Dans le cadre d’une étude récente menée par « TBC Partners » plusieurs interrogations ont été soumises à un échantillon de tunisiens pour faire un bilan retraçant l’état des lieux des principales préoccupations et interrogations pouvant interpeller le Tunisien quant à son présent et surtout par rapport l’avenir du pays. L’enquête a été réalisée à travers un questionnaire électronique auto administré auprès d’un échantillon composé de 1383 internautes. Plusieurs résultats et constats ont été exposés.

Concernant le rythme de la transition démocratique, il a été jugé comme étant lent pour plus de 43% des répondants. 37,6% considère que c’est un rythme normal, tandis que 18,8% jugent que c’est plutôt un rythme satisfaisant. Ce constat est relativement justifiable en l’absence d’une vision consensuelle sur le scénario de la transition démocratique, beaucoup de temps a été perdu. Les Tunisiens s’attendaient à mieux et surtout plus rapidement.

Pour ce qui est du principal acquis de la révolution, 72,7% des répondants considèrent qu’il s’agit du « le droit de grève et de négociation sociale ». Ceci témoigne de l’importance accordée par les Tunisiens à ce volet. D’autres parts, la réussite des premières élections démocratiques de l’histoire de notre pays a également constitué un acquis considérable pour 69,4%, suivi par 54% des répondants considérant que la liberté d’expression est le principal acquis. Le volet social reste logiquement le premier souci et se place en premier lieu dans l’ordre des priorités des Tunisiens. Il faut noter également que seulement 24,8% et 15,3% des répondants pensent que les objectifs d’assainissement de l’état et la réduction de la corruption, sont atteints.

Malgré les acquis, aussi considérables soient-ils, les Tunisiens considèrent que notre économie est entrain de payer très cher la facture de cette révolution. L’inflation et la baisse du pouvoir d’achat, la détérioration de la situation représentent ainsi les principaux revers d’une révolution loin d’être bénéfique à une économie déjà fragilisée par les abus et la corruption.

Tous les répondants, abstraction de leurs appartenances politiques ou idéologiques, s’accordent sur le fait que le déclenchement de la révolution tunisienne est essentiellement expliqué par des raisons économiques et sociales ainsi que pour des motivations de recherche de liberté d’expression et la mise en place d’un système démocratique. Toutefois, le phénomène qui a surgit en marge de cette révolution, à savoir la montée du radicalisme religieux, a représenté une source d’inquiétude pour 54,9% des répondants. Le débat identitaire, la dichotomie entre « modernistes progressistes » et « islamistes », sont entrain de faire dévier le processus vers une perspective autre que celle escomptée par la majorité des Tunisiens.

L’inquiétude des Tunisiens quant à l’avenir de la révolution et sa capacité à atteindre ses objectifs est un constat alarmant qui doit interpeller tous les intervenants dans le processus de transition. D’ailleurs, 72,7% des répondants considèrent que la révolution est menacée. Il faut dire que la gestion d’une révolution est un exercice totalement nouveau en Tunisie. Les grèves et les revendications sociales constituent incontestablement la principale menace pour la révolution et ce pour 52,3% des répondants. Avec une économie déjà fragilisée par une année très difficile, les revendications multipliées ne font qu’aggraver la situation.
Il est à noter que 57,6% des personnes enquêtées déclarent regretter leurs choix politiques pour les élections de l’Assemblé Constituante du 23 octobre. Ce résultat est vraiment interpellant et exprime une réelle déception des électeurs par rapport aux choix et stratégies politiques adoptés par leurs partis. La principale raison (78,3%) de cette déception est expliquée essentiellement par l’établissement d’alliances entre certains partis hétérogènes au niveau de leurs projets politiques. En revanche, 68,4% et 56,5% des répondants considèrent respectivement que la remise en question de leurs choix est expliquée par des « promesses non tenues » et par « un double discours ».

Au sujet de la confiance des répondants en l’Assemblée Constituante, il existe des réserves chez les enquêtés et ont exprimé de ce fait une confiance plutôt limitée dans la capacité de l’AC à garantir le progrès du pays. Le gouvernement, à son tour, est loin de jouir de la confiance absolue des Tunisiens qui sont encore sceptiques et attentifs aux performances du gouvernement de coalition tripartite qui a mis du temps à se constituer. Hormis 28,4% des répondants qui ont une confiance totale en la capacité du gouvernement actuel à sortir le pays du tunnel, 41,4% et 31% des Tunisiens sont plutôt peu confiants.

Outre ce constat, 42,3% des Tunisiens ne sont pas confiants quant à la capacité du nouveau Président de la république à réaliser les objectifs de la révolution, tandis que 41,7% sont plutôt rassurés et croient que M. Marzouki soit capable de réaliser les objectifs de la révolution. Il faut dire que cette méfiance se justifie par les dernières déclarations de monsieur le Président, loin de faire le consensus auprès des tunisiens, bien qu’il avait réussi à obtenir le compromis au sein de la Troïka. Pour ce qui est des raisons expliquant ce manque de confiance, 87,6% des répondants considèrent que c’est essentiellement dû à ses fonctions, désormais, très limitées.

Enfin, concernant le degré d’espérance des tunisiens en une amélioration des choses en 2012, notons que 56,2% des répondants ne sont pas optimistes quant aux perspectives de reprise économique pour 2012 et ce contre 37,6% qui sont plutôt optimistes. La priorité du souci économique et social, l’emploi se place comme étant la priorité incontestable pour l’année 2012 et ce pour 88,3%. Les dossiers des martyrs, de la sécurité et du développement régional ne sont pas de moindres importances.

La révolution Tunisienne est loin d’avoir atteint ses objectifs. Beaucoup reste à faire pour concrétiser autant de promesses et pour trouver des solutions à autant de problèmes…..

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Par TBC Partners

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