Tout un océan qui sépare deux rives et deux mondes.

En ces jours, comme à chaque été, au moment où les avions et les bateaux de croisières traversent la méditerranée du nord vers le sud transportant les européens qui vont passer des jolies vacances sur des belles plages aménagées exclusivement pour eux, des pirogues, des recoins les plus insolites des dessous des poids lourds et d’autres moyens de transport les plus étranges et sûrement les plus précaires et les plus périlleux vont dans l’autre sens du sud vers le nord transportant des jeunes désespérés à la recherche d’une vie meilleure sous d’autres cieux plus cléments. Ainsi du moins le pensent-ils car la vie dans leur propre terre est devenue tout simplement impossible.

Les premiers sont accueillis avec tous les égards dans les ports, les aéroports et les lieux de vacances de plus en plus luxueux, par les « professionnels de haut niveau et de grandes qualifications» du secteur, les seconds quand ils ne sont pas naufragés, éjectés d’entre les roues du véhicule sur l’asphalte morts d’exténuation ou asphyxiés dans les soutes ou dans un container de l’un de ces bateaux commerciaux qui venait de faire escale dans l’un des ports de la rive sud, ils sont accueillis par les professionnels, non pas pour les conduire dans des cars climatisés vers les luxueux hôtels, mais dans des camps, presque de concentration, pour être identifiés, photographiés de face et de profil et finalement expulsés à jamais de tout l’espace de Schengen, l’eldorado de notre époque. Et afin que ces mesures soient efficaces, les autorités des pays du nord comme l’Italie, la France ou l’Espagne, dans le cadre et avec le concours de toute la Communauté Européenne, ne cessent de faire des découvertes terrifiantes.

Ainsi ces « émigrés illégaux » vont être invités à séjourner dans ces camps un temps bien calibré, entre 12 et 18 mois, pour être le plus profondément marqué dans leur être et ne penseraient plus jamais à récidiver. Un paquet de lois est déjà en application et d’autres sont en cours d’être débattues dans les différents parlements européens d’un côté et dans le parlement commun de Strasbourg afin d’assimiler l’immigration illégale au terrorisme. D’ailleurs cette vision qui donne du frisson dans le dos a tendance à s’étendre de manière assez subtile à l’immigration légale sous prétexte d’encourager les immigrants qui « n’ont plus de travail ou n’en trouvent plus » à regagner leur pays d’origine moyennant des subsides…
Les italiens accueillent chaque année entre 20.000 et 30.0001 de ces damnés. La plupart arrivent par la Sicile et l’île de Lampedusa. D’autres sont attrapés en Calabre à Pugila et en Sardaigne. Autant, ou beaucoup plus, sont attrapés en Espagne du côté d’Almeria, d’Algésiras, dans les alentours de Malaga ou de Cadix ainsi que dans d’autres différents points de la Costa del Sol. Pour les toutes dernières années on estime que le nombre des naufragés en Méditerranée se situe à plus de 10.000. Pourtant aucun des régimes en place ne s’est senti concerné et encore moins n’a jamais ouvert la moindre enquête sur ces innombrables et affligeantes disparitions en mer ou sur les routes. Alors qu’un seul touriste occidental qui se perdrait au cours d’une excursion pittoresque, quelque part dans les dunes du désert, provoque immédiatement la réunion d’un cabinet de crise au niveau de toute l’Union Européenne en séance continue jusqu’au dénouement final et que la personne perdue soit retrouvée saine et sauve.

M. Sarkozy lors de l’affaire de vol d’enfants africains dissimulée en opération humanitaire par l’organisation « Arche de Zoé » l’a bien dit : « Ça importe peu ce qu’aurait fait un français, ou un européen, je m’engage à le ramener à la maison où qu’il pourrait se trouver perdu ou détenu. » Des dires aux faits, monsieur Sarkozy est allé lui-même au Tchad pour ramener les détenus qui étaient des français et des espagnols. Ce sont là deux images bien éloquentes sur ce qui se déroulent entre les deux rives. Ce n’est qu’un entre une multitude de contrastes entre le nord et le sud de la Méditerranée mais qui marque bien, non pas une complémentarité quelconque, comme se plaisent souvent à le faire croire sournoisement, surtout, les intellectuels du sud aux services des dictateurs, mais des terribles réalités qui mettent les deux rives aux antipodes l’une de l’autre. C’est tout un océan qui sépare les deux rives à tous les niveaux.

De la Déclaration de Barcelone à l’UPM, le but reste le même de toujours : la conquête.

Pires que les retombées catastrophiques d’une guerre.

