Pourquoi est-il si difficile de refermer ce météore sans que le bras entier ne soit endolori ? Sans doute parce que, fisting oblige, ce roman fait mal même avec les plus doux préliminaires. Disons-le sans ambages : Bandaison noire n’est point un roman que l’on puisse ignorer. Pour les mauvaises langues, cette autofiction d’Aymen Daboussi n’est sans doute pas une bonne proie. Elle excite. Elle dérange. Et, comme l’éjaculation en relief en direction d’un spectateur de films pornographiques, Bandaison noire fuit entre les mains – quand elle ne devient pas de l’explosif. C’est moins au Cheikh Nefzaoui de La prairie parfumée qu’à la Katsuni du Palais des phantasmes qu’il faudra peut-être demander la plus juste appréciation des potentialités de ce projectile libidinal.