Par Ahmed Ben Mustapha, Ambassadeur,

Féthi Ben Hammouda en raison de ses articles diffamatoires parus à mon encontre, je vous adresse cette mise au point que je vous prie de publier afin de rétablir la vérité auprès de vos lecteurs sur les points me concernant qui ont été évoqués dans cette réponse . Je signale aux lecteurs que ce texte a été également adressé à M Bahloul qui a refusé de le publier dans son intégralité me proposant une autre version censurée inacceptable pour moi car expurgée de l’essentiel de ma réponse aux contrevérités reprises à mon sujet ainsi qu’au sujet de mon épouse.

J’ajoute que M. Bahloul n’ a pas apprécié mon recours en justice contre lui allant même jusqu’à me menacer de remettre en ligne ses articles diffamatoires et de « relancer la polémique pour défendre son image en invitant le ministère des affaires étrangères et la justice à s’expliquer sur le sort des personnes qui disaient hier être vos victimes ». C’est pourquoi je suis contraint de lui répondre en détail sur tous les points évoqués par lui en me basant essentiellement sur le jugement de non lieu qui a tranché en ma faveur et qui aurait du l’amener à reconsidérer sa position sur le fond de cette affaire. Toutefois il persiste à croire qu’il n’a commis aucun dépassement et aucune entorse à la loi en me calomniant et en refusant de reconnaitre l’autorité d’une décision de justice qui est censée avoir mis un terme définitif à cette affaire. Les observations suivantes sont destinées à lui prouver qu’il se trompe lourdement s’il croit pouvoir continuer à me diffamer impunément et sans susciter les réactions qui s’imposent.

– Contrairement à ce que vous affirmez vous n’avez pas procédé à une enquête sur cette affaire mais vous vous êtes contentés de publier des allégations totalement fausses et juridiquement invalidées, puisées dans l’acte d’inculpation de la chambre d’accusation . En effet lorsqu’on prétend enquêter sur une affaire de ce genre il faut écouter toutes les parties intéressées afin de procéder aux vérifications et aux recoupements nécessaires ce que vous avez omis de faire . En outre la publication de ce document a été faite en infraction à la loi car l’acte d’accusation en question n’était pas définitif et était alors soumis à la cour de cassation donc susceptible d’annulation pour vices de forme et de fond. De même cet acte d’accusation a été définitivement invalidé par le jugement de non lieu sus mentionné.

A propos d’enquête et puisque Businessnews estime être redevable d’un « devoir journalistique » envers ses lecteurs dans ce genre d’affaires il est légitime pour moi de me demander pourquoi n’a-t-il pas enquêté sur les graves accusations d’abus, de corruption et de malversations qui ont justifié l’arrestation de Abdelwahab Abdallah, des membres de la famille du président déchu ainsi que d’autres hauts responsables de l’ancien régime ? pourquoi ne publie – t- il pas les PV des enquêtes judiciaires relatifs à ces affaires afin d’éclairer l’opinion publique extrêmement choquée et particulièrement sensible à ces affaires compte tenu de l’ampleur de ces abus qui se chiffrent en dizaines de milliards de dollars ?

– Les allégations fantaisistes que vous reprenez me mettant en cause ainsi que mon épouse à propos des salaires sont totalement fausses et mensongères. Un seul des trois salariés concernés par l’affaire a été entendu par le juge d’instruction auquel il a affirmé avoir été contraint par le comptable de lui verser la moitié de son salaire en liquide durant trois mois. Il a ajouté qu’il a par la suite récupéré cette somme du même comptable lequel a reconnu ce forfait devant le juge d’instruction qui ne l’a pourtant pas inculpé. Les deux autres salariés concernés ont affirmé lors de l’enquête administrative qu’ils ont perçu l’intégralité de leurs salaires et leurs témoignages sont consignés par écrit dans le rapport d’enquête qui a servi de base au jugement de non lieu qui m’a innoncenté. C’est pourquoi ni le juge d’instruction ni le tribunal n’ont jugé nécessaire de les auditionner et je vous mets au défi de reproduire les prétendus « témoignages » que vous leur attribuez. D’ailleurs aucun des trois salariés mentionnés par le tribunal n’a porté plainte contre moi alors qu’ils avaient toute la latitude de le faire durant trois années après le déclenchement de la procédure.