Organiser des conférences et des sommets politiques à haut niveau entre le nord et le sud de la Méditerranée, dans l’une ou l’autre des capitales occidentales, c’est devenu presque un rituel. Bien sûr qu’il vaut mieux avoir affaire à des conférences qu’à des guerres mais les craintes d’une guerre par d’autres moyens sont amplement justifiées. Bref au moment où les européens arrivent de plus en plus bloc institutionnellement, politiquement et économiquement en parfaite cohésion, et, surtout de plus en plus puissants et riches, les « dirigeants » du sud, accrédités erronément comme les représentants légitimes de leurs peuples respectifs arrivent, de leur côté et à chaque fois, avec plus de conflits entre les uns et les autres, institutionnellement, politiquement et économiquement, en parfaite dispersion et surtout plus affaiblis et plus pauvres. Aucun n’a des relations normales avec son voisin. La Tunisie est en constante « mauvaise humeur » avec l’Algérie et la Libye. L’Algérie à son tour maintient son « bras de fer » avec la Tunisie, le Maroc et tous ses voisins africains du sud sahélien. Ce n’est pas fini. Les dirigeants algériens, tout compte fait, se sont décidés, à l’instar des saoudiens du Golfe, à s’entourer d’une nouvelle muraille de Chine de plus de 6.000 kilomètres, version moderne avec des caméras de surveillance électronique et de la haute technologie. Un marché de plus de 60 milliards de dollars.
Quant au Maroc ou plus exactement le roi Sidi Mohammed VI qui se sent plus atlantiste que méditerranéen, il vient d’être récompensé pour abriter sur le sol du Maroc – à titre de renfort supplémentaire dans son combat pour l’annexion du Sahara – l’Africom2, a fermé depuis très longtemps « ses frontière » avec l’Algérie et ses relations avec la Mauritanie sont au beau fixe. Quant à la Libye, qui est devenue le royaume de la famille Kadhafi, un nouvel émirat ou une nouvelle ferme privée au Maghreb, ses relations avec son voisinage arabe ou africain se passent de commentaire.
Et comme d’habitude, le colonel a joué à la brebis galeuse et n’a pas donné suite à « la dernière invitation » du président français pourtant son plus récent « ami ». Décidément les amitiés du colonel sont faites de feux de paille. Il ne s’est pas rendu à Paris ni pour la réunion du 13 juillet ni pour assister aux grandes festivités du 14 juillet français. Il interprète ainsi le sentiment légitime des peuples de la région qui rejettent – sans le moindre doute – ce genre de rassemblement, mais il le fait comme dans tous les autres sujets vitaux, pour le vider de son contenu. Autrement dit son refus de faire le voyage à Paris constitue une vérité mais dite par un imposteur ce qui la vide de toute sa substance.

Pour ce qui est de l’Égypte elle est, depuis l’arrivée accidentelle, il y a presque trente ans de ça, du général Moubarak au pouvoir, aux aguets pour profiter de toutes malédictions qui tombe du ciel sur l’une ou l’autre des régions arabes, comme par exemple, un embargo ou une invasion occidentale en bonne et due forme. Moubarak et ses hyènes ont largement profité de l’embargo contre la Libye durant les longues années 80. D’ailleurs certains « tunisiens » ont en aussi profité de la même aubaine et ont démontré leurs caractéristiques d’impitoyables rapaces. Par la suite Moubarak et ses hommes d’affaires vont profiter de toutes les calamités qui se sont abattues sur l’Irak durant les années 90 et finalement de son invasion qui dure toujours. Ils se préparent en ce moment pour en faire autant avec le Soudan. Et Dieu sait ce que lui réservent M. Sarkozy et les américains.

Et toujours sans sortir de la Méditerranée, une fois les liens coupés avec le Liban et expulsée, grâce ou en vertu de la résolution du Conseil de Sécurité numéro 1559 de ce pays, la Syrie s’est retrouvée isolée n’ayant plus ni dans l’Égypte, ni dans les autres états arabes plus aucun allié, elle s’est tournée vers l’Iran. Quand au nœud gordien et la principale source de toutes ces lamentables situations dans lesquelles se trouvent les peuples arabes de la rive sud de la Méditerranée est – sans le moindre doute – le cas de la Palestine ou ce qui en reste. Cette question nécessite de toute manière un article à part.
Le ministre égyptien des affaires étrangères, Monsieur Nadhif, a parfaitement et mieux que quiconque résumé l’esprit général de plus en plus nocif et plus renégat qui règne dans les milieux de tous les dirigeants de la région en définissant, entre autres, ce que veut dire la tangibilité des frontières interarabes en déclarant : « Si les palestiniens traversent le mur de Rafah qui sépare Gaza de l’Égypte on leur brisera les os des jambes.» Ce n’est pas dans le sens figuré, mais dans le sens littéral de l’expression que ce monsieur parle. Et personne n’en doute d’ailleurs. Il est probable que les frontières, pourtant des murs d’acier infranchissables pour tout ce qui est étranger à la Communauté, tomberaient avant les frontières entre les pays du sud de la Méditerranée ou les frontières entre deux «fermes privées » arabes. En effet tous les dirigeants arabes actuels se comportent dans chacun des pays, émirats, sultanats ou royaumes en tant qu’authentiques propriétaires de fermes avec héritage garanti pour leurs propres descendances.

