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Un reportage de 6 minutes sur un concert. Pourtant, les téléspectateurs resteront sur leur faim. Ils ne seront informés ni sur le genre ou le registre musical ni sur les protagonistes. La nature de l’événement et son contexte non plus. Plus d’une dizaine de témoignages recueillis auprès du public. Aucun n’évoque la musique présentée lors du concert. C’était sur Hannibal Tv, dimanche soir de 23h à 23h30, dans l’émission « Zoom Ala Al-Thaqafa ».

Tenu mercredi 03 juin à la Maison des Arts, centre culturel associatif, l’événement s’intitule « Carte Blanche à Imed Alibi ». Evoluant essentiellement dans la scène européenne, ce percussionniste tunisien propose un univers musical hétéroclite. Rythmes et mélodies des quatre coins du monde s’y rencontrent avec subtilité. Dans les magasins du vieux continent, son disque « Safar » est classé dans les bacs réservés à la « world music ». Des éléments d’informations zappés par le reportage de « Zoom Ala Al-Thaqafa ». Même le lieu du concert, il ne sera mentionné que dans un carton de bas de page d’une durée de 10 secondes. Tout le reste, les téléspectateurs n’en sauront rien.

Le reportage s’articule autour de quatre questions adressées au public : « Avez-vous une carte blanche ? », « Je vais vous donner une carte blanche. Que feriez-vous avec ? », « Qui mérite une carte noire ? », « Que se passerait-il si on donnait une carte blanche aux politiciens ? ». Exit la règle journalistique fondamentale des 5W. Voici la doctrine des 4Q de Hela Dhaouadi.

Montés sans aucun sens du rythme ou synchronisation quelconque, les extraits de la performance retransmis dans le reportage dénaturent la musique proposée par Imed Alibi et les artistes invités à partager la scène avec lui. La qualité du son est exécrable. Les maladresses du cadrage ont livré une image médiocre. Mis à part sa pauvreté en informations, ce reportage de « Zoom Ala Al-Thaqafa » enchaîne erreurs et approximations.

Ainsi donc, le violoniste Zied Zouari, aux côtés d’Imed Alibi lors de ce concert, a été présenté dans un carton affiché en bas de l’écran en tant que « percussionniste ». Quant à Alibi, il a été banalement présenté en tant qu’« artiste ». Le joueur de gumbri Belhassen Mihoub a, quant à lui, été qualifié de « joueur de Stambali ». Il semble que la rédaction de l’émission ne fait pas la différence entre le Stambali, une musique utilisée comme un rite de possession et ses interprètes qui peuvent être des mâalem joueurs de gumbri ou même des percussionnistes joueurs de tabl ou de chqacheq.

Les médias représentent un maillon essentiel à l’existence d’une dynamique culturelle prospère. Mais avec ce genre de reportages et ce type d’approches, les téléspectateurs se retrouvent très mal servis par des contenus incompréhensibles. De quoi pousser certains d’entre eux à percevoir les activités culturelles comme une sphère étrange, un champ inaccessible.

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