UDC-proces-Gafsa

Jeudi 20 octobre, 36 sit-inneurs à Kasserine ont tenté un suicide collectif. Transférés à l’hôpital, sept d’entre eux sont encore sous surveillance médicale dont une jeune femme en état critique. Le même jour, le Tribunal de première instance à Gafsa condamne Walid Aanssi à 18 mois de prison ferme. Abdelhafidh Mbarek et Nacer Gouadria ont été condamnés à 15 jours de prison ferme et neuf autres jeunes de Metlaoui ont été condamnés à 8 mois de prison avec sursis.

À bout de souffle, 36 sit-inneurs du gouvernorat de Kasserine tentent un suicide collectif en avalant des grandes quantités de médicaments. Transférés à l’hôpital, sept d’entre eux sont encore sous surveillance médicale dont une jeune femme en état critique. Les chômeurs expliquent les raisons de leur tentative de suicide par le refus du gouverneur de concrétiser les promesses d’embauche. Au même moment, d’autres chômeurs de Kasserine continuent leur sit-in devant le ministère de l’Emploi à Tunis, depuis le 19 janvier 2016.

Désespéré après neuf mois de sit-in, Abdelhafidh Mbarek, 47 ans, chômeur depuis plus de 11 ans, s’asperge d’essence et tente de s’immoler par le feu devant le gouvernorat de Gafsa. Ses camarades le retiennent. « La tension monte d’un cran quand la police essaye de nous virer du gouvernorat où nous avons passé neuf mois de sit-in pacifique ». C’était au début du mois d’octobre. Deux jours après, trois sit-ineurs reçoivent des convocations à comparaître devant le tribunal. « Le pouvoir choisi encore une fois le bras de fer plutôt que le dialogue » regrette Othman Chouwaya, 37 ans, chômeur depuis 2007 et père de deux enfants.

Devant le tribunal se sont rassemblés, jeudi, les familles des accusés, les chômeurs de Kasserine, de Meknassi, de Sidi Bouzid, de Nabeul et de Tunis ainsi que des militants du Forum tunisien des droits économiques et sociaux et son président Abderrahmane Hethili. Les sit-ineurs décident de porter l’affaire en appel. « Ce bras de fer est un vieux jeu. Parce qu’ils n’ont pas réussi à nous persuader d’arrêter le sit-in, ils essayent de nous faire peur. Mais nous n’allons pas lâcher ni le sit-in ni notre droit au travail » martèle Othman.

« Étant donné l’inefficacité des sit-ins depuis près d’une année, nous sommes en train de penser à d’autres formes d’action. Nous avons constitué un réseau entre les différents mouvements sociaux pour agir d’une façon unifiée et à un niveau national » promet Othman, qui a participé à des dizaines de sit-in depuis 2011. Ancien coordinateur de l’Union des diplômés chômeurs à Gafsa, il décide de démissionner afin d’augmenter ses chances d’embauche. Pour lui, la discrimination des militants politiques est de retour.

Au cours des neuf mois de sit-in à Gafsa, les sit-inneurs n’ont été écoutés que par Saloua Langar, chargée de mission au cabinet du Youssef Chahed. « En septembre, Langar nous a informé que des concours auront lieu bientôt » sans autres précisions, se rappelle Othman.

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