Notre Premier ministre doit se rendre ce lundi en Allemagne pour une visite officielle. Au centre des entretiens qu’il doit avoir avec Angela Merkel, la question de l’immigration. Il y a quelques jours, le président de la République se trouvait en Italie. Il a déclaré devant le Sénat : « Comme pour la lutte contre le terrorisme, le phénomène de l’immigration clandestine ne peut être endigué que par une stratégie globale commune ». Ce qui en langage profane pourrait être traduit ainsi : donnez-nous de l’argent et vous ne verrez plus une tête bronzée débarquer sur vos côtes.

L’implication de la Tunisie dans la lutte contre l’immigration de citoyens tunisiens ou subsahariens en direction de l’Europe n’est pas un fait nouveau. Sur cette question comme sur tant d’autres, la politique des autorités actuelles ne se distingue guère de celle qui avait été suivie par l’ancien régime. La collaboration avec les politiques racistes des Etats européens, car c’est bien de cela qu’il s’agit, dément les vigoureuses déclarations antiracistes de nos responsables politiques au lendemain de la brutale agression dont ont été victimes il y a quelques semaines des étudiants congolais. L’émotion suscitée par cet acte criminel avait semblée alors générale. Mohamed Ennaceur, le président du parlement, avait exprimé sa compassion aux proches des victimes tandis que le chef du gouvernement s’adressait aux députés les appelant à adopter en urgence une loi pénalisant le racisme : « Il faut une stratégie nationale afin de changer les mentalités, [et] une loi qui criminalise la discrimination. » Partis, associations, médias ont tenus des propos similaires s’inquiétant de la persistance d’un racisme tunisien anti-noir.