Suite à la proposition de Mokhtar Yahyaoui et afin « d’ouvrir avec [ce texte] le dossier de la cyberdissidence et le rôle dont elle est appelée à jouer dans la situation de notre pays » nous avons le plaisir de publier le présent article « pondéré et plein de sujets de débat et de suggestions qui ouvrent la voie à des possibilités de coordination ».[NDLR]

Pour les cyber résistants du net tunisien, la gêne occasionnée par certains perturbateurs nuisibles, flics et autres parasites est toujours moins importante que le symbole et la finalité de l’action de ceux qui s’investissent peu ou prou dans ce nouveau mode de combat accessible, vivant et créateur d’espaces d’expression et de projets civilisateurs, modernistes, il n’en peut être autrement sous peine de sombrer corps et âme et pour toujours, d’autres civilisations dans l’histoire humaine beaucoup plus puissantes que la petite Tunisie sont passées à la trappe, pour n’avoir pas su évoluer avec le rythme immuable du temps qui passe. Car l’essentiel est toujours ailleurs, dans la consommation en temps réel de l’information, dans la trace et l’investissement, l’automatisme et la mémoire, la découverte et dans la conquête culturelle (à ce propos le reportage de l’AISPP est un énorme travail). Sans jeter de l’huile sur le feu, juste pour réveiller les aliénés, les menteurs, les haineux, les sans consciences et les lâches qui sont vraiment les plus nombreux en Tunisie, comme ce pauvre BOUJADI, cet ignoble individu et ses semblables de cette réaction tunisienne ne se rendent pas compte que dans la dissidence tunisienne, le bloc musulman dans son ensemble et ses singularités, la plus part des militants de ce courant sont plus honnêtes, plus tolérants, plus disponible, plus courageux, plus cultivés et même et il me coûte de le dire plus diplômés et plus indispensables à notre pays que les parasités de son espèce. On peut constater dans ce reportage de l’AISPP que ceux qui résistent vraiment aujourd’hui en Tunisie sont effectivement les militants musulmans, ainsi que ceux qui reconnaissent la dimension culturelle et historique arabo-musulmane de la Tunisie).

Autre chose, et essentiellement pour la question tunisienne, toute tentative d’uniformatisation, de mise au pas ou de monopolisation par le copinage ou le formatage de ce moyen d’expression, le net, sont voués à l’échec. Autant dans la cyber résistance, les individus sont différents à tout point, et s’expriment librement d’une façon réelle dans des espaces virtuelles où l’épanchement démocratique est toujours à son paroxysme, autant dans les appareils politiques les limites sont définis et les contrôles facilités, tout cela pour dire que le net ne peut servir qu’à une prise de conscience du combat politique ou autre, mais jamais ou d’une façon dérisoire, à une mobilisation de masse sous une bannière unique et idéologiquement homo génique. Le net est le domaine de l’esprit critique et de la réflexion, pas du dogme et du conditionnement, à ce jour je suis encore surprise que quelques uns essaient encore de se poser en régulateur par le copinage, la défausse, l’argumentaire insipide et l’opacité des actions, il faut dire qu’une certaine forme de censure par la méthode du donnant-donnant et du « je te revaudrais ça » prends forme entre certains sites qui veulent monopoliser la parole, ce faire, c’est aussi quelques part démotiver beaucoup de tunisiens à la mobilisation et à l’engagement, nous y sommes presque, et face à la dictature nous aurions aussi accomplis une œuvre similaire dans la mise aux pas des différences, des idées et des expressions.

