UNFPA

Comme chaque année, le 11 juillet marque la célébration de la Journée mondiale de la population. C’est l’occasion de rappeler que les questions de population sont au coeur de la lutte contre la pauvreté, la promotion du développement durable et des droits humains. Il existe en effet un lien étroit entre population, développement et droit à la santé, et notamment à la santé sexuelle et reproductive, telle qu’adopté par 179 Etats lors de la Conférence internationale sur la population et le développement qui s’est tenue au Caire en 1994 et qui a été reconfirmé dans la Résolution 65/234 adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en 2011,.

Pour 2013, la Journée mondiale de la population est dédiée au droit à la santé des filles, et plus particulièrement aux grossesses adolescentes. Dans le monde, environ 16 millions de filles âgées de 15 à 19 ans donnent naissance chaque année, et les complications liées à la grossesse et à l’accouchement sont la principale cause de décès parmi les filles de ce groupe d’âge, surtout dans les pays en développement. En Tunisie, en 2010-2011, le taux de natalité chez les adolescentes (15-19 ans) est de 3 pour 1000, alors qu’il était de 1,5 pour 1000 en 2006. Autrement dit, il aurait doublé en l’espace de 5 ans (1).

Au-delà d’une question de santé des filles, c’est plus largement le droit à la santé sexuelle et de la reproduction qui est ici abordé. En Tunisie, dans le contexte actuel de transition, où la question des droits est primordiale avec la révision de la constitution, c’est une question plus que jamais d’actualité.

Le système de santé tunisien garantit en principe l’accès à des services de santé pour toute la population, et permet une large couverture sanitaire. En 2010, on compte ainsi un médecin pour 812 habitants, et on recense environ 2 000 centres de santé de base (CSB) (2). Néanmoins, une frange de la population ne peut pas, dans les faits, accéder à ces services, et des inégalités subsistent. Les femmes et les filles rencontrent de grandes difficultés en matière de droit à la santé, y compris le droit à la santé sexuelle et reproductive. La mortalité maternelle reste élevée.

Une enquête nationale sur la mortalité maternelle réalisée en 2009 a montré un ratio de 44,83 décès pour 100 000 naissances vivantes (NV), avec des disparités régionales qui peuvent varier de 27,9 pour 100 000 NV à 67 pour 100 000 NV (3). Toutes les femmes n’ont pas encore accès à des moyens de contraception : 7 % des femmes âgées de 15-49 ans mariées ou vivant avec un homme ont des besoins non satisfaits en matière de contraception (4). Les centres de prestation de services en matière de santé sexuelle et reproductive pour jeunes sont très peu nombreux comparés au nombre de jeunes : il existe seulement 22 centres en Tunisie, pour plus de 3 millions de jeunes âgés de 15 à 29 ans (soit environ 28% de la population totale) (5). En outre, ces centres ne disposent pas de normes concertées unifiées et documentées se référant aux droits humains en matière de santé sexuelle et reproductive.

Dans ce cadre, agissant en partenariat avec les gouvernements et la société civile, le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) appuie des initiatives visant à rendre les services de santé sexuelle et de la reproduction plus accessibles, et investit résolument dans la santé et les droits des femmes et des filles.

Pour célébrer cette journée du 11 juillet en Tunisie, nous avons ainsi choisi de travailler avec un collectif d’associations tunisiennes sur une Déclaration pour l’amélioration de la santé des femmes en Tunisie. Ces travaux regroupent tous les acteurs impliqués dans les questions de droit à la santé des femmes en Tunisie (société civile, institutions, etc.), et devraient aboutir à l’adoption d’une Déclaration.

Les droits des femmes et des filles doivent s’inscrire parmi les priorités, et nous appelons aujourd’hui toutes les parties intéressées à faire que chacun et chacune compte.

Leila Saiji Joudane
Représentante assistante du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) en Tunisie

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Notes de bas de page

1- Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS3 et MICS4) – MDRP/INS/UNICEF/UNFPA/Coopération Suisse
2- Source INS (Institut national de la statistique)
3- Enquête nationale sur la mortalité maternelle en Tunisie – 2010 – Ministère de la Santé publique
4- Les besoins non satisfaits en matière de contraception se réfèrent aux femmes fécondes ne faisant usage d’aucune méthode de contraception, mais qui souhaitent reporter la prochaine naissance (espacement) ou qui souhaitent arrêter totalement de procréer (limitation).
5- Source INS

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