En visite à Tunis, Christine Lagarde et Laurent Wauquiez espèrent pouvoir faire oublier les ratés de la diplomatie française en Tunisie. © Lionel Bonaventure / AFP

Par Salah Ben Omrane

Le gouvernement de M Fillon a envoyé hier mardi 22 février deux délégués à Tunis : la Ministre de l’Économie et de l’Industrie Christine Lagarde et Laurent Wauquiez Ministre chargé des Affaires européennes auprès de la ministre d’État, ministre des Affaires étrangères et européennes Madame Alliot-Marie .

Des contacts mais sans déclarations notables qui pourraient indiquer une volonté de rupture avec le passé. Elle ressemble tant dans sa forme aux visites ministérielles de la France en Tunisie par le passé. Quant à son contenu , les liens économiques entre les deux pays ,n’attendaient pas le feu vert de cette visite pour se nouer.

Pourtant ,il en fallait une véritable rupture avec le passé au point où en sont les relations diplomatiques entre les deux pays, suite à la relations particulière qu’entretenait la Ministre des affaires étrangères MAM avec des membres de l’ancien régime et l’arrivée fracassante qu’on peut qualifier de tout sauf de diplomatique du nouvel ambassadeur M Boillon .

On peut la qualifier d’une visite ordinaire , s’il n’y avait pas eu une entrevue entre M Ghannouchi , Premier ministre , qui s’est déroulée en tête à tête avec Mme Lagarde ,dans son bureau et sans la présence du nouvel Ambassadeur M Boillon. Que ce sont ils dit ? Dieu seul le sait !

C’est sous l’angle de la relation économique entre les deux pays que Madame Lagarde est intervenue et non au titre de substitut ni de ministre bis des affaires étrangères dans la mesure où Madame Alliot-Marie, au jour de cette visite occupe encore en toute plénitude l’exercice de ses fonctions dans ce ministère . A noter juste que Madame Lagarde, au dernier remaniement ministériel était à deux doigts de décrocher ce poste ministériel, qui était tenu par M Bernard Kouchner.

Les choses deviennent moins claires et nous ramènent en arrière dans l’univers de la politique fiction et de la parole politique insignifiante sauf pour ceux qui la pratiquent ,quand on lit la déclaration de M Wauquiez . Elle est la suivante : « la nécessité d’un plan Marshall pour la Tunisie, non seulement européen mais aussi mondial ».

À première vue ,on peut dire : Pourquoi pas ? C’est une idée intéressante . Sauf qu’elle vaut ce qu’elle vaut ,mais certainement pas plus que si elle était prononcée par M Dupont qui tient un café au coin de la rue . Elle n’est pas une déclaration maladroite , mais elle est insignifiante ,car M Wauquiez est un ministre chargé des affaires européennes auprès d’une ministre d’État, des Affaires étrangères et européennes . Il n’est pas le ministre des affaires étrangères de la France ni le Chargé par l’Union Européenne des Affaires étrangères pour intervenir dans ce sens.

Seule Mme Catherine Ashton est la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Elle est la seule habilitée pour parler au nom de l’Union Européenne.

Avant que M Wauquiez n’évoquer un « plan Marshall » pour la Tunisie , n’est il pas plus judicieux d’installer « un Grenelle » de la diplomatie française qui donne l’impression d’une désorientation désespérante.

Pour ne citer que les relations de la France avec la Tunisie , le gouvernement de M Fillon, ne doit-il pas, de toute urgence ,tenter de comprendre les dysfonctionnements dans la diplomatie française et apporter les solutions adéquates sans persister dans le mode du rafistolage .

Une ministre des affaires étrangères discréditée ,un ambassadeur maladroit ,n’est ce pas suffisant pour tirer les sonnettes d’alarme ?

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