La Méditerranée est un immense cimetière. Un dépotoir pour tous ces jeunes dont personne ne veut. Hier encore, dimanche plus précisément, un petit bateau avec à son bord 70 volontaires à l’émigration clandestine a coulé – ou a été coulée – au large de Kerkennah. Parmi eux, 38 ont pu être sauvés. Les autres, pour la plupart, on ne sait pas ce qu’ils sont devenus. Ils ont probablement sombré. Huit corps seulement auraient en effet été repêchés. D’une certaine manière, ils ont eu de la chance. Ils ne figureront pas dans les statistiques anonymes des « disparus ». Ils seront enterrés et leurs familles les pleureront. Pour nous, ils resteront des morts sans nom. Un chiffre, huit, qui s’ajoutera à tous les chiffres de ceux qui ratent leur évasion. 220 candidats à l’émigration auraient péri en mer depuis le début de l’année, selon des bilans de presse. Maintenant, ils sont au moins 228 sans compter ceux dont les corps sont perdus.