Dans ce contexte interarabe on dirait que nos voisins du nord de la Méditerranée semblent nous indiquer leur bon chemin du passé à suivre. Le leur, celui de leurs propres guerres, celles qui se sont déroulées entre eux-mêmes. Bien qu’il n’y ait aucun élément ou facteur quelconque ayant la moindre similitude avec tous ceux qui ont été effectivement à l’origine de leurs guerres y compris les deux Grandes Guerres qu’ils appellent Guerres Mondiales, première et deuxième. Dans toutes ces régions arabes du sud de la méditerranée, il n’y a aucun motif susceptible de donner pied à une guerre quelconque. Pourtant, comme on l’a vu, l’hostilité entre un régime et un autre a toute les dimensions des retombées catastrophiques d’une guerre. Cette hostilité, est sans arrêt, attisée directement par les régimes en place et leurs acolytes respectifs d’une part, et, en grande partie par les spécialistes occidentaux en la matière, d’autre part. Pires que les frontières terrestres, sont les frontières dans les esprits, grandes œuvres méphistophéliques des experts de part et d’autre.

Le miroir des relations entre le nord et le sud de la Méditerranée.

Aucune conférence n’à jamais apporté la moindre amélioration du sort des peuples du sud de la Méditerranée. Tout à fait le contraire. Et pour cause. Un simple exemple : dans les années 90 le rapport des revenus était de 1 pour le sud, contre 12 pour le nord. Aujourd’hui, dans le meilleur des cas, on se trouve à 1 contre 20 en moyenne, car au Maroc ou en Egypte le rapport se situe à 1 contre 40 ou 60. Et là n’est que la partie visible de l’iceberg car les statistiques et les comparaisons ne signifient rien si on ne les place pas dans le cadre général de la vie. En effet à ce déséquilibre vertigineux, il faut ajouter la précarité dans tous les secteurs fondamentaux de la société telle que la santé, l’alimentation, le logement, les voies de communications, l’éducation et la formation etc. Tous ces secteurs se sont réduits à des privilèges destinés aux minorités à qui, il est vrai, il ne leur manque de rien.
Pour un peu plus de clarté sur cette question, si on comparait les revenus d’une région à une autre de l’Europe ou du monde occidental, les choses ont un sens et les différences, qui existent bien, n’affectent en rien le niveau de développement humain et des conditions de vie qui est pratiquement au même niveau élevé d’un bout à l’autre du monde occidental. Alors que dans les pays du sud de la Méditerranée les choses sont telles que le niveau de vie est remplacé par un haut niveau de corruption tous azimuts, d’injustice, de dégradation de santé, de promiscuité générale, d’humiliation et le tout chapeauté – comme il ne peut être autrement – par une dictature féroce.

Au cours de la première et fameuse conférence de Barcelone du 27 et 28 novembre 1995, on peut lire dans le préambule de la Déclaration le suivant : « Faisant suite aux orientations déjà définies par les Conseils européens de Lisbonne (juin 1992), Corfou (juin 1994) et Essen (décembre 1994) et aux propositions de la Commission, l’Union européenne (UE) a décidé d’établir un nouveau cadre de ses relations avec les pays du bassin méditerranéen dans la perspective d’un projet de partenariat. Ce projet s’est concrétisé lors de la Conférence de Barcelone qui a réuni, les 27 et 28 novembre 1995, les quinze ministres des Affaires étrangères des États membres de l’UE et des douze pays tiers méditerranéens (PTM) suivants: Algérie, Chypre, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité palestinienne…Les participants affirment leur volonté de dépasser le bilatéralisme classique qui a longtemps marqué les relations euro-méditerranéennes. Il s’agit désormais de donner à ces relations une dimension nouvelle, fondée sur une coopération globale et solidaire. Ce cadre multilatéral et durable est fondé sur un esprit de partenariat dans le respect des spécificités propres à chacun des participants. Ce nouveau cadre multilatéral est, par ailleurs, complémentaire d’un renforcement des relations bilatérales…

Ce nouveau partenariat global euro-méditerranéen s’articule autour de trois volets essentiels:

  • Le volet politique et sécurité a pour objectif la définition d’un espace commun de paix et de stabilité;
  • Le volet économique et financier doit permettre la construction d’une zone de prospérité partagée;
  • Le volet social, culturel et humain vise à développer les ressources humaines, favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles. »

Pour tous ces projets « grandiloquents » la somme qui a été déboursée durant la décennie 1995-2005 n’a pas dépassé, dans le meilleur des cas, 20 milliards d’euros. Une somme qui équivaut au budget publicitaire d’une multinationale quelconque. Et comme aucune multinationale ne fait de la publicité que pour récupérer des dividendes multiples, les 20 milliards ont rapporté à l’Union Européenne les dividendes multiples sur le compte des peuples des pays du sud de la Méditerranée. Une preuve est bien dans ce rapport des revenus qui augmentent au nord et en même temps dégringolent au sud. C’est le miroir parfait de ces relations entre le nord et le sud de la Méditerranée. Elles sont inacceptables.

