Depuis le 14 janvier, la société tunisienne connaît un bouillonnement à tous les niveaux, et les langues se sont déliées. On ose s’exprimer et échanger des idées que ce soit sur le plan politique, social ou religieux. Parfois , les discussions se transforment en disputes. D’autres fois, on est accusé, à tort ou à raison, de RCDistes cherchant à faire diversion. Mais tout le monde s’accorde à dire que tout ça est très positif, tant que ça ne dégénère pas en violence ; car ce n’était pas seulement la parole qui était muselée avant, mais également la conscience qui était en berne.

En d’autres termes, cette nouvelle liberté d’expression est également une espèce de renaissance, car ,tout à coup on se cherche et on se remet en question, comme quelqu’un qui se réveille d’un long sommeil et qui regarde autour de lui pour se situer dans le temps et l’espace. Ce qui explique les questions du genre : sommes-nous arabo-musulmans, berbères, ou les deux ? Allons-nous avoir un gouvernement laïc, islamiste ou simplement civil ? Ainsi que d’autres questions sur notre identité nationale ou l’avenir politique du pays.

Puis un jour, on s’est mis à parler d’ ‘attatbiî’, et là ,beaucoup de personnes étaient étonnées de voir ce sujet sur le tapis. Que vient faire notre relation avec israël avec la démocratie ou notre identité ? Qui a introduit ce sujet maintenant ?

Tout naturellement, les tunisiens ont fait les bonnes déductions : Ben Ali nous a vendus. Ayant probablement collaboré avec les agents de renseignement israéliens ,il a infesté le pays de ces noyaux. La question qu’on est en droit de se poser est : lui parti, mais travaillait-il seul ou avait-il des complices ici, encore actifs ? Et ces noyaux qui se sont fructifiés grâce à lui, pourquoi n’agissent-ils plus dans l’ombre mais en plein jour, cherchant à faire des liens à travers le web entre autre ? Enfin sont-ils recrutés à l’étranger, ou directement des 1600 tunisiens de confession juives ?

Une chose est sûre, les tunisiens sont pacifiques et ouverts ,et c’est pour cela qu’on a assimilé autant de civilisations successives. Mais si ceux qui sont à l’origine de ce nouveau courant pensent gagner d’un claquement de doigt, ils se trompent. On a beau essayé de nous convaincre qu’on n’est pas arabe mais berbère, le cœur de tout tunisien est arabe et musulman. Ils ne savent pas ce que c’est d’avoir des siècles d’histoire ,de culture et de croyance communes à deux peuples, en l’occurrence ici, les tunisiens et les palestiniens. Tous les milliards du monde ne peuvent corrompre cette identité-là. Si ces gens-là tiennent vraiment à la normalisation de nos rapports, c’est très simple : qu’ils respectent les droits de l’homme, qu’ils libèrent les 20 000 prisonniers innocents, qu’ils arrêtent de piquer les terres des palestiniens et qu’ils ouvrent l’immense camp de concentration qu’est devenue Gaza. Le jour où il y aura 2 pays indépendants vivant côte à côte, tous les pays du monde auraient des relations normales avec eux. En attendant, même si au bout de tant d’efforts, ils arrivent à corrompre une âme faible, il suffit de cinq minutes d’infos à la télé pour l’en dissuader ; comme la plainte de cette gamine qui n’a jamais vu son père en prison.

Pour conclure , je dirai simplement : Pauvres tunisiens qui sont tiraillés de tous les côtés. Entre ces noyaux qui cherchent à les influencer, les RCDistes qui veulent les punir, et les salafistes qui s’acharnent à les ‘islamiser’, que sortira-t-il de tout cela ?

Probablement quelque chose de bon, à condition de ne jamais avoir recours à la violence, de rester vigilant, et de GARDER LA CONSCIENCE EVEILLEE.

Fairouz Boudali

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