Encore une fois notre cyber résistance tunisienne manque d’organisation et de méthode seulement dans la manière de ses administrateurs d’aborder les thèmes et les débats d’une façon harmonieuse, et dans la prospection et les moyens de les faire parvenir aux internautes tunisiens à l’intérieur du pays, c’est là où le bât blesse, briser les digues de la censure de l’ATI dans la diversité.Le seul projet que je sens réaliste, c’est que ces administrateurs d’une façon pragmatique et même démocratique travaillent sur l’élaboration d’une banque de donnée commune, un mailing commun et s’en servir en toute honnêteté pour éditer une sorte de bulletin hebdomadaire, avec un résumé pour chaque site de ses sujets, infos et débats les plus importants et les faire parvenir aux sites résidents en Tunisie, et aux milliers d’adresse mails individuelles des résidents tunisiens, la collaboration à mon avis entre les sites doit se limiter à cet aspect technique, il est temps d’y penser sérieusement, je sais que je rêve mais je crois sincèrement que sans cela, le net tunisien dans pas longtemps n’aura aucun sens d’être, pour la plus grande partie des informations qu’ils débitent, les agences de presse internationales le font mieux qu’eux, et là je ne parle pas de la diffusion.

Nous sommes arrivés à un stade où les forces et les différences se sont comptés, les sites mis en place et la certitude que d’autres sites et d’autres aventures verront dans le futur le jour, c’est tant mieux pour tout le monde, ça va booster les endormis et surtout séparer le bon grain de l’ivraie.

En fait : L’objectif véritable de l’existence de ces espaces et sites doit être de sensibiliser la population tunisienne à la politique et à la résistance,à la révolte contre une dictature abjecte, mais pas seulement, leurs objectifs aussi sont d’investir tous les espaces de la société tunisienne, l’économie, le social, la culture sous toute ses formes et en premier lieu la culture politique, pour donner aux tunisiens les outils nécessaires afin de confondre la dictature et préparer l’avenir du pays, un avenir institutionnel ou le droit coupera toujours l’herbe sous les pieds des forces obscures et dérivantes de la décadence et l’enfer du désespoir, de l’extrémisme et de l’abjection et bannira à jamais jusqu’au souvenir de la bête immonde Ben Ali de l’histoire de notre pays et de notre mémoire collective, encore une fois et pour l’éthique et la morale citoyenne, républicaine et démocratique de notre patrie rêvée sans la débâcle Ben Ali,notre résistance collective mais absolument vivante, agissante et plurielle, notre avenir solidaire, tout en respectant les singularités et les différences idéologiques, relationnelles et humaines qui composent la totalité de la nation tunisienne, la multiplication des sites et des lieux d’expression sont vitaux, j’insiste personnellement à cela encore une fois pour prévenir les séditieux que leurs tentatives sont porteuses de leur propre mort.

Se battre contre Ben Ali,être intègre et transparent ce n’est pas une simple partie de plaisir ou une sorte de jeu du gendarme et du voleur, les moyens répressifs de la dictature n’ont aucune limite, que ce soit sur le plan technique, ou bien plus grave encore, dans son mépris pour les biens et les personnes qui lui résistent, et cela va de la torture jusqu’à l’assassinat. Même dans l’anonymat, c’est toute une disponibilité et une discipline qu’il faut respecter pour se protéger et protéger autrui et damner efficacement le pion aux ennemis de notre liberté et de notre pays. Il s’agit d’un devoir patriotique. Combien de martyrs encore à cette cause et combien de vie sacrifiées et détruites ? le sacrifice à n’importe quel niveau et de n’importe quelle importance, tant qu’il est convaincu de sa véracité, et tant qu’il répond à cette envie naturelle et primaire de tout être humain de vivre librement et dignement finira toujours par aboutir, le temps est toujours l’allié des opprimés, car les oppresseurs sont limités par leur violence et portent en eux, à défaut de principes, les germes de leur propre folie et de leur destruction.

