L’ISIE, un marqueur de la post-révolution

L’ISIE a marqué les dix dernières années de la Tunisie pour avoir piloté pas moins de six élections majeures (une constituante, deux scrutins présidentiels et législatifs, et une élection municipale) qui ont transformé le paysage politique et institutionnel tunisien. Sans parler des opérations que cette institution a été appelée à organiser comme, par exemple, l’élection des membres du Haut Conseil de la magistrature. Elle demeure un sujet d’actualité dès lors qu’on évoque de façon récurrente l’hypothèse d’élections anticipées tant l’instabilité gouvernementale imprègne le climat général du pays.

Tunisie : Sortir de la comédie du pouvoir

La première exigence de la Révolution a été la revendication de la souveraineté pour le peuple. Que font nos constituants ? Ils la confisquent au profit de grands partis qui ont prouvé depuis trois ans qu’ils ne servent que leurs intérêts propres. Cela se fait avec un scrutin proportionnel de liste qui s’est révélé contraire à la démocratie en Tunisie dont l’esprit suppose un rapport direct entre l’élu et son électeur.

Le piège fatal du scrutin proportionnel au plus fort reste sans seuil de représentation

Alors que je m’apprêtais à écrire un article sur les points clés sur la base desquels devraient être évalués et jugés les programmes électoraux des candidats à l’élection de la constituante, j’ai pris connaissance du texte du décret électoral qui a été voté par le Haut Comité. Et que ne fut ma surprise de voir la proposition du mode de scrutin qui a été retenue. Je tire donc la sonnette d’alarme sur les résultats catastrophiques sur la démocratie et sur le travail de la constituante que va causer ce mode de scrutin.