Politiquement, il y a deux manières de réfléchir. Soit du point de vue de l’Etat, c’est-à-dire (et ce n’est pas un raccourci) du point de vue de la classe dominante, des puissants en gros. Soit du point de vue de ceux qui souffrent. Et il n’y a pas de synthèse possible. Ainsi, prenez un riche. Ou quelqu’un qui le représente. Demandez-lui ce qu’il pense des mouvements de la contestation dans le sud. Il vous répondra qu’il a beaucoup de compassion pour les jeunes chômeurs et leurs familles, que leurs demandes sont « légitimes », mais qu’il est tout à fait inconvenant de bloquer la production et d’avancer des revendications irréalistes qui menacent la stabilité et la pérennité de l’Etat. Ou alors qu’il ne faut pas que ceux qui n’ont rien soient égoïstes et menacent l’économie nationale, c’est-à-dire finalement l’Etat.