Le Kef, le 20/04/2005

Chers confrères et amis

DEMANDE DE SOUTIEN AU COMBAT DES AVOCATS TUNISIENS POUR UN ETAT DE DROIT ET DE LIBERTE

Objet : Détention arbitraire de Me Mohamed ABBOU, avocat au barreau de Tunis, pour avoir publié sur le web une tribune sur les atrocités commises dans les prisons Tunisiennes comparées à celles d’ Abou-Gharib en Irak.

Chers confrères et amis :

Me MOHAMED ABBOU, Avocat au barreau de Tunis et militant des droits de l’homme, comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Tunis le 28 avril 2005 pour avoir publié sur le web une tribune sur les atrocités commises dans les prisons Tunisiennes comparées à celles d’ Abou-Gharib en Irak et ce pour répondre des chefs d’inculpations de diffusion d’écritures de nature à troubler l’ordre public et diffamation des autorités judiciaires.

Il est à rappeler que Me Abbou fut kidnappé par la police politique dans la soirée du 1 mars 2005, le lendemain, renseignement pris par le barreau auprès des autorités judiciaires qui ont affirmé qu’aucun mandat légal à son encontre n’a été délivré.

Quelques heures plus tard, le juge d’instruction du tribunal de Tunis affirme qu’il a été chargé de l’affaire de Me Abbou et qu’il va procéder à son interrogatoire à 13h, le dossier ne contient qu’une commission rogatoire. A 17h30, les avocats nombreux qui se sont constitués pour sa défense et qui attendaient depuis 13h furent surpris par le déferlement d’une centaine d’agents de la police politique qui les ont agressés physiquement et verbalement en les poussant en dehors du couloir menant au bureau du juge d’instruction qui a procédé à l’interrogatoire dans les circonstances citées et en l’absence des avocats. Me abbou a refusé de répondre au juge.

Faisant le constat de cette agression, l’association des magistrats et le conseil de l’ordre des avocats, ont publié des communiqués dénonçant l’agression des avocats et la présence de la police politique dans les tribunaux .

Le même scénario se répéta lors de la deuxième comparution de Me Abbou devant le même juge le 16.3 ; la police politique a investi le palais de justice en grand nombre, le couloir menant au bureau du juge fut barricadé par la police pour empêcher les avocats d’assister à l’interrogatoire. Le bâtonnier qui a protesté avec des membres du Conseil de l’ordre, fut agressé physiquement par le juge d’instruction lui même !!!

Encore une fois Me Abbou refusa de répondre au juge.

Plusieurs avocats furent empêchés de le visiter en prison malgré les permis de visite dûment délivrés et on le muta à la prison du Kef prés de la frontière algérienne en dehors de la limite territoriale de la compétence du juge d’instruction, pour l’éloigner de ses avocats et pour les dissuader de le soutenir et de le visiter …

Je viens, chers confrères et amis, par la présente, solliciter votre soutien pour la combat des avocats Tunisiens pour la défense des droits et libertés en Tunisie et nous serons moi et mes confrères très honorés par votre présence le jour du procès.

Veuillez agréer, chers confrères, mes salutations les plus sincères et dévouées.

Me NAJIB HOSNI
Avocat – président du collectif des avocats de 1992
Rue 8 juillet
7100 le Kef – Tunisie.

Email : n.hosni@voila.fr
tél. : 78.204.600
fax : 78.203.573

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