La Chambre des Députés. Alors que le président Ben Ali se prépare à rempiler, le 25 octobre, pour un cinquième mandat, son parti, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) prépare soigneusement le renouvellement de la Chambre des députés (Majlis), le même jour. Surtout composées d’apparatchiks anonymes, les listes RCD réservent plusieurs sièges aux principaux hommes d’affaires du pays, selon un subtil équilibre entre clans proches du pouvoir. Revue de troupes.

Principale innovation, l’arrivée de Sakher El Materi sur les bancs de la Majlis vient couronner la fulgurante ascension du gendre du président dans le monde économique. Politiquement, le jeune tycoon (concessions Audi, Volskwagen et Porsche, holding Princess El Materi) est déjà officieusement chargé d’occuper le terrain de l’islam modéré, grâce à sa radio Zitouna et son groupe de presse Dar Assabah, bientôt flanqués d’une télévision et d’une banque islamique.

Député depuis 1989, Hédi Djilani briguera un cinquième mandat et pourrait prendre, à terme, la présidence de la Majlis. Le patron de l’organisation patronale Utica, à la tête d’un empire industriel et financier (Hannibal Lease, Investment Trust Tunisia, Confection Ras Jebel), a marié plusieurs de ses enfants à des membres du clan Ben Ali/Trabelsi. Son bras droit à l’Utica, Ali Slama (groupe Slama : agroalimentaire, imprimeries…), se représente à la Manouba, banlieue chic de Tunis.

Le porte-drapeau des industriels de Sfax est un nouveau venu à l’Assemblée : il s’agit de Nabil Triki, patron de la Confiserie le Moulin, Matex, etc. Quant à Habib Boujbel, il aura la triple tâche de représenter les Djerbiens, les hôteliers, et le clan Boujbel (Mohsen, et Saïd Boujbel, hôtels Carribean et Sunny, laboratoires Medis, Heineken, Vacpa). Il se présentera à Nabeul où il héritera du siège occupé par Kamel Boujbel jusqu’à son décès en 2007.

En revanche, la rupture entre le palais de Carthage et la famille Chiboub est consommée. Afif Chiboub, 53 ans, vice-président de la Majlis depuis 1998, ne se représentera pas à Tunis. La relation durait depuis le mariage du frère d’Afif, Slim Chiboub, avec Dorsaf Ben Ali, fille du président. Mais cette dernière, issue d’un premier mariage, n’a pas les faveurs de l’épouse du président, Leïla Ben Ali. Laquelle a d’ailleurs pris soin, depuis des années, de placer des relais personnels à l’Assemblée!

MAGHREB CONFIDENTIEL
N° 896 du 8 octobre 2009

Via Tunisia Watch

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