C’est bien sûr difficile à mesurer, mais il est certain que le passage des luttes sur Internet permette d’accéder plus rapidement à ceux qui partagent les mêmes attentes et les mêmes rêves en Tunisie, c’est-à-dire de mieux concentrer les sentiments politiques qui ont trait à la libération et à la démocratisation du pays. Il est de plus en plus évident que les sites en ligne contribuent à gonfler les rangs des engagés tunisiens mais que maladroitement aussi ils se décrédibilisent par certaines forfaitures visibles et stupides. Ils posent certes encore de nouveaux problèmes à la dictature, des problèmes, qui dans la durée et par les avancées technologiques, deviendront de plus en plus insolubles pour cette dernière si on respecte une forme d’éthique qui ne saurait se contenter de l’à peu prés et des réflexes égoïstes et claniques, c’est de cette façon qu’ils obligeront l’opposition classique à s’investir de plus en plus et franchement dans le champ social et populaire délaissé depuis toujours et tenu à l’écart de tout montage et stratégie globale de lutte, ce qui est en soi une aberration et une faute tactique plus que grave. Il semble que le concept même de cyber résistance se répande, voire évolue en Tunisie d’une façon tonifiante et traversière qui touche toutes les couches sociales. Cela montre que l’informatique est un moyen de combat bien réel et qu’il est possible aujourd’hui d’acquérir facilement cette incroyable technologie de proximité, elle est à la portée de tout le monde et surtout des appareils politique de l’opposition démocratique tunisienne, malheureusement pour beaucoup d’entre eux dépassés par les événements, traditionalistes et archaïques dans leurs modes de langage et de communication,ils peinent lourdement pour utiliser Internet de manière à réunir activisme et technologie dans un sens positif, au service d’une lutte globale et la solidarité nécessaire des opinions diverses et divergentes contre la dictature,tout en sachant et en étant conscient que la seule convergence à ce niveau qui ne limite aucune liberté et la liberté de personne, c’est la démocratisation de la Tunisie, un peu à l’image des gens qui s’expriment sur le net, le reste, le pouvoir, l’émergence des forces, tout cela apparaîtra après la mort de la dictature et normalement, si nous tous tunisiens auront respectés l’éthique et les pactes, seul le peuple tunisien décidera du sort du pays, et même là, le net aura encore, de plus en plus, et de mieux en mieux, un rôle de catalyseur d’idées et sera un champ incroyable de l’expression individuelle, un contre pouvoir contre toute forme de conformisme et de monopole. Certains opposants et non des moindres qui ont saisi la portée de cette arme, l’utilisent eux selon leurs jugements de valeur qui comme tout jugements de valeur en politique et sur une scène oppositionnelle démocratique et variée, ne peut être que bornés, inefficaces et même anti-démocratiques.

Une parole, une idée, un projet, dés lors qu’ils sortent du cadre du l’intime et du confidentiel,qui s’exposent et sollicitent l’écoute, l’adhésion ou le débat sur le net, ne peuvent plus aujourd’hui être confisquée par quelques uns qui choisissent ou non de la diffuser en fonction de leurs intérêts et de leur stratégie, L’ATI ou les cénacles des habituels clans du net tunisien sont désormais impuissants à monopoliser le débat, les uns par la désinformation, la censure et la répression, les autres par la censure, l’excommunication, le bannissement, le monopole du penser et du politiquement correct, d’ailleurs ces deux entités du sérail politicien tunisien déclinent lamentablement et périclitent dans leur ignominie criminelle.

Chaque militant qui se sent à l’étroit entre ces deux microcosmes liberticides qui a la / les capacités de le faire et surtout la volonté, peut aujourd’hui diffuser ses idées et ses propositions, ses analyses et ses points de vue gratuitement et donner à cette diffusion une extension considérable ; mondiale parfois, c’est une chance pour tous ceux qui combattent la dictature de Ben Ali pour briser tout facteur d’isolement, et pour pasticher le CHE « que des milliers de blogs et de sites tunisiens fleurissent » n’écoutons pas les oiseaux de mauvaise augure et les notables de la chose politicienne, tout un chacun de nous a quelque chose à dire, et les Tunisiens si longtemps privés de parole et de débats plus que d’autres, plus ils diront, écriront et diffuseront des choses, des œuvres sans avoir à se soucier des jugements de valeur des maîtres penseurs, et autres gisants moroses si prompts à détruire sans jamais rien proposer ni construire, plus ils s’investiront dans les débats avec leurs diversités et leurs points de vue, plus ils limiteront les possibilités liberticides des falsificateurs, des imposteurs et des arnaqueurs, et plus ils ancreront le débat, la culture et la profondeur du sentiment démocratique dans la société et la nation tunisienne en général.

