Depuis dimanche 11 septembre, les habitants de Fernana (gouvernorat de Jendouba) sont dans la rue contre le laxisme de l’État. Le même jour, Wissem Nasri qui s’est immolé par le feu, mercredi 7 septembre, est décédé à l’hôpital des grands brûlés de Ben Arous. Les habitants exigent l’ouverture d’une enquête sur des soupçons de corruption dans la municipalité de la délégation et de trouver des solutions concrètes au chômage et au développement à Fernana.
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Mercredi 7 septembre, Wissem Nasri, la trentaine, père de trois enfants, s’immole par le feu devant la municipalité de Fernana. Propriétaire d’un café populaire, la municipalité lui inflige plusieurs amendes de 40 mille dinars et lui interdit des autorisations de vente de chicha. Selon ses proches, Wissem a essayé de négocier avec la municipalité et a envoyé de multiples demandes d’audience au gouverneur, restées sans réponse. Le jour de son immolation, il se dispute avec Tarek Mahouassi, le secrétaire général de la municipalité. Suite à quoi, il désespère et s’immole par le feu.

Mounira Ghadghadi, 29 ans, diplômée en informatique, au chômage depuis 6 ans, explique que la mort de Wissem n’est que la goûte qui fait déborder le vase. « Fernana souffre de pauvreté depuis très longtemps. Pas d’emplois, pas d’administration, pas de routes, pas de santé ni de développement. Tous les jeunes sont au chômage ou travaillent occasionnellement dans les chantiers des villes voisines. Même l’usine de tomate récemment installée dans la ville est restée fermée sans nous expliquer les raisons » témoigne la jeune femme.

Après une trêve de l’Aïd qui a duré 48 heures, les habitants ont réinvesti la rue ce matin et ont à nouveau barré la route principale menant à Ain Draham. Dans un communiqué, les manifestants demandent l’ouverture d’une enquête sur les circonstances de l’immolation de Wissem et sur des soupçons de corruption à la municipalité de Fernana et au gouvernorat de Jendouba. Ils exigent un emploi fixe à la veuve du défunt ainsi que l’implantation de bureaux administratifs comme la CNSS. Constitués en majorité de chômeurs, les manifestants exigent un plan de développement pour la région et la création d’une zone industrielle ainsi que l’embauche immédiat des 345 ouvriers de chantiers de la délégation.

Juste avant les fêtes de l’Aïd, des jeunes manifestants ont menacé de couper l’eau de la station de pompage de la ville afin de faire pression sur les décideurs. Dès dimanche, les forces de l’ordre ont encerclé Fernana sans procéder à des arrestations. Samedi 10 septembre, une réunion au gouvernorat de Jendouba a eu lieu en présence du gouverneur Habib Skandrani et des représentants de la société civile. Le gouverneur a annoncé l’installation de la maison des services qui réunira des bureaux locaux de plusieurs administrations ainsi que l’accélération de l’exécution de nouveaux projets de développement dans la région. Les habitants ne décolèrent pas pour autant. « On n’abandonnera la rue qu’après la concrétisation de nos demandes » averti une page facebook [صدى فرنانة] qui réunit plus de 7000 abonnés.

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