Intervenu sur les ondes de Mosaïque Fm, le 18 décembre, le chef de file du parti Machrou Tounes, Mohsen Marzouk, a commenté la coopération au sommet du pouvoir entre le président de la République, Kais Saied, et le chef du gouvernement, Hichem Mechichi. D’après Marzouk, il y a une crise entre les deux pôles de l’exécutif qui s’est reflétée dans la gestion de la politique étrangère avec la dernière visite de Mechichi en France, du 12 au 14 décembre. Marzouk avance que Saied a convoqué récemment l’ambassadeur de France en Tunisie, André Parant, pour lui signifier son mécontentement quant à la visite de Mechichi à Paris. Cette convocation de Parant a eu lieu le jour même du voyage du chef de gouvernement en France, selon Marzouk.

Le président de Machrou Tounes a ajouté que le président de la République a exprimé également aux Italiens son mécontentement concernant la visite prévue de Mechichi à Rome. Rappelons que le chef du gouvernement avait prévu de se rendre en Italie après sa visite en France sur invitation du président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte. La contamination du ministre de l’Economie, des Finances et du soutien à l’Investissement, Ali Kooli, par la Covid-19 a entrainé l’annulation de cette visite.

Relayées par plusieurs médias (ici et ici), les déclarations de Marzouk ont fait réagir également l’ambassade de France en Tunisie qui a démenti les propos du président de Machrou Tounes. « L’ambassade de France tient à démentir catégoriquement les propos tenus aujourd’hui dans l’émission Midi Show sur Mosaïque FM concernant la visite du chef du gouvernement tunisien à Paris et regrette l’instrumentalisation dont celle-ci est l’objet », lit-on dans le communiqué.

Ce démenti n’a pas suffi pour les tenants de la thèse de l’existence d’une diplomatie « parallèle » menée dans l’opacité par la conseillère du président de la République, Nadia Akacha. Pour l’appuyer, ils se sont fondés sur la rencontre, le 9 et 10 décembre, de Nadia Akacha avec le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, accompagné d’une délégation composée de l’ambassadeur de France en Tunisie et d’autres cadres de l’ambassade.

Or cette rencontre n’a rien de secret puisqu’elle a été rendue publique par Lemoyne sur Twitter. Elle a également été relayée par le Quai d’Orsay. Elle s’inscrit dans le cadre des échanges bilatéraux entre les deux pays sur les questions relatives à la santé, l’enseignement, la sécurité et le tourisme. En outre, elle a eu pour objet de préparer le sommet de la Francophonie qui aura lieu en Tunisie en 2021, comme l’a expliqué le secrétaire d’Etat Français, Jean-Baptiste Lemoyne.

Marzouk constate que cette visite reflète une « collaboration quasi-absente » entre la présidence du gouvernement et la présidence de la République. « La visite du chef du gouvernement dans un autre pays doit être évaluée entre le chef du gouvernement lui-même et la présidence et non pas entre l’ambassadeur du pays concerné et la présidence de la République », a-t-il martelé sur sa page Facebook, le 18 décembre. Il a ajouté que le démenti de l’ambassade de France en Tunisie était « attendu ». Il a souligné que présenter la parfaite coopération entre les trois présidences n’est qu’un leurre.

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