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C’est l’été. L’heure de la baignade a sonné. De quoi déshydrater les petits écrans. Un mois après ramadan, c’est au tour de la télé de faire le jeûne. Les plats refroidis par le temps sont réchauffés, rediffusés. Les grilles de programmation sont aussi sèches que les robinets de Redeyef et de Tajerouine. Et pour cause, il est de coutume que les sources de financement tarissent après les ramdams ramadanesques.

Trêves de talkshows. Les politiques n’ont plus à se mettre à table. Pour les contenus informatifs, on se contentera des journaux télévisés et de reportages tournés dans les festivités estivales. Comment digérer la clémence de l’Etat envers les hôteliers qui n’honorent pas leurs dettes envers les banques et les entreprises publiques ? Comment digérer le projet de loi sur « une réconciliation nationale » (sic) ? Il suffit de ne rien servir pour n’avoir rien à faire digérer. Résultat : Un blackout télévisuel qui se présente en forme de forte tendance des chaînes généralistes à privilégier le divertissement.

Ramadan fini, la sécheresse est sans merci. Aucune chaîne tv ne s’en échappe. Il faudrait attendre la rentrée pour avoir quelque chose de frais à se mettre sous la dent. Il suffit de parcourir les grilles des programmes sur les sites web des télévisions tunisiennes pour s’en apercevoir. Dans nos arides contrées audiovisuelles, la tradition veut que les budgets de communication des grandes entreprises soient siphonnés durant le mois saint.

Cette tendance est bien ancrée dans le paysage télévisuel tunisien. Les statistiques de l’année 2014 rendues publiques par Sigma Conseil en attestent. Dans ce sens, l’exemple le plus flagrant reste celui d’Hannibal Tv qui a diffusé rien qu’en ramadan 2014 l’équivalent de 50,34% du temps de pub qu’elle a diffusé durant toute l’année hors ramadan. Pour Nessma Tv, c’est 16%. El Hiwar Ettounsi Tv comptabilise 12,6%. Idem pour Tunisna Tv. Quant à la Watania, la pub ramadanesque représente l’équivalent de 21,8% du temps dédiée à la publicité durant toute l’année hors ramadan.

Aucune chaîne ne tente la différence, aucune ne tente un positionnement distinct. Le consensus règne. La contre-programmation, trop risquée. La fièvre acheteuse est désormais clémente. C’est fini la valse des breaks publicitaires. Les téléspectateurs-consommateurs sont livrés à la canicule, en attendant le ravitaillement à la rentrée. Ils ne consomment pas toujours de grandes quantités. Donc, pas question de les servir aussi généreusement.

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