la journée par des administrateurs de pages et de nombreux internautes, le « buzz » avait pour objectif d’interpeller les autorités sécuritaires et de les mettre face à leurs obligations.

Le même jour, le ministère de l’Intérieur annonce par la voix de son porte-parole que l’enquête progresse pour identifier les assassins de Chokri Belaid. Khaled Tarrouche a ajouté que des éléments seront rendus publics ultérieurement. Selon d’autres sources, un suspect qui serait impliqué dans l’assassinat du militant et opposant Chokri Belaïd a pu être identifié.

La presse évoque la piste salafiste, le ministère ne confirme pas

Jamel Arfaoui, journaliste à Nessma TV, indique notamment que le meurtrier présumé appartiendrait à une cellule de mouvance salafiste et serait connu des services de police. Concernant ces dernières affirmations, le porte-parole du ministère botte en touche en déclarant que toute information émanant de source non officielle n’engage que cette dernière.

Sur le terrain, les indices manquent, notamment en raison de la non-sécurisation du lieu du meurtre, une procédure réglementaire pourtant basique. Dans les cas similaires d’assassinat politique, l’expérience montre que la durée de l’enquête est inversement proportionnelle au taux de réussite. Autrement dit, plus le temps passe, plus les chances d’identifier le coupable diminuent. En attendant, les Tunisiens promettent de ne pas lâcher l’affaire, « manech msselmin » pouvait-on ainsi lire sur Facebook et Twitter hier.

Rached Cherif

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