Pour conclure sur ce point je tiens à reproduire ci après la traduction des extraits du jugement qui m’a innocenté à propos des salaires : « contrairement à la décision de renvoi, il a été prouvé que l’intégralité des salaires des trois salariés mentionnés a été virée à leur profit selon la loi par dans leur compte bancaire privé ce qui est confirmé par le témoignage du comptable public consigné dans le rapport d’enquête administrative » le tribunal ajoute qu’il n’existe dans le dossier aucune présomption prouvant ma culpabilité rappelant le témoignage du salarié Houssame Shili qui affirme avoir donné de l’argent liquide au comptable ce qui selon les juges ne prouve pas que j’étais au courant des agissements du comptable. En outre le tribunal rappelle que l’argent cité n’a pas porté de plainte contre moi et s’il l’avait fait les poursuites auraient été engagées contre l’auteur de ce crime qui est le comptable Habib Chebbi. De plus le tribunal rappelle les témoignages sus mentionnés des deux autres salariés Mohamed Mustapha et Emilie Ducay consignés dans le rapport d’enquête administrative établi par M. Ibrahim Aouane ou ils confirment avoir reçu la totalité de leurs salaires. En conclusion je ne sais pas ou êtes vous allé chercher les prétendus « témoignages » que vous persistez à attribuer aux salariés. Seul le témoignage de Houssame Shili était juridiquement recevable mais il n’a pas été retenu contre moi par le tribunal qui a estimé qu’il s’agit plutôt d’une charge à l’encontre du comptable qui sera de ce fait poursuivi ainsi que l’agent Houssame pour faux témoignage et allégations mensongères. Quant à vous vous aurez également à rendre compte devant la justice pour vos précédents articles diffamatoires mais également pour votre persistance à reprendre ces calomnies même après le jugement définitif de non lieu prononcé en ma faveur que vous n’avez pas pris la peine de citer dans votre réponse alors qu’il constitue la référence principale et la pièce maitresse de ce dossier .

– Vous essayez de nier les dessous politiques de l’affaire en prétendant que le journal Al Mawkif lui aurait consacré une page entière . Ceci est inexact car c’est le journal Ettariq Al Jadid qui a brièvement évoqué l’affaire sans me mettre personnellement en cause à l’instar de Businessnews mais a consacré une page entière à mon droit de réponse ce qui m’a permis de briser l’étau médiatique lequel faisait partie du dispositif mis en place par Abdelwahab Abdallah – incluant l’instrumentalisation de la justice et des médias – afin de me détruire, de me calomnier et de briser ma volonté et ma détermination à faire face à l’injustice . D’ailleurs je ne vois pas ou est le lien entre l’évocation de l’affaire par un journal d’opposition et la négation de l’existence d’une manipulation politique y afférente .

– Vous estimez avoir couvert tous les développements ayant trait à cette affaire du seul fait de la publication d’une brève information relative au jugement de non lieu prononcé en ma faveur le 21/02/2011 qui m’a totalement innocenté . Je suis désolé de devoir vous contredire encore une fois car j’estime que vous auriez du reprendre le contenu et les attendus de ce jugement au sujet des salaires et du téléphone portable qui confirment le non fondé de ces allégations grotesques . Mais au lieu de cela vous n’avez rien trouvé de mieux que de les reproduire alors qu’elles n’émanent pas des personnes intéressées tout en étant puisées dans un document invalidé par la justice. Ce faisant vous semblez mettre en doute un jugement qui a acquis l’autorité de la chose jugée en mettant un terme définitif à cette affaire. Plus grave vous menacez dans votre courrier du 22/05/2011 de remettre vos articles diffamatoires en ligne et de relancer la polémique pour défendre votre image et même de demander des comptes à la justice de vous avoir désavoué . Donc au lieu de vous expliquer devant la justice vous estimez être en droit de lui réclamer ainsi qu’au ministère des explications et de lui demander de vous rendre des comptes à propos de prétendues victimes qui n’ont jamais porté plainte ni témoigné contre moi et qui en définitive n’existent que dans votre imagination. En revanche vous ne semblez pas vous préoccuper du sort des vraies victimes dans cette affaire ainsi que des innombrables autres injustices commises par Abdelwaheb Abdallah et par le régime déchu que vous avez défendu jusqu’au bout. En réalité vous semblez avoir une curieuse conception à double vitesse de la justice et du journalisme dans votre façon de couvrir les affaires de ce genre selon l’identité des personnes mises en cause. Dans les affaires avérées de corruption aux enjeux financiers importants ou sont impliqués de hauts responsables de l’ancien régime vous observez une réserve intrigante invoquant la nécessité de laisser la justice faire son travail alors que vous vous érigez en pseudo justicier dans certaines affaires le plus souvent négligeables ou vous vous autorisez tous les dépassements sous prétexte de faire votre « devoir journalistique » .

