Washington :Adam Ould Abah- Islamonline.net-01-01-04- Traduit de l’arabe par l’ITRI.

L’organisation internationale d’aide et de développement OXFAM, a averti que les aides promises par les gouvernements occidentaux aux victimes du Tsunami en Asie, risquent de ne pas leur parvenir dans leur intégralité, parce que ces pays ont l’habitude de ne pas honorer entièrement leurs promesses après la fin de la couverture médiatique des catastrophes.

L’organisation internationale d’aide et de développement OXFAM, a averti que les aides promises par les gouvernements occidentaux aux victimes du Tsunami en Asie, risquent de ne pas leur parvenir dans leur intégralité, parce que ces pays ont l’habitude de ne pas honorer entièrement leurs promesses après la fin de la couverture médiatique des catastrophes.

Dans un communiqué en date du 01/01/04/, OXFAM a rappelé que les grandes puissances lient généralement leurs aides à leurs intérêts politiques et que des pays comme les USA, la Grande Bretagne ou la France, ont pris l’habitude de faire aux pays victimes de catastrophes naturelles, des promesses d’aide qu’ils ne tiennent que dans le cas où leurs intérêts politiques sont en jeu ou qu’il y a une réelle nécessité à le faire.

Le communiqué d’ OXFAM rappelle ainsi que le montant de l’aide promise à l’Iran, à la suite du tremblement de terre qui a ravagé la ville de Bam, était de 32 M$, mais que ce pays n’en a reçu jusqu’ici que 17 M$.

On se souvient que la ville Iranienne de BAM a été ravagée par un tremblement de terre d’une amplitude de 7,6° sur l’échelle de Richter, ce qui a causé la mort de 31.884 personnes et détruit la ville à 85%. Les rescapés du tremblement de terre continuent à vivre sous des tentes, par suite de la lenteur des opérations de reconstruction.

C’est aussi le cas de Haïti, qui, ayant subi une série de catastrophes naturelles entre mars et septembre 2004, s’est vu promettre 37M$, mais n’en a reçu que 13M$, soit juste 36%.

Enjeu politique :

L’organisation OXFAM, qui intervient dans de nombreux pays à travers le monde, explique par ailleurs que les pays industrialisés aident les pays victimes des catastrophes naturelles, davantage en fonction de leur importance politique que de la gravité de leur situation humanitaire.

OXFAM donne en exemple l’Afghanistan qui, tout de suite après la guerre américaine et la chute des Talibans en 2001, a reçu 67% des engagements financiers internationaux, mais qui n’a reçu par contre, que 26M$ sur les 73M$ promis par les pays industrialisés, pour faire face à la sécheresse en 2004. Cela signifie qu’en recevant 36% de l’aide promise, l’Afghanistan de 2004 a perdu de son importance politique du temps de la guerre en 2001.

OXFAM insiste sur le fait que cette situation est valable aussi pour l’Irak et la Tchétchénie, qui, vu leur importance politique, ont reçu chacun 91% de l’aide occidentale promise, alors que la même année, ces pays industrialisés n’avaient honoré que 54% de leurs engagements financiers vis-à-vis de la Côte d’Ivoire, 45% pour le Libéria et 15% seulement pour le Mozambique. Ces pays connaissent pourtant des situations politiques et humanitaires catastrophiques qui nécessitent vraiment qu’on leur vienne en aide.

Impérialisme américain :

Il est à noter que le gouvernement américain a accordé une aide d’un montant de 3,17 Mds$
A la Floride, à la suite des inondations de 2004 qui ont fait 116 victimes, soit cent fois plus que ce que les USA ont promis aux victimes du Tsunami qui a fait plus de 150.000 morts.

Pour l’écrivain américain Patrick Martin, cette grande différence dans les montants de l’aide, tient au fait que la Floride a subi les inondations juste avant les élections de novembre 2004, ce qui du même coup avait rehaussé son importance politique pour l’administration Bush et conduit ce dernier à l’inonder de dollars et d’en recueillir les fruits électoraux. Patrick Martin estime que c’est là une illustration « de l’impérialisme américain ».

Pour le président d’ OXFAM- Amérique, Raymond S. Offenheiser « il ne suffit pas que ces gouvernements prennent des engagements urgents, mais qu’ils libèrent rapidement les montants de l’aide et avant qu’il ne soit trop tard. Il faudrait aussi, ajouta-t-il, que l’aide aux gens pour reconstruire leur vie, continue après le départ des caméras de télévision ». « Les rescapés de cette catastrophe ont besoin d’une aide à long terme et non pas d’un acte de générosité passagère ».

Il a ajouté que la réaction des gens ainsi que des entreprises a été superbe et il convient maintenant que ces aides parviennent rapidement aux victimes et aux rescapés. Le monde ne doit pas oublier que ces gens sont confrontés à une œuvre de reconstruction qui durera longtemps ».

L’ONU et son Secrétaire général Kofi Annan s’attendent à ce que le nombre des morts dépasse les 150.000 et qu’il y ait au moins 5 millions de sans abris et estiment les besoins pour la reconstruction à 6,1 Mds$.

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