Affiches de soutien à Ben Ali. Avenue Habib Bourguiba. Tunis.

Voila ce que titrait La Presse hier : « Les prémices d’une réussite : 1034 idées pour la Tunisie déjà retenues » sous l’étiquette de Larbi CHENNAOUI. J’en ajoute une 1035ème, qu’il faudrait retenir, c’est celle de changer de président pour 2009.

La campagne d’adhésion à la énième présidence de Ben Ali a commencé, enfin elle a toujours été, puisque les portraits de Ben Ali, (campagne d’il y a quatre ans), n’ont jamais été déposés, et il ne s’est jamais passé une journée où notre presse nationale n’a pas excellé dans les superlatifs à l’égard de la politique « éclairée » de notre magnifissime Président.

Tous ce que la Tunisie peut compter de compétence est attribuée à la conduite éclairée de notre président. Et en ce moment ça se bouscule pour avancer les idées dans les journaux et si vous êtes un lecteur assidu des rubriques économiques de La presse, vous vous apercevez très vite que ce ne sont pas des articles de journalistes, mais plutôt d’universitaires que l’on y trouve. Les idées fusent et la question serait de savoir si nos experts sont dans la plaque ou à coté de la plaque. (Objet des prochains articles à suivre).

Et bien, ça va peut-être vous surprendre de ma part, mais je dirais que si toutes les idées posées sur la table depuis quelques jours étaient applicables, la Tunisie serait promue à un bel avenir, dans la mesure où l’on a rarement autant vu d’idées de dispositions intéressantes dans un pays Africain. Ça c’est pour la partie positive de l’iceberg. Le négatif c’est qu’une grande partie des ces idées sont non applicables en raisons de plusieurs facteurs. Le premier de ces facteurs c’est les passes droits qui entourent ceux qui entourent la présidence.

Ainsi, lorsque La presse titre 1000 idées à l’API pour des créations d’entreprises on voudrait bien lui demander si parmi ces idées, il y a la reprise de la concession Volkswagen à bon compte, la création d’un lycée privé pour les expatriés, la gestion des parkings de l’aérogare fret Carthage…, ou ces idées sont elles déjà prises ?

Un autre jour, elle milite pour « l’esprit d’initiative ». En Tunisie nous avons un contraste incroyable entre une famille présidentielle la plus entreprenante au monde, qui compte plusieurs “affaires” par individu (filles, beau-fils, femme, beaux-frères, sœurs, neveux…) et le reste de la population qui fait preuve de trop de fébrilités et peu d’esprit d’initiative.

Ou alors, un autre moment le regard croisé de La presse se porte sur l’irresponsabilité et le sentiment d’impunité des chauffeurs des véhicules de la fonction publique. Elle les exhorte de contribuer à faire preuve de civisme en aidant le pays à maitriser ces dépenses de pétrole.

Comment veulent-ils être entendus, si par ailleurs, il n’y a aucun mot sur l’irresponsabilité des neveux du président ? Certains se sont réjouis à juste titre de la mise en examen prochaine des neveux du président, moi j’en ai presque eu honte. Pourquoi ça doit être à la France d’assurer l’état de droit des Tunisiens, c’est pour cela l’indépendance ? Pourquoi aucune mise-en-examen pour les « affaires » réalisées en Tunisie ? Pourquoi il n’y aurait qu’en France où un avion serait obligé de respecter son plan de vol, fut-il un avion présidentiel ?

Censeurs passez votre route…



Publié sur le Blog de Tun-68bis

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