Les conquêtes à distance.

Avec le temps tous les volets cités plus haut se sont évaporés. Ils ont été tous remplacés par un seul volet mixte : Celui de la guerre contre le terrorisme et l’immigration illégale. Il est vrai que les élites respectives dans les pays du sud ont mis à profit, à longueur de cette décennie et jusqu’à nos jours, cette situation où le libéralisme occidental le plus barbare a fait irruption dans tous les secteurs économiques vitaux et se sont remplis – dans le sillage – les poches comme jamais auparavant. Au point de voir les fortunes de certains membres de ces élites dépasser celles de leurs semblables de l’autre rive du nord laissant dans la misère totale la plus grande partie de la population.

Et ainsi quand en Occident en général et dans les pays européens, riverains ou non de la Méditerranée, en particulier, le moteur de l’économie est constitué par l’industrie, les recherches scientifiques, les technologies de pointe civiles et militaires et un développement agricole constant, le moteur de l’économie dans tous les pays de la rive sud, c’est-à-dire les pays arabes, est tout simplement le train de vie de leurs élites. Tout autre semblant industriel, agricole ou autre, reste ce qu’il est ; un semblant. Toutes les relations commerciales avec les pays européens constituent, aussi ahurissant que cela puisse paraître, un transfert colossal de richesses du sud vers le nord. Il s’agit de la nouvelle forme de pillage : Les conquêtes à distance.

Donc la Déclaration de Barcelone prouve, si besoin est, que les fondements essentiels de l’esprit occidental sont immuables et sont très peu enclin à la philanthropie ou à l’altruisme. Par conséquent il n’y a que les naïfs ou les opportunistes qui s’attendraient de l’Occident à un comportement différent. Logiquement personne n’est en droit de reprocher aux occidentaux d’être voraces et d’avoir une soif insatiable de domination de l’autre et de conquête continue. C’est leur nature plus effrénée que jamais. Il a fallu dix ans pour signer la mort de cette Déclaration. C’est plus ou moins le temps nécessaire pour qu’un fait accompli devienne irréversible. Un fait accompli au détriment des arabes et à l’avantage de l’Occident. Toutes les conférences et les sommets qui ont réuni dans le passé les dirigeants arabes et ceux de l’Europe se sont soldés de la même manière. Pourtant à chaque fois qu’il s’est agi d’un pays européen, surtout depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, les fonds ou les plans Marshall milliardaires pour arracher l’un ou l’autre de ces pays de son retard n’ont jamais fait défaut.
En effet la même Espagne qui a abrité cette fameuse conférence de Barcelone s’est vue pleuvoir des centaines de milliards d’euros sans arrêt. Le robinet des fonds de restructuration ou structurels de l’Europe vient de se fermer pour l’Espagne pour s’ouvrir sur tous les pays de l’est européen. À présent l’Espagne n’a plus besoin d’aide. Elle vole avec ses propres ailes. Elle est devenue une puissance, surtout militaire. Ses troupes sont déployées, de l’Afghanistan à Haïti en passant par le Liban méditerranéen, dans plus de vingt points du globe. Et selon le gouvernement de ce pays, elles s’y trouvent – comme les autres troupes françaises, américaines ou occidentales en générale – pour des raisons strictement « humanitaires ». Ceci soit dit en passant.

Un autre exemple plus récent, la Roumanie qui compte un peu plus de vingt millions d’habitants et dont le traité d’adhésion à la Communauté européenne est entré en vigueur le 1er. Janvier 2007 bénéficie déjà, à titre de première tranche, de fonds de restructuration générale de 32 milliards d’euros. Le robinet pour les pays de l’Est européen coule à flot. Et le plus important, beaucoup plus important que les milliards destinés à moderniser, dans le vrai sens du terme, toutes les infrastructures dans ces pays, toutes les portes des sciences et des technologies leur sont ouvertes sur leurs deux battants. Combien sont-ils les enfants du sud de la Méditerranée de hautes formations scientifiques dans tous les domaines se trouvent-ils hors de leurs pays pour servir les intérêts occidentaux ? – Des milliers, des dizaines de milliers ou plus. Et le plus grave c’est que l’Europe en a besoin de plus. Le même Sarkozy n’a pas caché son point de vue là-dessus. Il a donné l’ordre à ses ministres et particulièrement son ministre de l’Identité et de l’immigration, M. Hortefeux de passer à la chasse des cerveaux et uniquement des cerveaux dans le sens sud-nord et de la de la « racaille » dans le sens nord-sud.

De l’UMP à l’UPM : La confusion est servie.

