Un pamphlet met en garde Ben Ali contre la succession programmée au profit de son gendre Sakhr Matri.

Dans son édition du 10 juin, Tunisnews a publié un texte intitulé « Appel au président candidat Zine El Abidine Ben Ali » et signé par le pseudo « Touensa responsables » (tunisiens responsables). Les (ou le) signataires de cet appel mettent en garde le président contre son envie, parait-il, d’organiser sa succession en faveur de son gendre, le très médiatique Sakhr Matri.

Rien d’étonnant. Le dauphin a déjà un pied au palais puisque selon des informations de première main dont nous disposons, l’adresse du plais de Carthage est déjà inscrite sur sa carte d’identité nationale !

N’apportant aucune révélation nouvelle sur la guerre de succession qui sévit au plais de Carthage, ce pamphlet sonne plutôt comme un règlement de compte entre les différents clans en guerre pour le partage du gâteau de la république.

Même si le texte s’attarde sur « les dangers » du scénario d’une prise du pouvoir des Matri, les charges visent tous les clans mafieux qui gravitent autour du président à savoir : les Ben Ali, les Trabelssi et bien sur les Matri derniers arrivants autour du couscous national.

Ce brulot serait-il l’œuvre des « doustouriens », membres du parti au pouvoir qui vivraient mal les dérives despotiques et mafieuses du pouvoir en place et de sa nébuleuse de familles rivales, comme le suggèrent certains connaisseurs de la scène tunisienne ?

Impossible de répondre à cette question tant les manipulations en cette période de doute sont l’apanage de tous ceux qui, de prêt ou de loin, savent qu’ils auront, un jour ou l’autre, à répondre de leur complicité ou tout simplement de leur cautionnement par le silence et l’inaction d’un pouvoir qui se trouve plus que jamais au bord du précipice.

Voici donc le texte en question. A lire avec beaucoup de précautions…

La rédaction
www.nawaat.org

APPEL AU PRESIDENT CANDIDAT ZINE EL ABIDINE BEN ALI

“Il n’est pas de tyran au monde qui aime la vérité ; la vérité n’obéit pas”
Alain.

Monsieur le “Président”

Il arrive que certains de nos compatriotes se lamentent sur l’homme d’Etat que vous auriez pu être. A l’instar de votre prédécesseur l’Histoire aurait pu vous juger comme un honorable Président. Malheureusement pour la Tunisie, dès les premières semaines de votre prise de pouvoir vos agissements ont donné le ton et laissé entrevoir le sort que vous alliez réserver à ce qui ressemblait encore à des institutions et à une légalité constitutionnelle et républicaine. Le rouleau compresseur auquel vous avez soumis l’opposition pourtant conciliante pour ne pas dire bienveillante a achevé de convaincre les tunisiens de la réalité de vos intentions et de la nature de vos projets. En fait vos intentions vous les avez tôt dévoilées : soumettre l’Etat et ses rouages pour en faire un outil d’enrichissement familial et clanique.

Au lieu de vous tenir à l’écart des affaires et des magouilles vous en êtes devenu le principal ordonnateur et orchestrateur. Assoiffé de lucre vous vous y êtes plongé tête baissée en vous associant et en protégeant les membres de votre clan tout lit confondu. On a vu et hélas on continue de voir que la vie économique repose sur l’affairisme vorace de vos protégés et vos obligés les Ben Ali, Trabelsi, Chiboub, Zarrouk, Mabrouk et last but not least Materi escortés de leurs hommes de main et de leurs complices érigés par vos soins en véritable pouvoir exécutif parallèle et occulte.

Ce marécage résonne de sordides bruissements d’alcôves entre Tunis, Paris et Stockholm comme l’atteste l’épisode peu glorieux du petit flic Larbi Khayat et qui corrobore une vérité de plus en plus incontournable aux yeux des Tunisiens, selon laquelle nonobstant votre “surpouvoir” de façade vous n’en êtes pas moins l’otage du gang Trabelsi. En effet tout indique qu’ils vous tiennent, vous n’avez qu’à leur obéir.

C’est dans ce décor et avec ces mêmes personnages que vous vous apprêtez à berner les tunisiens pour la cinquième fois.

