Suite à un article de Sadok Hammami sur Réalités annonçant le lancement du “Portail arabe des sciences de l’information et de la communication“, je suis allé jeter un coup d’oeil, assez rapide je l’avoue, pour voir de quoi il s’agit.

L’idée est bonne et, eu égard à la pauvreté des publications en langue arabe dans ce domaine sur internet, le contenu proposé est respectable pour un lancement. Il semble en effet honorer les ambitions affichées. La rubrique des “archives en ligne” propose la consultation de pas moins de 71 recherches universitaires. A l’instar de celle de نصر الدين لعياضي relative aux “genres de la presse électronique” :

الأنواع الصحفية في الصحافة الإلكترونية:نشأة مستأنفة أم قطيعة؟
(ici le pdf)

ou de عصام نصر سليم traitant des limites de la liberté d’expression au sein des espaces arabes de dialogue sur internet:
حدود حرية الرأي في ساحات الحوار العربي عبر الإنترنت (ici le Pdf)

Évidemment, comme dit précédemment, on ne peut que saluer cette initiative de ce “Portail arabe des sciences de l’information”. Cependant, aussi brillantes que puissent être certaines recherches mises en ligne, demeure le malaise que tout citoyen arabe est en mesure d’éprouver on constatant les écarts entre le discours académique et la pratique quotidienne.

Pour ma part, j’ai toujours été “épaté” par les capacités des universitaires arabes qui enseignent notamment le droit ou le journalisme à faire les grands écarts entre le vécu quotidien et les sciences qu’ils enseignent à leurs étudiants. Et je l’ai toujours été, a fortiori, quand j’observe certains d’entres eux faire des “aller-retour ” entre les Chaires universitaires et les portefeuilles ministériels. Récemment, j’avais regardé une table ronde sur le thème de la liberté de la presse en Tunisie où un jeune journaliste, Aymen Rezgui – très prometteur au demeurant – décrivait justement ce malaise entre ce qui leur a été enseigné à l’université et ce qu’ils vivent au quotidien. Tout ceci pour dire que s’il existe deux disciplines scientifiques qui exigent du chercheur une part de militantisme, c’est bien celle du droit et du journalisme. Certains diront que cette part de militantisme altère au caractère scientifique des travaux. C’est sans doute vrai. Mais à un moment donné, le besoin de crédibilité du discours scientifique exige cette part de militantisme pour défendre les finalités de la science que l’on prodigue. Sinon à quoi servirait-elle ?

Alors souhaitons que ce nouveau Portail contribue non pas uniquement à la diffusion d’une science devenue stérile dans nos pays arabes, mais également à restaurer cette crédibilité perdue, et ce, par une part de militantisme en faveur de la finalité même de la discipline objet du site.

 


Canal du Dialogue Tunisien éd. 152 du 7/05/2008.
A voir les propos désabusés d’ A. Rezgui…


 

La page de présentation du Portail arabe des sciences de l’information …
L’article du Rédacteur en chef du Portail arabe des sciences de l’information sur Réalités

Astrubal, le 14 mai 2008
http://astrubal.nawaat.org
http://www.nawaat.org

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