Il a fallu donc l’arrivée de l’hyperprésident français M. Sarkozy pour donner pour morte de la Déclaration de Barcelone et d’inventer une nouvelle illusion pour abuser des pauvres foules arabes pour une nouvelle décennie. Les rôles étaient bien répartis d’avance. Madame Merkel, la chancelière d’Allemagne, s’est fâchée avec son ami Sarkozy pour avoir au départ restreint son jeu aux états européens riverains de la Méditerranée. Ce qui l’a poussé à faire marche arrière et corriger : Aujourd’hui par états européens riverains de la Méditerranée s’entend toute l’Union européenne y compris la Lettonie, l’Estonie et tous les pays de la mer Baltique. Les espagnols ont aussi protesté à leur tour un petit moment pour essayer de garder Barcelone comme capitale de la nouvelle union. Ces gesticulations et ces faux mécontentements qui ont surgi d’un côté ou d’un autre sont parfaitement prévus dans le scénario. Qui ne pleure pas assez fort tétera moins. Mais au fond tous sont d’accord sur la vache à traire et sur la qualité exquise de son lait. Finalement ils seront plus d’une quarantaine de dirigeants, européens et leurs « homologues » des pays arabes du sud de la Méditerranée qui se sont réunis à Paris le 13 juillet et ont fondé l’UPM. Avec tant de monde autour de lui le jour suivant, pour un 14 juillet exceptionnel, jamais l’étoile de M. Sarkozy ne peut mieux rayonner. Si UMP, les sigles de son parti politique lui ont permis d’atteindre l’Élysée, les mêmes sigles, mais dans le désordre, réel et figuré, pourraient en faire de lui un nouveau Napoléon. D’ailleurs les confusions chez l’hyperprésident français ne s’arrêtent pas seulement au niveau politique, elles passent allègrement du côté institutionnel au côté physique. La paranoïa du personnage est patente.

Une fois l’euphorie passée certains ont qualifié cette invention de monsieur Sarkozy comme un projet confus et vide de tout contenu et n’apporte de solution à aucun des gros problèmes de la région. D’autres, surtout dans « l’intelligentsia de l’establishment arabe » de la rive sud de la Méditerranée ont applaudi des deux mains et ne cessent depuis de décrire, de publier et de diffuser « les projets grandioses » qui ne sont contenus que dans leur imagination. Pour « M. Manuel Durao Barroso3, le Président de la Commission Européenne et l’homme toujours souriant, cette fois-ci c’est pour de bon, l’UPM ouvre la voie à une authentique intégration régionale, écrit S. Naïr et met la Méditerranée au centre de la géopolitique européenne. Ni plus ni moins. » Il a bien dit cette fois-ci c’est pour de bon. Pour toutes les autres fois ce n’était que des essais ! – On vous croit M. Barroso.

« Pour Monsieur Sarkozy de toujours dont la vision superlative, ajoute toujours l’auteur, de tout ce que lui-même se propose est dorénavant légendaire et jamais démentie, il s’agit d’un succès total : « Nous avons tous rêvé de ce jour. À présent UPM est une réalité. » Mais s’il vous plaît ! Au-delà de la rhétorique presque rococo sur la Méditerranée qu’est-ce qu’il y a au fait ? – Décontamination de la Méditerranée, construction des autoroutes de la mer afin de faciliter les échanges commerciaux et augmenter le flux et la libre circulation des personnes. Mettre en marche un programme commun de protection civile et pour faire face aux catastrophes naturelles. Un plan de développement de l’énergie solaire. Construction d’une université euro-méditerranéenne à Portoroz en Slovénie. Le développement des échanges des étudiants etc.

Bref tout ce qui est contenu dans les programmes de l’Union Européenne… Ça parait beaucoup de choses à la fois mais bien vague et sans aucun effet sur les défis auxquels s’affrontent les pays du sud. Et le plus flou encore reste les moyens pour financer ses projets. Bien que MM. Sarkozy et Moubarak se rejoignent pour dire qu’il ne s’agit pas d’une question d’argent mais plutôt d’une question de confiance et de stabilité. En tout cas l’Union Européenne semble être plus claire à ce sujet, elle ne financera que quelques uns de ces projets, ceux déjà en cours comme le plan de l’énergie solaire… L’UPM, selon toujours le même auteur, n’apporte de solution à aucun des grands défis qui sont :

  1. Pour la problématique de la paix au Moyen Orient [méditerranéen], l’UPM n’apporte aucune solution. Les israéliens et les arabes [L’auteur se réfère aux dictateurs arabes] savent que tout dépend de la nouvelle Administration Américaine.
  2. L’organisation de circulation migratoire, objet de réclamation permanente des peuples du sud…
  3. Enfin le développement économique, social et démocratique des pays de la rive sud. Tout le monde sait que la situation actuelle dans ces pays est très grave. Bien que les investissements privés soient absurdement rares, ont légèrement augmenté ces dernières années et sont en provenance des pays du Golfe ou asiatiques. Et en plus ils se concentrent au Proche Orient et sont dirigés vers des secteurs très peu créateurs d’emplois. De manière générale, tous les investissements de l’Europe dans les pays du sud de la Méditerranée n’arrivent même pas à 5% de ses investissements directs (IDE) à l’étranger. Madame Merkel a affirmé que rien ne change dans ce cadre. Et sans avoir à évoquer la situation sociale et politique dans tous ses détails dans les pays du sud, il reste clair que sans démocratie il n’y aura pas de développement.

