Tatouine lors de la visite de Ben Ali pour présider la session extraordinaire du Conseil régional du gouvernorat.Nos gouvernants, qui sont censés parler et agir en notre nom, devraient être aussi les garants et les vecteurs d’un ensemble de principes et de valeurs qui nous unissent et nous définissent en tant que citoyens tunisiens. Aujourd’hui, je n’aime pas l’image de nous-mêmes que nous renvoient nos gouvernants, et ne me reconnais pas dans ces valeurs qu’ils nous transmettent.

Ces élections truquées et sans intérêt sont insultantes : que de mensonges, que de censure et de louanges pour “une Tunisie démocratique et prospère”, qui n’est que pure invention de la propagande…La répression est à son comble, et aucune question n’est débattue ou analysée dans le fond. Les chômeurs diplômés ne sauront pas pourquoi ils sont si nombreux, les ménages ne comprendront pas pourquoi leur pouvoir d’achat est si faible, personne ne posera la question des libertés, de la corruption, ni ne demandera de comptes aux clans qui pillent un peu trop facilement le pays…

Je ne me reconnais pas dans cette république falsifiée, aux institutions effacées, qui prétend prendre le chemin de la démocratie alors qu’elle a pris depuis longtemps celui de l’oligarchie. Je ne peux adhérer à ces élites corruptrices et corrompues qui nous gouvernent, qui n’ont pour seules valeurs que le gain et le profit, et pour seuls idéaux que l’allégeance et l’égoïsme. Je ne comprends pas cette société de l’hypocrisie, qui veut que tout soit bien quand beaucoup de choses vont mal. Je méprise cette presse mensongère, cette administration courtisane et cette justice inéquitable.

J’observe le déroulement de cette compagne et constate amèrement que nous avons droit à la 5ème mascarade consécutive depuis 20 ans. La stratégie de la participation contestataire prônée par une partie de l’opposition montre une nouvelle fois ses limites. Celle du boycott suivie par une autre partie de l’opposition n’a quasiment pas d’effet, à part celui d’enrager encore plus le pouvoir. Jusqu’à quand le consensus tiendra-t-il? Jusqu’à quand allons nous privilégier le développement aux libertés? Si aujourd’hui la Tunisie est citée comme un modèle régional de développement humain et économique, elle présente aussi un contre-exemple de la participation et des libertés. Le constat est aujourd’hui clair : le salut du pays ne viendra pas de l’opposition, et encore moins du pouvoir. Mais de chaque tunisienne et tunisien qui prendront conscience de la gravité de la situation. J’espère qu’ils sauront le faire à temps…

Carpe Diem

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