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Selon le site Federal Business Opportunities qui fournit des informations générales sur les marchés publics et les appels d’offres du gouvernement américain, permettant ainsi aux entreprises américaines d’avoir accès et de soumissionner aux contrats publics, le Bureau international des stupéfiants et de l’application de la loi (Département d’État des États-Unis) de l’Ambassade des États-Unis à Tunis a lancé un appel d’offres pour se doter d’un système de drones.

Selon le même site, c’est la firme américaine AeroVironment Inc, basée en Californie, qui a remporté le marché pour un montant de $815 447. Il s’agit d’une firme spécialisée dans l’invention, la conception et la fabrication des drones, surtout ceux à usage militaire, et travaille souvent avec la NASA et le Département de la Défense. AeroVironment est considérée comme étant l’un des acteurs du complexe militaro-industriel américain. La firme est financée en grande partie par la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA, « Agence pour les projets de recherche avancée de défense »), une agence du département de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire.

Nous avons essayé de contacter le Bureau international des stupéfiants et de l’application de la loi de l’Ambassade des États-Unis à Tunis pour avoir de plus amples informations sur la nature du système de drones, mais n’avons pour l’instant obtenu aucune réponse de leur part.

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Ce système de drone est-il destiné à l’État tunisien ou aux forces américaines ? Est-ce bien l’État tunisien qui va tirer profit de ces drones ? Est-ce bien l’État tunisien, et seul l’État tunisien, qui aura le contrôle total sur des drones qui vont survoler son territoire ? Nous ne le savons pas et ce n’est pas faute d’avoir essayé d’en savoir un peu plus.

Tout en dénonçant les crimes commis par l’intermédiaire de tels drones en toute impunité et les exécutions atroces et non moins sommaires commises sous d’autres cieux, nous n’ignorons pas non plus le nouveau contexte dû aux changements politiques dans notre région. Ce contexte nécessitant à l’évidence un contrôle plus efficace du territoire par l’État tunisien. Que nous n’ayons pas les moyens d’entretenir une importante flotte d’hélicoptères aux coûts de fonctionnement exorbitants pour contrôler nos zones frontalières est un fait. Dès lors, les drones deviennent une alternative de choix pour contribuer à la surveillance du territoire national.

Et à supposer que ces drones soient destinés à l’usage exclusif de l’État tunisien -ce que, faut-il insister dessus, nous ne les savons toujours pas- quelle garantie l’État tunisien a-t-il sur l’exclusivité de l’accès aux données transmises par ces drones. En d’autres termes, du fait de la provenance de ces drones, qui peut garantir que ces derniers ne disposent pas de portes dérobées pour transmettre leurs données à d’autres “entités”.

Se pose ici le drame du manque d’effort de recherche dans nos universités qui demeurent à ce jour incapables de contribuer aux innovations technologiques renforçant la sécurité nationale. Et l’exemple des drones est tout à fait symptomatique, tant, et nous n’avons aucun doute la-dessus, nos ingénieurs sont en mesure d’innover en ce domaine pour peu que la volonté politique suive.

À suivre…

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