” Par ailleurs, l’ensemble des témoignages recueillis par les chargés de mission, aussi bien à Tunis qu’à Siliana et Kasserine, mettent en lumière la concordance des récits et le systématisme des pratiques des forces de sécurité pour réprimer les manifestations. Les récits sont souvent similaires en ce qu’ils décrivent des pratiques d’une extrême violence, la présence de policiers cagoulés, des arrestations manifestement arbitraires et souvent suivies de libérations au bout de quelques heures, des passages à tabac des manifestants. Par ailleurs, le fait qu’à Siliana ou à Kasserine, la plupart des jeunes victimes de violences aient été arrêtés non pas pendant les manifestations, mais dans les nuits qui ont suivi, souvent par des brigades venues en renfort de Tunis qui ont agi sur les indications données par la police locale, démontre le caractère organisé de cette répression. Ces actes semblent manifestement procéder d’une répression orchestrée, qui traduit une volonté délibérée de mettre un terme aux manifestations organisées depuis le 14 janvier. Par conséquent, les explications du ministre de l’Intérieur tendant à attribuer ces actes à des pratiques isolées ne résistent pas à un examen approfondi des circonstances dans lesquelles ces actes ont été perpétrés. De tels actes ne peuvent que faire suite à des instructions données, au plus haut niveau, d’organiser une répression arbitraire.
De la même manière, le port de cagoules par des policiers, en tenue ou en civil, tel que très fréquemment exposé par les témoins entendus par les chargés de mission, tend à étayer la thèse d’une répression planifiée et organisée. Le port de ces cagoules ne peut s’expliquer que par le fait que les policiers qui se sont livrés à des exactions souhaitaient échapper à toute possibilité d’identification par leurs victimes, et par la même, de poursuites ou de sanctions.”

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