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La 3ème Université de Santé Publique du Maghreb, organisée avec le concours de la Faculté de Médecine de Sousse, se tiendra à Sousse en Tunisie du 24 au 28 mars 2014. Ses initiateurs, un groupe de professionnels maghrébins bénévoles, ont relevé le défi de la maintenir, après deux sessions prometteuses organisées en 2012 et 2011. L’engagement et le soutien du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), des facultés de médecine de Tunis et de Sousse et de la Société de Médecine Familiale de Sousse ne pouvaient qu’encourager les organisateurs à persévérer.

L’université de santé publique du Maghreb s’inscrit dans une mouvance initiée à Besançon (France) depuis plus de 10 ans, reprise et adaptée aux problématiques et contexte africains à Dakar (Sénégal) depuis six ans, élargie à la sphère européenne à Bruxelles pendant 3 ans , et bâtie au Maghreb, pour la 3ème année consécutive, avec la Tunisie comme pays d’accueil.

Qu’est-ce que c’est ?
Malgré ce que pourrait laisser croire son nom, l’université de santé publique du Maghreb, comme toutes les autres universités « sœurs », n’est pas un espace d’enseignement mettant face à face des enseignants et des apprenants.
Elle regroupera environ 90 participants de différentes nationalités du Maghreb et d’Afrique Subsaharienne et des intervenants de divers bords, engagés dans des rapports pédagogiques ouverts sur les savoirs, les savoirs faire et les savoirs êtres. Toute cette communauté travaillera dans le cadre de modules (petits groupes de 20 personnes) organisés autour de thématiques et de problématiques en lien avec les problèmes de santé de nos sociétés et de notre temps. La pédagogie participative permet des échanges et des acquisitions. Pendant une semaine, les participants identifiés parmi les professionnels de la santé et du social, des représentants institutionnels, des élus et membres d’associations, échangeront et débattront avec les intervenants et entre eux des défis et des enjeux de la santé dans nos pays sur la base d’une mise en commun de nos expériences et de notre savoir.

Pourquoi avons-nous jugé utile un tel investissement ?
Nos systèmes de santé au Maghreb, malgré leurs acquis, sont en crise et nécessitent des réformes profondes. Nous voudrions, à travers cette semaine de débats et d’échanges, contribuer humblement à apporter un autre éclairage qui permettra, nous l’espérons, de fédérer autour d’une vision partagée et de mobiliser autour d’objectifs et de stratégies de développement consensuelles.

Plus spécifiquement les principales raisons suivantes guident les organisateurs.

  • Les problématiques traitées recoupent nos préoccupations et priorités. Nous aborderons en effet les questions de santé et développement (module 1), de système de santé et de protection sociale (module 2), d’organisation des soins aux différents échelons (module 3), de l’enjeu de la qualité des services rendus aux citoyens (module 4). Nous focaliserons dans ces modules sur la santé de la mère, de la femme et des violences fondées sur le genre et sur la problématique multidimensionnelle des médicaments.
  • L’échelle du Maghreb nous a mobilisé et nous motive. L’idée de réunir des participants et intervenants des 5 pays du Maghreb nous a remobilisés au-delà de nos frontières autour de ce qui nous est commun et spécifique.
  • Les thèses, idées et valeurs défendues vont dans le sens de l’intérêt du plus grand nombre. L’Université se situe résolument dans une logique de santé publique. De ce fait, la santé y est envisagée sous l’angle du développement économique, social et culturel et non pas soumise à des logiques d’intérêts étroits.
  • La promotion de la santé, un référentiel partagé en commun. La promotion de la santé, par son approche pluridimensionnelle et participative, nous offre un référentiel commun parce que nous en avons une lecture ouverte, non dogmatique, reliant santé et développement en tant que levier et bien public et commun.
  • Des partenariats qui nous sont utiles. Les liens tissés, entre intervenants, entre participants, entre organisateurs, et entre toutes ces sphères, noués pendant ces semaines de travail et de convivialité et surtout après, alimentent des décloisonnements et des partenariats horizontaux et verticaux, et sont des appuis privilégiés dans nos actions au quotidien.
  • Notre approche singulière, traitant de thématiques relativement sensibles, n’a pu être possible que grâce à un montage financier et pédagogique économique et indépendant qui nous assure la liberté d’expressions, d’idées et les marges nécessaires aux innovations pédagogiques.

    Comment pérenniser l’université de santé publique du Maghreb ?
    La mobilisation de compétences maghrébines, convaincues et militantes pour ancrer le droit à la santé dans le quotidien de nos concitoyens reste le facteur clé de réussite et de pérennité d’une approche participative.
    L’expérience acquise par les équipes tunisiennes en matière d’organisation et de gestion de cet évènement au cours des 3 dernières sessions, devrait être capitalisée et relayée par d’autres équipes maghrébines. L’idéal est que l’université soit organisée alternativement entre les 5 pays du Maghreb pour un meilleur impact.
    Notre université devra rester en symbiose avec les préoccupations de nos sociétés et constituer un lieu de débat et d’échange pour contribuer à développer les compétences des différents intervenants dans un domaine qui touche tous les citoyens.

    Le comité d’organisation de l’USPM

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