La campagne #Ekbes:

Tout a commencé suite à une décision prise par le président égyptien Mohamed Morsi. Celui-ci a signé un décret limogeant le maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense dirigeant du pays depuis la chute de Hosni Moubarak, ainsi que le chef d’état-major général de l’armée nationale Sami Anan et plusieurs autres hauts responsables militaires.

A la fois impressionnés et choqués par l’énorme décision du président égyptien Mohamed Morsi, des jeunes ont lancé la campagne #Ekbes, ce que veut dire « Serrez la vis ! » en d’autres termes : « Soyez plus fermes ! »

La campagne #Ekbes est une campagne qui fait le buzz sur la toile depuis quelques jours . Lancée par des jeunes nahdhaouis, la campagne vise à faire pression sur le gouvernement pour le pousser à mieux travailler sur les dossiers de réforme, ainsi que pour l’obliger à assumer ses responsabilités et s’engager dans la mise en exécution des revendications de la campagne qui sont:

Les Revendications : (Source Tuniscope)

– Promulguer une loi interdisant à toute personne, ayant été membre du RCD dissout, ayant exercé une responsabilité au sein de ce parti, d’intégrer un parti politique pour une période d’au moins 10 ans.

– Le gouvernement doit prendre des décisions urgentes pour purger le système judiciaire, l’organe sécuritaire, l’administration et le secteur médiatique.

– Sanctionner tous les symboles de la corruption (hommes d’affaires et responsables) et confisquer leurs biens et avoirs.

– Ecarter les figures qui exercent leurs activités au sein du gouvernement alors même qu’elles sont connues pour leur appartenance à l’ancien régime.

– Déceler l’affaire de la Police Politique, dissoudre cet organisme et dénoncer toute personne ayant comploté contre le peuple tunisien.

– Criminaliser toute personne glorifiant l’ancien régime ou portant atteinte à la révolution tunisienne.

– Honorer les familles des martyrs et blessés depuis l’Indépendance.

– Former une commission judiciaire composée de civils et militaires pour enquêter sur les crimes de l’ancien régime et réexaminer l’affaire des martyrs de la Révolution.

Les trois présidences sont responsables de la mise en exécution des revendications précédemment citées et doivent annoncer publiquement leur engagement.

La campagne s’adresse aux trois présidences. « Nous nous adressons à tous les dirigeants du pays, nous incitons la présidence du gouvernement, la présidence de la République et la présidence de l’Assemblée Constituante à concrétiser les objectifs de la Révolution » a déclare Mosseb Ben Ammar, le porte parole de la campagne.

Sur son intervention sur les ondes de la radio Shams-Fm, le porte parole de la campagne #Ekbes Mosseb Ben Ammar a souligné que l’initiative venait des jeunes d’Ennahdha, mais que les portes sont ouvertes à tout révolutionnaire qui supporte la campagne et ses revendications.

Le journal Al Fajr, hebdomadaire politique officiel du parti islamisque Ennahdha, a présenté la campagne comme étant une initiative venant des jeunes de la révolution…et non pas des jeunes d’Ennahdha. Donc, loin des déclarations du porte parole de la campagne, le journal d’Ennahdha essaye de faire passer d’autres messages : soit que c’est les jeunes d’Ennahdha qui ont fait la révolution, soit que ce sont les jeunes de la révolution qui ont lancé la campagne.

Les jeunes de la campagne Ekbes ne se sont pas contentés du coté virtuel de la campagne. Ils ont appelé à soutenir et à participer à la manifestation organisée par les jeunes d’ El Kram, qui a eu lieu jeudi le 16 août, qui se dirigeait vers le Palais Présidentiel à Carthage. Les jeunes d’El Kram qui ont participé à cette manifestation sont déjà dans la même démarche que les jeunes de la campagne Ekbes, celle de supporter la légitimité du gouvernement.

Al jazeera était au rendez-vous et a diffusé en direct la marche sur sa chaine Al Jazeer-Mubasher. Sur son site Al Jazeera Talk et, dans la même démarche que le journal Al Fajr, Al Jazeera a nommé la campagne « le nouveau né révolutionnaire ».

Sur sa chaine youtube (aljazeerachannel), Al Jazeera a publié la vidéo de la manifestation d’El Kram en titrant « la première manifestation en Tunisie, depuis la révolution ». Du coup la question se pose : est-ce que toutes les manifestations qui ont lieu en Tunisie post-révolutionnaire n’étaient pas des manifestations ? Ou faut-il être nahdhaoui pour-être considéré comme manifestant ?

Sur la page Facebook officielle de la campagne #Ekbes, les administrateurs ont publié le reportage d’ Al Jazeera après avoir changé le nom de la vidéo de « la première manifestation en Tunisie, depuis la révolution « en “reportage d’Al jazeera sur Ekbes” .

D’autres marches et manifestations sont programmées par les organisateurs de la campagne et des photos menaçant d’un 4ème sit-in à la Kasbah apparaissent sur la page de la campagne #Ekbes de Facebook. Entre le silence du gouvernement et celui de l’opposition, une partie du peuple a préféré le silence et l’attente, alors qu’une autre a choisi de se moquer de la campagne, pensant qu’il n’y a plus d’espoir à avoir en ce gouvernement.

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