Pour une expression de génération

Je viens par la présente répondre à certaines évocations qui m’ont concerné au cours du débat (1) qui a suivi ma remarque sur le sondage de Tunisnews se rapportant au récent coup d’Etat en Mauritanie.

Je veux noter en premier lieu que ma présence sur le web dans les espaces de la cyberdissidence Tunisienne m’a permis de mettre en avant des questions auxquelles je porte un intérêt particulier. Je ne veux pas parler là des thèmes à travers lesquels ils ont étés abordés tel la défense des droits de l’homme, la dénonciation de la situation dans les prisons, les problèmes de la justice et les questions imbriquées sur la situation politique de notre pays a travers ses différents aspects. Mais je veux essentiellement souligner cet aspect citoyen que la cyberdissidence a pu refléter par la conscience du devoir d’implication dans les questions communes, le devoir de solidarité avec les opprimés de la répression sans distinction de leurs appartenances ou de leurs idées, le devoir de s’exprimer et de dire librement son opinion, le devoir de s’informer et de rechercher des sources d’information différentes pour instruire son opinion et en fin l’attachement à un pays par l’expression d’un patriotisme souverain que personne ne peut plus aujourd’hui manipuler.

Je considère que sur ces différentes questions la cyberdissidence a été pionnière et à constitué le plus et la richesse nécessaire qui s’est ajoutée aux forces vives et aux militants pour la liberté dans notre pays. Je ne pense pas que j’ai encore à ajouter à ce qui à été déjà fait. Une conscience et une âme a ainsi pu habité tout esprit d’engagement pour ce pays et la politique a repris sa dimension morale dans l’esprit d’une nouvelle génération battant en retraite une conception intéressée, égoïste de manipulation et de domination. Je suis certain que cet acquis va aller en se renforçant.

Le choix de la virtualité ajouté à l’anonymat de la majorité des parties prenantes dans cette dynamique a été perçu comme une hypothèque d’échec par beaucoup d’observateurs intrigués par ce phénomène perturbateur qui est venu s’ajouter au paysage délité de l’action politique et le déstabiliser. On a vu comment il a été dénoncé par plusieurs comme un nid de crabes peuplé d’indicateurs, d’agents de renseignements et comme infiltré par les services occultes qui ont pu être évoqués. En réalité cet anathème de suspicion par lequel a été combattue la cyberdissidence et assiégée pour limiter son extension n’a servi qu’à la souder contribuant d’avantage à lui permettre de mieux se différencier et d’exprimer sa propre personnalité et ses véritables qualités : ouverte sur le débat public et répertorié, constituant ainsi une véritable encyclopédie de mémoire collective. Ainsi elle constitue un moyen qui permet de relever le pou de tout un pays ou la palpitation de la vie s’est installée en défit à une mort programmée.

Là où d’autres vivaient sur les nostalgies de glorieuses épopées du passé ici l’histoire est en train de s’inscrire au registre des événements et d’être vécue instantanément. La cyberdissidence par cette qualité c’est inscrite irréversiblement dans la contemporanéité.

Pour revenir aux pressions que j’ai du exercer par certains moments et qui ont étés évoquées par le débat précédent et qui ont allé parfois jusqu’à déstabiliser certains. J’avoue que je n’ai jamais conçu la force que me procurait les rapports d’amitié qui me lient avec les différentes composantes de la résistance virtuelle et le crédit dont j’ai acquis auprès de la majorité dans un esprit de réserve qui doit neutraliser mes moyens d’action dans l’orientation de cette nouveauté dans la bonne direction d’après mon point de vue particulier. D’ailleurs, engagé, je n’ai jamais prétendu la neutralité dans aucune action, comme je n’ai jamais caché les critères d’après lesquelles je détermine mes prises de position. Mon comportement avec la cyberdissidence n’a pas été différent. J’ai tenu maintes fois à préciser et surtout pour Tunezine que je ne suis pas un chef de file, que je n’appartiens à aucun de ses courants et que la cyberdissidence est un courant qui n’appartient pas à ma génération. Cela à rester incompris jusqu’à présent par tout ceux qui n’ont appartenu à ce courant que par le corps sans l’esprit. Tout ceux qui m’ont entretenue sur la formation d’une équipe autour de ma personne peuvent témoigner que je n’ai jamais cherché la récupération et que je n’ai jamais pris d’initiatives de ma part dans cette direction. Si par courtoisie je ne l’ai pas dis clairement je dis aujourd’hui que ce n’est pas mon intention et je ne sens aucun besoin.

Si je tiens aujourd’hui ces propos avec cette franchise et autant de clarté, c’est que je considère que cet espace a acquis assez de maturité et suffisamment de diversités et de richesse par ses différentes expression qu’il peut s’auto proclamer et exprimer indépendamment sa véritable identité et prouver concrètement ses aptitudes et ses capacités. Je crois sincèrement que le plus important apport dont je puis contribuer dans ce sens est de le libérer de cette mise sous pression à laquelle j’ai continué à le soumettre jusqu’à présent.

Vous n’avez pas besoin de la tutelle de Mokhtar Yahyaoui ni à vous embrigader sous la coupe d’aucun chef qui ne peut que vous menez à la désillusion et la déception par la réédition des échecs précédents. Vous avez dénoncé l’esprit de chefferie ; l’essentiel est de ne pas le consacrer dans les faits. Les différences qui nous traversent sont les véritables richesses qu’on peut posséder et la démocratie est essentiellement la garantie de préservation des droits de ceux qui sont en minorité à chaque prise de décision. Les différends ne peuvent que s’estomper devant la générosité de la disponibilité à renforcer les traits d’union. Je n’ai pas à rappeler l’importance des devoirs qui continuent à attendre à être assumés et particulièrement par votre génération ni les défis qui restent à soulever pour l’émancipation de ce pays.

Ainsi nos chemins se séparent momentanément à partir d’aujourd’hui, ce n’est qu’un rendez-vous dans des conditions de liberté retrouvée sans exclusion.

J’avoue que je part enchanté et plein de confiance dans l’avenir de la cyberdissidence tunisienne car vous n’avez plus de choix aujourd’hui à part deux options : la disparition par la dispersion ou bien s’unir autour d’un projet commun. J’espère garder votre amitié et votre confiance quelle que soit la mission à laquelle peut me destiner ma vocation.

Sincères amitiés à tous


Yahyaoui Mokhtar

Korba :Le 07 08 2005
Sondage Intéressant Sur Tunisnews 123

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