Musulmans sunnites et chiites lors de la prière du vendredi commune à Beyrouth. EPA/NABIL MOUNZER

الصراع… Quel est le terme le plus approprié pour le traduire?

Je voulais commencer directement par en parler, mais l’impression est telle que le mot le plus approprié en français m’échappe… Conflit? Non, trop violent… Lutte, affrontement ??? Finalement, je crois que je vais opter pour “la discorde sunnite-chiite”. Sauf que lorsqu’on y pense, c’est comme si je me cachais derrière mon petit doigt!

Malheureusement, il faut l’avouer, c’est un conflit.

Les conflits infra-libanais évoluent quand même de manière absurde : Ils ont commencé par le conflit chrétien-musulman, à partir du mandat français jusqu’aux années 80. Les conflits infra-chrétiens et infra-musulmans ont repris le dessus à un moment donné. Dans les années 90, le conflit était officiellement terminé, mais traînait de façon latente à travers les difficultés économiques par lesquelles nous passions. Parallèlement, en Irak, la guerre avec l’Iran et les épurations ethniques kurdes et chiites étaient des catalyseurs indirects pour la reprise des violences au Liban. Nous pouvons même revenir à la période instable des années 50 et 60 pour expliquer certaines mouvances au Liban. Un ancien Président de la République Libanaise a bien dit: “La stabilité du Liban dépend de la stabilité de l’Irak”. C’était en 1958, l’armée irakienne avait renversé la monarchie de Faysal…

Un conflit, des jeunes qui s’arment, qui se préparent, qui construisent des murs de séparation, psychologiques, culturels, religieux.

Je peux commencer mon post maintenant.

Le mois de Mai a vu les troubles civils les plus violents depuis la fin de la guerre en 1990. A la suite de deux décisions controversées du gouvernement, l’opposition a bloqué les axes essentiels du pays, spécialement l’axe menant à l’aéroport international. Les actions se sont propagées en violents affrontements dans certains quartiers de Beyrouth, et dans certains villages du Mont-Liban et le Nord.

Pendant 10 jours durant, le pays était sous le traumatisme et la paralysie de toutes les activités économiques et sociales. Notre projet à l’ONG a été touché par cette crise. Dans les villages où je travaille à Akkar, certains affrontements directs ont même eu lieu. C’est le cas de Bireh, où des affrontements partisans Mustaqbal avec le PSNS (Parti socialiste nationaliste syrien) et beaucoup de jeunes ont été blessés. Egalement, à Miniyeh, nous avons observé la distribution d’un grand nombre d’armes et de combustion des pneus par les jeunes.

Les jeunes étaient censés avoir commencé à mettre en œuvre leurs plans d’action d’ici le début de Mai, surtout que leurs examens ont lieu à la mi-juin. La crise a arrêté l’évolution de projets pendant environ deux semaines entières, ce qui a créé un obstacle pour l’évolution positive du projet.

À la suite de ces collisions, un phénomène nouveau est apparu dans les comportements des jeunes. Les jeunes sont les réservoirs principaux de cette crise. Certains jeunes Libanais étaient partagés; armés et ont combattu les uns les autres pour un autre motif ou cause, et les deux camps ne réalisaient pas que les conséquences allaient être désastreuses. Les gens s’entretuaient… Le résultat était la mort, citoyens blessés, la destruction et les traumatismes psychologiques.

Les affrontements ont causé la mort de dizaines et des centaines de blessés. Mais les dommages qui apparaissent dans les équipes de jeunes ont principalement été ressenties sur un plan psychologique.

Les traumatismes psychologiques ont été les principaux facteurs qui ont touché les mentalités et la conscience du peuple libanais par différentes manières:

• fanatisme sectaire
• Avis rigides non-réconciliateurs
• Crainte suivie par la haine de l’autre.

Ces facteurs ont démoralisé la plupart des jeunes et détruit des alternatives non partisanes pour un activisme progressiste et non-violent. En outre, ceci a directement touché leur motivation et leur enthousiasme dans la création d’un changement dans leurs communautés locales.

Nos jeunes à Akkar, le 24 mai 2008:

Mohammad, 18: Je n’aime pas la guerre, mais ils l’ont voulue lorsqu’ils ont commencé à Beyrouth. La façon dont le conflit a évolué m’a fait penser que les personnes qui ont été massacrées à Halba méritaient la mort. Ils ne méritent même pas notre pitié.

Mohammad, 20: En réaction à ce qui se passait à Beyrouth, j’ai rejoins mes amis qui brûlaient des pneus dans la rue. J’étais content parce que j’ai eu l’opportunité de tenir un revolver.

Nazim, 23: J’avais peur qu’une guerre civile n’éclate. Notre maison était menacée et j’ai du dormir sur le toit avec une arme. Dans des situations pareilles, on s’en fout même de la situation économique. Lorsque ton leader politique te demande de faire quelque chose, tu obéis tout simplement à ses ordres, sans penser aux conséquences.

Mazen, 27: J’ai été insulté en tant que Sunnite, et je ne me sens plus Libanais. C’était un conflit purement Sunnite-Chiite, et une humiliation complète pour les Sunnites. Pour le massacre de Halba, je suis évidemment contre ce genre d’actions, mais ce sont eux qui ont commencé.

Abir, 30: Les Sunnites de Beyrouth ont eu la trouille, ils avaient besoin du courage de nos hommes du nord et de Akkar. Je suis sortie au balcon et j’ai commencé à crier: “Où sont les Sunnites forts? Ils devraient descendre à Beyrouth tout de suite!”. Les Libanais ont perdu leurs valeurs, le speech de Gebran Tuéni est perdu. On pouvait s’y attendre, les Chiites se préparaient à casser l’accord de Taëf.

Quoiiiii ? Mais qu’est-ce que tu racontes ????? Vous vivez dans le même pays ? C’est possible ???

Des fois, il vaut mieux ajouter ce genre de citations et se taire.

Source : Blog La Pétillante

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