En réalité, écrit le professeur Naïr4, ce déploiement médiatique massif apparait comme le résultat inévitable d’une initiative improvisée, sans cohérence stratégique qui a débouché sur un rideau de fumée destiné à dissimuler l’échec de la première initiative, version française, car M. Sarkozy voulait une UPM, pour garder la Turquie hors de l’UE et en même temps donner aux pays arabes l’impression que la France s’occupent aussi d’eux dans le cadre de l’ouverture de l’ampliation dirigée vers les pays de l’est… De toute manière, termine l’auteur son analyse, les sceptiques peuvent continuer à lire la grande œuvre de théâtre de Shakespeare Much ado for nothing. » (Beaucoup de bruit pour rien)

En tout cas pour ce qui concerne le projet de l’énergie solaire, il ne contient rien de nouveau. Officiellement c’est un projet commun algéro-allemand ou plutôt allemand en Algérie qui ambitionne à construire des milliers de plaques solaires gigantesques et ramener l’énergie cumulée par un câble de trois mille kilomètres de la région d’Adrar en Algérie jusqu’à la ville d’Aix-la-Chapelle ou Aachen en Allemagne. Tout comme les généraux en Algérie exportent l’hydrocarbure, on prétend dans la presse algérienne que l’Algérie s’apprête à présent à exporter l’énergie solaire.

On a déjà donné une enseigne « nationale » à cette grande affaire commerciale. On parle de la NEAL : New Energy Algeria. Le secrétaire de l’énergie à Alger aurait déclaré lors d’une conférence de presse que la production sera de l’ordre de 169.440 TWH soit cinq mille fois la consommation de toute l’Algérie ou soixante fois la consommation de l’Europe des 15. Et sans sourire le responsable algérien a même ajouté que plus d’un millier de foyers algériens dans le grand sud bénéficie déjà de l’énergie solaire ! On n’ignore quelles sont les raisons qui ont poussé le secrétaire à faire allusion à ce millier de bénéficiaires et n’a pas dit un seul mot sur la possibilité de faire bénéficier un peu plus de foyers algériens par exemple ou le reste des foyers maghrébins. Inutile de lui poser la question. Ça se comprend.
Le câble partira de la ville d’Adrar, vers la Sardaigne puis toute l’Italie, la Suisse et finalement l’Allemagne. Le quotidien d’Oran5 qui a publié ces informations n’a pas dit que le câble passe par la Tunisie. N’importe quelle ville européenne, même de la mer Baltique est beaucoup plus proche des dirigeants algériens qu’une ville arabe. D’ailleurs la même conception est valable pour tous les autres dirigeants arabes qu’ils soient de la rive sud de la Méditerranée ou du Golfe. N’importe quelle ville occidentale est plus proche pour eux qu’une ville arabe quelconque. La nature des dirigeants arabes si elle n’est pas constituée des mêmes composantes de celle occidentale, elle est son complément nécessaire et obligatoire.

Les organisations radicales face à la barbarie.

Le directeur du quotidien Alquds Al Arabi édité à Londres a, de son côté, consacré son éditorial du 12 juillet au même sujet et a écrit : « Tout au long de l’histoire, le dialogue entre les peuples de la Méditerranée et leurs dirigeants s’est déroulé souvent à travers, l’arc et la flèche, le glaive et le canon. Ainsi se sont maintenues les choses jusqu’au milieu du 19ième siècle quand tous les pays du sud sont finalement et directement colonisés par les français, les italiens et les anglais. Aujourd’hui ce qui pointe à l’horizon n’en est rien d’autre qu’une nouvelle stratégie pour atteindre le même but de toujours, bien que les moyens employés – dans leur partie visible au moins – paraissent obéir à des critères civilisés… M. Sarkozy, en se tournant vers le sud, cherche à renforcer le poids et le rôle de la France au sein de l’Union Européenne et dans le monde, tel qu’elle le fait Mme Merkel pour les mêmes raisons en se tournant vers les pays de l’Est et en leur facilitant l’entrée dans la Communauté et tout le reste. Les dirigeants des pays arabes et particulièrement ceux du Maghreb, qui ont été les plus prompts à répondre à l’appel de l’oncle Sam français, ont tous échoué gravement dans la construction et dans la constitution d’un rassemblement régional, amen d’assurer et de veiller sur les intérêts des peuples.
Leur empressement dans ces circonstances – à travers lesquelles, ils escomptent en tirer quelques profits – reste parfaitement conforme au complexe profondément ancré dans leur être. Le complexe du débile colonisé vis-à-vis de son maître le colonisateur. Comment peut-on s’attendre de cet ensemble de pays maghrébins, qui malgré tous les facteurs de réussite comme leurs peuples homogènes, leur confession à la même foi et une histoire commune de soumission coloniale, ont échoué dans la coopération, la complémentarité entre eux-mêmes en supprimant les obstacles frontaliers et douaniers, pour constituer un bloc unique capable de leur permettre de traiter sur un même pied d’égalité avec leurs voisins du nord ? – Comment ces pays vont-ils réussir dans une nouvelle intégration économique et politique avec des pays et des peuples qui leur regardent avec dédain et les considèrent comme la source de tous les malheurs en commençant par l’immigration pour terminer avec le terrorisme ?

