Cela tombe bien pour les nostalgiques. Peu ou pas cinéphiles, ils peuvent l’apprécier. Quant aux autres, ils en seront peut-être pour leurs frais. Mais toute contradiction bue, une chose est sûre : après un tournage plié en quelques années, L’enfant du Lazaret assume sa modestie. À la base de ce nouveau film de Kamel Ben Ouanès, un récit autobiographique éponyme publié en 2002, aux éditions Nirvana. Signé Jean-Claude Versini, le témoignage s’offre comme un bouquet d’impressions diffuses et de souvenirs qui refont surface : il revient sur une certaine part de l’enfant qu’il fut, après la mutation de son père comme gardien en chef du bagne de Ghar El Melh, anciennement appelé Porto Farina. Bien que l’histoire se passe à l’époque où les inégalités du système colonial français rongeaient le pays, les échos de la crise politique et sociale se font peu sentir dans ce patelin côtier du nord-est. Fort du point de vue de l’enfant, le film revisite cette histoire quarante ans après, avec la maturité d’un adulte.