Sihem Ben Sedrine, présidente de l’IVD, a fait une déclaration magnifique. Elle a dit : « Nous sommes tombés sur des documents français qui nous donnent de nouvelles preuves concernant la violation des Accords de Genève » par la France durant la bataille de Bizerte, « ils ont bombardé des civils et ont commis des crimes de guerre […]. La Tunisie exigera son droit. Je dis la Tunisie et non pas l’Instance, car l’Instance prépare les dossiers et les transmet aux parties concernées qui feront, on l’espère, leur travail, à savoir demander à la France non pas seulement des excuses mais également des réparations pour ces violations en Tunisie, un pays indépendant et souverain ».

Il ne m’intéresse pas de savoir pourquoi Sihem Ben Sedrine a fait cette déclaration ni pourquoi elle l’a faite précisément en ce moment. Ce qui est important en l’occurrence, c’est que les exigences qu’elle a formulées sont parfaitement justifiées et qu’elles ont été formulées par la présidente d’une institution qui a non seulement la légitimité que lui a conférée la Constitution mais également la légitimité de la révolution dont elle est l’un des principaux acquis. En s’engageant à ouvrir le dossier des exactions commises par l’Etat français lors de la bataille de Bizerte, l’IVD n’outrepasse pas, en outre, ses prérogatives légales.