– On ne peut pas s’opposer à une coopération entre les pays du sud et les pays européens du nord de la Méditerranée, mais à condition qu’une telle coopération soit basée sur un même pied d’égalité et qui sauvegarde les intérêts des deux côtés sans aucun complexe de supériorité qui insuffle la même équation de toujours, celle des maîtres et des esclaves. Mais tout ce qu’on constate en ces temps n’est autre qu’une vision européenne de dédain envers le sud qu’on ne considère que comme un fabuleux trésor commercial, [de matières premières indispensables] et de mains d’œuvre. Toutes les occasions sont bonnes pour se partager le butin… Nous aurions souhaité voir les dirigeants de ces pays [du sud de la Méditerranée] avant d’accourir à Paris pour participer aux cérémonies du mariage méditerranéen de M. Sarkozy, avoir bien étudié le cas de la Turquie et avoir tiré les conséquences de son expérience.

En effet la Turquie a bien éliminé le foulard, s’est bien rasée les moustaches et la barbe, a abolie les sanctions dans le droit islamique y compris la peine capitale, a construit des institutions réellement démocratiques, a réalisé des progrès économiques indéniables et malgré tout elle se trouve toujours au même stade de simple postulant au titre de membre de l’Union Européenne. Pourtant la Turquie avait adhéré à l’OTAN de très bonne heure, au moment où la plupart des pays européens de l’Est qui ont été intégrés récemment au Club Européen étaient des membres du Pacte de Varsovie, l’Organisation ennemie de l’OTAN, l’autre acteur principal dans la guerre froide… Il n’y a pas de doute sur le fait que l’Europe a un grand besoin des pays arabes et islamiques (La Turquie et l’Albanie) méditerranéens, beaucoup plus que ces derniers [n’ont besoin de l’Europe telle qu’elle est hypocrite, cynique, arrogante, conquérante et despotique envers les autres peuples non européens. Ses caractéristiques de tous les temps.]

Tous ces pays constituent la moitié de la population de cet ensemble. Ils constituent un énorme marché pour les produits européens tout comme ils possèdent des considérables réserves de pétrole et de gaz (L’Algérie et la Libye) qui sont de grand besoin pour l’Europe et dont elle ne peut s’en passer. Et au-dessus de tout, dans les pays du sud se trouvent effectivement les deux facteurs majeurs qui menacent la stabilité en Europe et qui sont l’immigration et le terrorisme. Et sans le concours réel des pays du sud dans ce domaine, l’Europe pourrait s’exposer à l’instabilité et à un champ de guerre. Peut-on imaginer un instant quelle serait la situation en Europe si les pays du sud ferment les yeux et laissent passer toute l’immigration propre et celle de l’Afrique vers le nord et cessent de coopérer dans la question de la lutte contre ? – Malheureusement rien n’indique que tous ces atouts entre les mains des pays arabes et islamiques méditerranéens ne soient perçus avec la moindre considération ni de la part de M. Sarkozy ni des autres dirigeants européens à l’heure de choisir entre les pays arabes et islamiques du sud de la Méditerranée et l’État hébreux… »

Dans un article de Robert Fisk publié dans plusieurs journaux6 et traduit en plusieurs langues, sous le titre « Al Qaeda mise en échec ? – Allez demander aux « marines » ce qu’ils en pensent. Il écrit : « Faisant une mise au point de la situation, le chef de la CIA, Michael Hayden, a indiqué, dans une déclaration au The Washington Post, que la situation n’est pas mal du tout. Al Qaeda est stratégiquement mise en échec, en Irak, en Arabie Saoudite [et au Maghreb]. Elle est en repli sur tous les fronts. J’utilise ici le terme « idéologiquement » pour me référer au monde musulman pour dire qu’on est en train d’assister à un retour à la forme originale de l’Islam qui rejette les postulats d’Al Qaeda » (…) Ça fait moins de deux ans une autre déclaration aussi démentielle sur la guerre faite par le général Peter Pace l’étrange président des chefs de l’État Major Conjoint (grâce à Dieu à présent retraité) dans laquelle il affirmait que nous les américains en Irak, nous ne sommes ni en train ni de gagner ni de perdre la guerre. En cela est d’accord aussi le Secrétaire de la Défense de Bush Robert Gates.

