Les soldats de la Garde nationale tunisienne gardent l’entrée du ministère de l’Intérieur à Tunis le 22 octobre 2012. [AFP/Fethi Belaid]

Un officier de la garde nationale tué et quatre autres blessés

L’adjudant de la garde nationale Anis Jlassi (27 ans) a été tué ce lundi lors d’un affrontement avec des hommes armés et non identifiés près de la localité de BouChebka, dans le gouvernorat de Kasserine, à 2 km de la frontière avec l’Algérie. Quatre autres membres des forces de l’ordre ont été blessés selon un bilan transmis à l’AFP par une source sécuritaire.

La zone a été sécurisée, mais personne n’a été arrêté, a déclaré à l’AFP ce haut responsable s’exprimant sous couvert d’anonymat. Samedi, deux hommes avaient été arrêtés en possession d’armes et de quantités non précisées d’explosifs et de stupéfiants dans une zone frontalière, dans la région de Jendouba à quelques kilomètres plus au nord.

L’adjudant Anis Jlassi a été inhumé aujourd’hui dans sa ville natale de Chouarbia, dans la délégation de Chbika (Gouvernorat de Kairouan). Le président Marzouki, accompagné du ministre de l’Intérieur Ali Larayadh, du général Rachid Amar, chef d’état-major interarmées, ainsi qu’un grand nombre de cadres sécuritaires ont assisté à l’enterrement. Les quatre membres de la garde nationale blessés sont hospitalisés à Kasserine.

Les opérations de ratissage se poursuivent

Dès lundi soir et toute la journée de mardi, les forces de sécurité ont poursuivi le ratissage de la zone bouclée pour arrêter les éléments du groupe armé, avait indiqué lundi en début de soirée le porte-parole du ministère de l’Intérieur Khaled Tarrouche. La garde nationale et l’armée ont reçu l’appui de blindés et de deux hélicoptères.

M. Tarrouche n’était pas en mesure de préciser le nombre, l’origine et l’appartenance du groupe armé, mais des sources locales ont assuré qu’il s’agissait de quatre hommes barbus qui ont été repérés par le gardien d’une société pétrolière. Celui-ci a alors prévenu le poste de la Garde nationale, dont le chef s’est rendu en premier sur les lieux, où il a été atteint par des balles tirées par les individus armés, toujours selon l’AFP.

Une source militaire donne une version différente

Une source militaire bien informée nous a communiqué une version différente de la version officielle.
Selon cet officier de l’armée tunisienne, des opérations de ratissage ont eu lieu après la découverte de la voiture chargée d’armes à Fernana (Gouvernorat de Jendouba) le vendredi 7 Décembre 2012. Les services de Renseignement Intérieur auraient découvert un camp d’entraînement le samedi 8 décembre à Bouchebka. Aussitôt une opération de renseignement aurait été déclenchée, le camp encerclé et 6 caméras auraient été installées pour filmer les méthodes d’entraînement, la logistique, la fourniture en vivres etc..

Dimanche 9 décembre, une patrouille commune entre l’armée et la garde nationale qui devait emprunter un parcours passant par la zone encerclée aurait changé d’itinéraire à la dernière minute ce qui aurait poussé un officier de la garde nationale (originaire de Karma Kairouan) à interroger le chef de la patrouille (un militaire) sur les raisons de ce changement (Seul le chef de la patrouille serait au courant de l’opération en cours dans la zone).

Le lendemain, l’officier revient de sa propre initiative sur place avec d’autres officiers de la garde nationale pour inspecter les lieux. C’est alors que les échanges de tirs se sont déclenchés entre les occupants du camps et les officiers de la garde nationale. Des renforts de la gendarmerie et de l’armée seraient intervenus. Les échanges de tirs ont causé la mort d’un officier et plusieurs blessés parmi la garde nationale.

Les renforts auraient découvert, à l’intérieur du camp, un arsenal d’armes de guerre et des tentes individuelles. Aucun des occupants du camp n’a été arrêté.

Cette version concorde avec les informations publiées sur le site internet de la chaîne d’information, France24. Le site rapporte qu’une carte d’identité algérienne aurait été découverte sur les lieux, ainsi qu’une puce téléphonique d’un opérateur tunisien. Toujours selon France24, le camp d’entraînement serait situé dans la ville de Dernaya dans la délégation de Feriana (gouvernorat de Kasserine).

Pourquoi il n’y a-t-il pas eu coordination entre les dirigeants de la garde nationale et du ministère de la Défense pour éviter ce qui s’est passé ?

Trafics d’armes et contrebande en hausse dans la zone frontalière

Cet affrontement survient quelques jours seulement après des déclarations du président Moncef Marzouki, publiées par la revue britannique The World Today, dans lesquelles il faisait part de son inquiétude face à la prolifération d’armes dans le Maghreb. Selon lui, « des quantités d’armes ayant appartenues au régime libyen sous Kadhafi sont passées aux mains des islamistes non seulement en Libye, mais aussi en Algérie et en Tunisie ».

Or, la frontière tuniso-algérienne est une zone de trafics en tout genre, notamment de carburant et de différents produits de consommation courante. Plus récemment, elle est aussi devenue une zone de transit d’armes, comme en témoignent les récentes prises de forces de sécurité.

L’armée tunisienne aurait fermée plus de 220 Km de frontière avec l’Algérie à l’exception du poste frontalier de Feriana où les mesures de sécurités ont été renforcées.

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