Dans la série des lois et des mesures restaurationnistes, il y a un projet de loi en cours de préparation qui n’a pas suffisamment retenu l’attention. Il s’agit de ce projet de loi organique destinée à remplacer le décret-loi n°87 de l’année 2011 portant organisation des partis politiques. Dans son fameux entretien du 6 septembre à Essahafa-La Presse, Béji Caïd Essebsi avait incidemment donné le ton, reprochant aux  partis politiques de ne pas s’entendre sur un dénominateur commun à même d’assurer la stabilité du pays. Ce type de propos semble rejoindre l’opinion largement répandue selon laquelle nos partis et leurs dirigeants passent leur temps à s’entredéchirer sans autre but que d’accéder au pouvoir. Ce qui n’est hélas pas complètement faux. Les propos du président de la République n’ont pourtant pas la même portée que le sens commun antipartis que nous rencontrons tous les jours. Ce qu’ils révèlent ou plutôt confirment pour leur part, c’est la culture du parti unique du chef de l’Etat, c’est sa nostalgie obstinée des temps prérévolutionnaires où toute voix discordante était farouchement réprimée, c’est son incurable regret d’une époque où la compétition politique était prohibée, où être président de la République signifiait être le dépositaire unique de la parole légitime.