James Baker, qui venait de terminer de présenter son aussi propre que désordonné rapport sur l’Irak s’est exprimé (prière au lecteur de ne pas rire ni pleurer) à l’époque en ces termes : Je ne crois pas qu’on puisse dire que nous soyons en train de perdre, mais dans la même mesure je ne peux assurer que nous soyons en train de gagner… Bon, de toute manière nous sommes vraiment en train de gagner. Ou du moins, Al Qaeda est presque (soulignons le mot presque) finie selon Mike Hayden. Suis-je réellement le seul qui pense que toutes ses déclarations sont puériles et je délire dans la folie ? (se demande R. Fisk) – Tant que l’injustice persiste, Al Qaeda gagne. Tant que nous maintenons le nombre de nos troupes multiplié par 22 par rapport à celles des croisés occidentaux dans la région (je crois que mes calculs à ce sujet sont corrects) nous sommes en guerre contre les musulmans. Le désastre infernal du Moyen Orient est en train de s’étendre au Pakistan, en Afghanistan, en Irak, à Gaza et jusqu’au Liban.»

(Les dépêches d’agence de presse dont les bulletins d’informations d’Aljazeera rapportent ces derniers jours que les membres d’Al Qaeda se seraient en train de se replier sur le Maghreb. Se basant sur les mêmes déclarations de Hayden et les autres. On n’a pas employé le terme extension mais repli ! En tout cas ce n’est pas l’avis de R. Fisk) Tant que nous finançons pour un certain temps, une partie des insurgés en Irak pour aller combattre à notre place leurs cousins d’Al Qaeda, tant que continuons à soutenir sans problèmes (ni de conscience ni d’aucune nature) des régimes bourreaux et coupe-tête comme celui de l’Arabie Saoudite, tout cela dû à notre état d’âme et notre enthousiasme pour le Waterboarding, ça n’implique en aucun cas que Al Qaeda soit mise en échec. Cela s’explique par le fait qu’Al Qaeda est une forme de penser et non une armée. Elle s’alimente de la douleur, de la terreur y de la barbarie ; Notre barbarie et oppression. Tant que nous continuons à assujettir et soumettre les musulmans avec les hélicoptères Apache, les chars Humvees, l’artillerie, les bombes et nos amis les tyrans et despotes Al Qaeda a des beaux jours devant elle. (…)

Pour quelles raisons nos troupes se trouvent-elles au Pakistan, en Afghanistan, en Irak, en Jordanie, en Turquie, en Algérie, (Oui en Algérie se trouvent les forces spéciales américaines dans la base de Tamanrasset) au Bahreïn, au Yémen, en Oman, en Arabie Saoudite, au Qatar et en Tadjikistan (Oui de nouveau les pilotes des bombardiers français qui se trouvent dans là- bas à Douchanbé ont pour mission spéciale d’acheminer par voie aérienne à nos garçons en Afghanistan, les fournitures et les approvisionnements nécessaires. Tant que dure ce rideau de fer tout au long du Moyen Orient, nous serons en guerre contre Al Qaeda, et Al Qaeda contre nous. Ce nouveau rideau de fer commence à Groenland et s’étend à travers la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Bosnie, la Grèce et la Turquie. A quoi sert-il ? Qu’est-ce qu’il y a de l’autre côté ? – Évidemment la Russie, la Chine et l’Inde.

Se sont ce genre de questions que nous nous posons et qui ne sont pas assurément du type du The Washington Post que se posent Mike Hayden et ses amis de la CIA. Nous nous évertuons à prêcher pour la démocratie, la liberté et les droits humanitaires mais nous en permettons très peu de tout cela au monde musulman. Parce la liberté que revendiquent les musulmans – le genre de liberté qu’ils n’ont pas est bien celle qui permet à des groupes comme Al Qaeda de se développer – c’est de se libérer de nous-mêmes. Et je crains bien que cette liberté nous n’ayons point la moindre intention de la leur donner.

Mike Hayden peut continuer à penser que le monde musulman « soit en train de revenir à sa forme originale » et rejette « l’Islam d’Al Qaeda, en tout cas on le doute bien fort. Tout à fait le contraire tout porte à croire qu’Al Qaeda se renforce de plus en plus. (…) »

Dans son éditorial du 29 juin dernier, le directeur du journal Alquds faisant une analyse de la situation dans le monde arabe et musulman écrit entre autres : « Les organisations islamiques radicales et particulièrement Al Qaeda vivent leurs meilleurs jours et leur avenir est plus brillant que jamais, car elles n’ont point besoin d’efforts pour diffuser leur idéologie violente ou terroriste, le terrain ne peut s’apprêter mieux. D’autant plus que leur conviction et crédo sont une production locale et non d’importation comme par exemple le marxisme. Il s’agit d’une évidence profondément ancrée dans les esprits et dans les âmes. »

Finalement le « rêve » méditerranéen de monsieur Sarkozy qui est de la même nature que le projet du Grand Moyen Orient conçu par MM. Bush et Blair reste dans les meilleurs des cas un simple rêve. Car tous les ingrédients sont réunis pour devenir un cauchemar. Un cauchemar pour lui en personne d’abord et par la suite pour tous ceux qui sont de son bord.

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