Le monde de la justice en Tunisie est en train de traverser la crise la plus grave de toute son histoire.

Après les avocats, c’est au tour des magistrats de connaître les remous de l’offensive d’un régime déchaîné, qui à travers ses agents, entend faire main basse sur le corps des magistrats après son échec cuisant dans sa tentative d’inféodation du corps des avocats.

Aujourd’hui, à l’occasion de la tenue du Conseil National de l’Association des Magistrats Tunisiens (AMT), qui devait discuter de « la situation interne de l’Association et de son Bureau Exécutif, mais aussi des relations avec le corps des avocats », des magistrats RCD (parti au pouvoir sans partage depuis un demi siècle maintenant) et apparentés, ont envahi le lieu de la réunion et ont empêché le déroulement de la rencontre.

Parmi les fauteurs de trouble, des magistrats corrompus et spécialistes notoires des sales besognes. On pouvait reconnaître facilement le fameux Mahrez Hammami (alias Bouga) bourreau de Mohmed Abbou en première instance, Ali Chourabi exécuteur de Naziha Rjiba (affaire des 170 euros) et Fathi ben Youssef réputé pour ses frasques dans les palais de justice…

Défait et malmené dans toutes les élections de certains corps indépendants, et incapable de les faire rentrer dans son giron, le régime tunisien a de plus en plus recours aux instances parallèles montées par ses barbouzes marginalisés dans leur corps d’appartenance et dépréciés par leurs pairs.

Les magistrats aux ordres veulent forcer le coup et appeler à des élections anticipées et dissoudre l’actuel Bureau Exécutif peu enclin à la soumission et faisant face avec véhémence aux menaces systématiques du pouvoir tunisien.

De toute évidence, le régime tunisien vit très mal la volonté de plus en plus manifeste de certaines organisations syndicale et professionnelle d’exercer pleinement leur doit à l’indépendance. Il a décidé de déployer sa machine répressive pour mater toute velléité « souverainiste ».

L’Association des Magistrats Tunisiens est en danger. La société civile tunisienne, les amis de la Tunisie et les organisations internationales relevant du domaine de la Justice doivent se mobiliser afin d’empêcher le régime tunisien de donner le coup de grâce à une justice au plus mal.

Paris, le 12 juin 2005

Imad Daïmi, Vincent Geisser, Chokri Hamrouni

Comité International pour la Libération de Mohamed Abbou

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