Les réseaux télématiques, aujourd’hui, sont l’outil par excellence de la « mondialisation » démocratique, détruisant toute forme de logique liberticide et dictatoriale, anéantissant toute velléité de propagande fourbe et mensongère, la réalité de ce que sont aujourd’hui ces réseaux en Tunisie contribue à infliger un démenti cinglant aux discours trompeurs, unidimensionnels et étriqués de Ben Ali et sa clique d’assassins, mais aussi aux réputations surfaites sur cet espace, car ils croient à sa puissance de conditionnement. Certains devront comprendre que la légitimité politique ne peut venir de là, elle est à cultiver sur le terrain.

Aux partis démocratiques, pour sortir de ces limites morbides, ces camps de concentration de la pensée et de l’action politique où les enferme dés le début Ben Ali, il est plus que temps de forcer ces barrières psychologiques de l’impuissance et de la peur panique. D’associer les formes traditionnelles de l’activisme de rue à la lutte en ligne : telle doit être la stratégie des pionniers du net politique tunisien. Avec leurs nouveaux modes de cyber résistance, c’est de plus en plus visible, ils sèment la zizanie dans le monde claustrophobe du sérail politique tunisien toutes tendances confondues. Il est temps, à partir de là, d’organiser à grande échelle des mouvements de désobéissance civile. La contestation électronique est possible, rapide, efficace et ne tient qu’à la volonté affirmée de quelques uns, car Internet, comme outil de communication, est le reflet du contexte dans lequel il est utilisé ; il révèle les intérêts individuels et sociaux et il les influence, il offre une multitude de formes de communication, mais parmi celles-ci émerge un modèle de communication plutôt d’ordre de la communauté des choix et des engagements politiques et idéologiques, je crois que c’est là le piége à éviter pour tout opposant tunisien qui veut être crédible. La tendance exprimée par les sites tunisiens est de communiquer avec les gens qui partagent les mêmes pôles d’ intérêts, il n’y a aucun danger dans ces singularités à partir du moment que l’objectif à atteindre est le même, commun et s’impose à tous, il est évident que cette prolifération des diversités et des points de vue sont, en quelques sortes, ce que sera la Tunisie de demain libérée de la dictature de Ben Ali, au lieu de chercher à la refouler et l’ordonner et à l’uniformiser par tous les moyens, il serait plus judicieux de composer avec ses réalités, car elles sont, plus que les partis politiques constitués, le reflet exact de la société tunisienne.

Ace propos, je suis un peu déçu, malgré que sur le plan personnel j’estime ne plus avoir à participer d’une façon militante et active à la lutte contre la dictature tunisienne, je reste à ma place, tant de déceptions, d’attaques personnelles et de conduites de certains ignobles m’ont appris la réalité du marigot politicien tunisien et des parasites du net. Oui je suis déçu par les calculs de certaines personnalités et non des moindres qui à mon avis seront toujours marginalisés parce qu’ils font de la politique, non pas avec passion et foi mais avec une règle à calculer, oui déçue de ce gâchis car leur crédibilité à mes yeux et à celles de beaucoup de tunisiens pouvait leur servir de projet mobilisateur de la société tunisienne, au-delà des clans et des mouvances. Ils ont préférés jouer à l’individuel et donner l’i impression d’être au-dessus de la mêlée ; l’opposition démocratique tunisienne, celle des valeurs et de l’éthique n’a qu’une seule voie pour s’en tirer, c’est bien sa cohésion et sa transparence qui feront sa crédibilité et sa force. Je suis désolée et plus que blessée quand je constate l’horrible opération de séduction LILLIYASWA WILIMAYASWACH, le racolage contre nature d’un parti aussi honorable que le PDP ; la démission de quelqu’un que je respecte plus que tout comme le juge M.YAHYAOUI du comité de la grève du 18 octobre, ses derniers textes qui me semblent quand même porteurs d’un semblant de pessimisme qui pousse plus à la division de fond qu’à la réflexion sur les méthodes et les initiatives, des positions qui dans leurs formes aussi insultent l’avenir et brusquent les convictions.

Source : El Khadra nº58

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