– Vous niez dans votre droit de réponse m’avoir porté préjudice , mais ceci contredit totalement l’article ou vous avez informé vos lecteurs de la décision de non lieu qui justifie à vos yeux le retrait de vos articles diffamatoires car selon vos propres termes le maintien de ces articles dans vos archives risque de « continuer à porter préjudice à l’ancien ambassadeur ». Donc vous reconnaissez vous-même que vous m’avez porté préjudice mais vous n’avez pas l’air d’en mesurer l ’ampleur d’autant plus que de très nombreux autres sites ont reproduit vos articles diffamatoires et certains continuent de les publier jusqu’à ce jour sans tenir compte du dénouement de l’affaire en ma faveur. Mais le plus grave est que vous n’arrivez pas à reconnaitre vos tords et vos erreurs tout comme vous continuez à occulter les vraies raisons qui ont été à la base de cette affaire .

A ce propos M. Ben Hammouda évoquant les véritables dessous de cette affaire vous a suggéré de « relater les faits dans leur véritable version authentique pour éclairer les citoyens usagers de ce journal sur les faits tels qu’ils se sont produits et leur expliquer comment la mafieuse Leila Trabelsi subjuguait et asservissait nos missions diplomatiques à l’étranger » ajoutant que « la simple publication du non lieu prononcé de la part de la justice sans approfondissement des circonstances dans lesquelles fut entachée la réputation de M. Ahmed Ben Mustapha ne suffit pas à réparer le tort qui lui a été fait par les précédents articles diffamatoires .

Autrement M. Bahloul continuerait à susciter par son silence le doute non pas envers la carrière d’un diplomate respectable et de grande stature morale mais plutôt à l’encontre de la crédibilité de sa mission journalistique et de sa persévérance dans des pratiques louches et indignes en parfaite continuité du style Abdelwahab Abdallah ». J’aurais souhaité que vous expliquiez pourquoi vous avez choisi de ne pas donner suite à cette proposition et de continuer à ignorer les vrais enjeux de cette affaire qui sont maintenant du domaine public .

-En effet ; je me dois d’informer vos lecteurs que la commission chargée des investigations sur la corruption s’est saisie de ce dossier sur la base de mon témoignage ainsi que le témoignage du conseiller de l’ambassade qui a accueilli Jalila Tabelsi et qui a confirmé qu’elle avait illicitement introduit à Dubai une importante somme d’argent liquide en devises supérieure à 500 mille Euros. .J’ajoute que c’est mon absence à l’accueil de Jalila Trabelsi – qui aurait permis de couvrir et de camoufler ce transfert massif et illicite de capitaux – qui m’a valu la fin de ma mission d’ambassadeur ainsi que ma persécution durant cinq longues années d’une terrible injustice ou tout a été mis en œuvre pour me broyer et me souiller .

Avant de conclure je souhaite remercier les nombreux lecteurs et les militants des droits de l’homme qui m’ont témoigné sympathie solidarité et soutien tout au long de cette épreuve. Je suis particulièrement reconnaissant à M. Fethi Ben Hammouda et à M. Amjad Ghazi qui sans me connaitre personnellement ont tenu à me défendre et à se solidariser avec moi. Leur contribution au débat suscité par la position de Businessnews a été extrêmement utile car elle a permis d’éclairer l’opinion publique sur les enjeux réels de cette affaire tout en soulevant des questions essentielles touchant au paysage médiatique en Tunisie. A ce propos, je constate avec regret que M. Bahloul persiste à refuser de reconnaitre son parti pris et son manque d’objectivité à mon égard ce qui lui a valu de sérieuses critiques de la plupart des lecteurs qui se sont intéressés à ce dossier. Sous d’autres cieux les journalistes impliqués dans de telles situations n’auraient pas hésité à se remettre en cause à reconnaitre leurs erreurs et à les rectifier voire à présenter leurs excuses du fait des préjudices qu’ils ont occasionnés lorsqu’il s’avère qu’ils se sont trompés.

Il convient de signaler dans le même ordre d’idées que les nouveaux responsables du ministère des affaires étrangères ont reconnu les graves préjudices de carrière qui m’ont été occasionnés et ont tenu à se démarquer de cette affaire promettant de me réhabiliter en tant qu’ambassadeur dans le cadre du mouvement diplomatique en cours. En effet M. le secrétaire d’état m’a confirmé ma nomination en tant qu’ambassadeur président du centre de la ligue arabe à Tunis ajoutant que les démarches nécessaires seront entreprises en temps opportun compte tenu du fait que le poste ne sera officiellement vacant qu’à la fin de l’année en cours.

En tout état de cause, j’ajoute pour finir que j’ai porté plainte contre Abdelwahab Abdallah ainsi que tous les autres parties responsables ou impliquées dans cette injustice. De même j’ai porté plainte contre mes détracteurs et ceux qui m’ont injustement diffamé et notamment Businessnews et c’est maintenant à la justice de déterminer en toute sérénité les responsabilités des uns et des autres car j’estime que c’est l’unique voie pour que ma réhabilitation soit totale et pour que de pareille ignominies ne puissent plus se répéter .

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