Soyez convaincu ; Monsieur le Président, que l’écrasante majorité de nos concitoyens toute génération confondue riches ou pauvres, instruits ou illettrés vous méprise contrairement à ce que vous chantent vos courtisans. Bien sûr que vous serez “élu” avec plus de 96%

des votants, score caractéristique des despotes sous-développés. Quel que soit l’ampleur du bourrage d’urnes cela ne fera de toute manière qu’accentuer le mépris que les Tunisiens ressentent à votre égard. Ils sont convaincus que de toute manière le pillage, l’enrichissement obscène, la répression, l’atteinte à la dignité des citoyens se poursuivront selon les mêmes méthodes et au même rythme effréné.

Cependant et vous ne le savez peut-être pas TOUT A UNE FIN et il faudra bien se rendre à l’évidence que le DESTIN FINIT TOUJOURS PAR S’ACCOMPLIR et qu’il faudra bien un jour ou l’autre rendre le tablier ou plutôt la table des comptes. Il se raconte qu’il vous arrive d’y penser dans de brefs moments de lucidité. On vous prête même l’idée de préparer un “Gendre” celui qui depuis quelques temps défraye la chronique autant par son hyperactivité que par sa boulimie affairiste. Selon certaines thèses, de tous les requins prétendants ce “Jouvenceau Gominé” offrirait l’avantage d’un profil “consensuel” et pourquoi pas “rassembleur” et donc le plus à même de sauvegarder le butin et de prévenir les éventuels règlements de compte entre les clans rivaux.

Sachez, Monsieur le Président, que si c’est bien là votre option elle risque de se révéler un fiasco retentissant. Rappelez-vous ce dialogue sous les remparts de Kairouan entre Ali Pacha et son oncle Hussein Ben Ali le fondateur de la dynastie qu’il s’apprêtait à tuer :

” Ali Tu veux me tuer alors que je suis ton oncle. Tu as été circoncis sur mes genoux”

” Je sais mon Oncle mais le pouvoir est stérile”.

Non seulement il est stérile mais il n’a ni cœur ni lien de sang…

Imaginez Sakhr El Materi au pouvoir, conseillé par ceux là même qui vous flattent aujourd’hui et probablement renforcés par des éléments tout droit venus d’un long exil londonien. Nous prenons le risque de soumettre à votre méditation ce scénario d’un massacre annoncé.

1. Il divorce de votre fille Nesrine illico presto pour convoler avec une Beldia aux normes de Radio Zitouna. Les antécédents historiques sont trop vivaces dans la mémoire collective pour ne pas y penser. Bourguiba l’a fait. Vous l’avez fait ; (question de bégaiement de l’histoire…) ;

2. Il fera abroger à l’unanimité les textes que vous avez eu la prudence (ou l’imprudence) de promulguer pour garantir aux vôtres impunité et privilèges. Parions que ce sera fait par ces mêmes députés que vous avez désignés vous-même (question de principe et de bonne gouvernance !!!…) ;

3. Il dépouillera toute votre progéniture vos 5 filles, Mohammed Zine El Abidine sa mère Leila ainsi que tous les membres de vos clans de la totalité de ce qui été accumulé pendant les deux glorieuses décennies : populisme oblige ; (question de justice et de restitution de biens mal acquis !!!…)

4. Il évacuera par tous les moyens légaux et illégaux que vous avez vous-même utilisés tous les associés de « Groupe Princesse » dont votre fils et les traduira probablement en justice ; (question de voracité et de cupidité…) ;

5. Il traduira en justice également Leila Trabelsi et les membres de sa famille pour se dissocier définitivement d’une famille synonyme de kleptocratie honnie par la population. Il fera instruire les dossiers d’accusation par les actuels Ministres de l’Intérieur et de la Justice s’ils sont encore en postes, ou par leurs successeurs. Ne vous faites aucun souci à ce sujet ; (Question de piété et de référence à la Chariâa !!!…)

Cette hypothèse de Sakhr El Mareri successeur et du jeu de massacre qui s’en suivra ne déplaira pas outre mesure à l’ensemble des tunisiens. Leur crainte serait la régression que leur imposera ce petit Salafiste new look aussi ambitieux que pressé .

Monsieur le « Président »,

Il est établi et l’histoire l’a toujours prouvé qu’un félon fils de félon ne tient jamais ses promesses encore moins ses engagements. Pour vous dire que vous n’êtes pas sorti de l’auberge. Vous vous êtes piégés vous-même. Il vous reste une seule voie de sortie, empruntez-la.

Quittez le pouvoir à la fin de votre mandat. Exilez-vous loin, très loin . Profitez d’un peu de quiétude durant les années qui vous restent à vivre. Sauvez votre famille avant que le piège à rats « Sakhr El Materi » ne se referme sur eux.

Touansa Responsables

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