Hassen-Chalghoumi

Update du vendredi 6 septembre :

Me Samia Maktouf, avocate de l’imam de Drancy, a annoncé que le parquet tunisien a décidé de faire appel de la condamnation à un mois et 16 jours de prison avec sursis prononcée, mardi, contre l’agresseur de Hassen Chalghoumi, Mohamed Karim Ben Khaled Ayed Khlifa.

L’avocate a précisé que le parquet « a pris en compte le certificat médical de l’hôpital
d’instructions des armées Bégin, à Saint-Mandé” (France)
», où sont mentionnés “deux côtes cassées et une lésion pulmonaire”.
Me Samia Maktouf a ajouté que « les injures racistes et antisémites à l’encontre de M. Chalghoumi
sont bien établies.
»

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Un mois et seize jours de prison avec sursis, c’est la condamnation dont a écopé l’agresseur de l’imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), Hassen Chalghoumi.

Le tribunal cantonal de Tunis a rendu son jugement le 3 septembre et l’accusé, Mohamed Karim Ben Khaled Ayed Khlifa, français d’origine tunisienne, a ainsi été reconnu coupable de « coups et blessures et diffamation ».

L’incident avait eu lieu ce dimanche 1er septembre dans un hôtel de Gammarth (au nord-est de Tunis) alors que l’Imam se trouvait en vacances en compagnie de sa femme et de deux de leurs enfants.

L’homme de religion avait déposé une plainte, le mardi suivant, par l’intermédiaire de son avocate Me Samia Maktouf, pour «violences volontaires avec préméditation en raison de l’appartenance à une religion déterminée», «injures» et «menaces de mort».

Hassen Chalgoumi avait ainsi affirmé que l’accusé l’avait suivi sur le chemin de leur hôtel, puis l’avait agressé et jeté à terre, après lui avoir notamment déclaré : «Le sioniste, collabo, Juif, dégage avec tes cousins, tu mérites la mort, qu’est-ce que tu fais en Tunisie?». A son retour en France, l’imam avait dû être hospitalisé suite à un malaise.

Une version catégoriquement réfutée par l’accusé et par son avocat, Me Pascal Garbarini, qui avait dénoncé une « instrumentalisation de [l’] incident » : « Mon client, reconnaissant l’imam dans le hall, lui a notamment dit qu’il ne partageait pas ses idées, ce qui a énervé l’imam […] L’imam est alors venu vers mon client pour le pousser. Mon client, qui pratique les arts martiaux, n’a fait que l’immobiliser et le mettre à terre, sans porter de coups ».

Face à cette condamnation, Me Pascal Garbarini a maintenue la version de son client, contestant toute agression physique et toute diffamation : « Mon client a maintenu en respect l’imam qui venait l’agresser à la suite d’une altercation verbale. »

Selon l’avocat, le jugement rendu par le tribunal de Tunis a « pour objet de ménager chacune des parties, compte tenu notamment de la médiatisation faite par l’imam de cet incident et de sa plainte […] en France. » Il a également annoncé, jeudi, qu’il ferait appel devant la justice tunisienne et qu’il déposerait, à Paris, une plainte pour dénonciation calomnieuse.

Personnalité controversée ; accusé d’être opportuniste, voire manipulé, par certains, tandis que d’autres le qualifient « d’homme de paix », l’imam de Drancy s’est construit une réputation d’homme de religion modéré, connu pour ses prises de position contre l’islam intégriste et ses rapports d’amitié avec la communauté juive. Dès l’annonce de son agression, l’imam avait reçu par ailleurs des messages de soutien de personnalités politiques telles que Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale et député PS de Seine-Saint-Denis, qui avait condamné une « lâche et honteuse agression ».

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