La liberté est sans aucun doute possible la formulation extrême de la vie, l’homme n’est pas seulement né naturellement bon, mais aussi naturellement libre et indépendant dans l’imminence

De l’impossible. Un pays où vit un peuple libre ne peut vivre dans l’imminence du bonheur, de l’harmonie et de l’estime de lui-même, que dans l’indépendance totale et absolue, le partage et la communion avec tous les autres peuples libres, à se confondre, à se diluer et à se dissoudre dans l’universel et l’honneur des Hommes. Ce sont les autres, ces autres qui sont toujours et qui ne peuvent être que notre communauté en toute première instance, notre peuple parce que nos racines, notre histoire, notre atavisme et notre culture, ces apartés de la mémoire collective qui nous font et nous défont, tous ensemble dans l’ensemble commun, le tronc et la référence. Cet ensemble qu’on s’est choisi sans contrainte et sans arbitraire, havre de notre paix et source de toutes nos énergies, dans cet ensemble et chacun de nous est à jamais l’autre, vibrent et s’intériorisent, la paix, la volupté et la liberté. Alors nous aimons naturellement l‘autre, nous vivons dans une solidarité naturelle l’un pour l’autre, et ce faisant, c’est nous même, notre indépendance, notre liberté et celle de notre patrie que nous chérissons.

Il est plus qu’évident au jour d’aujourd’hui, que de l’autre côté de la face sombre de la dictature, nous subissons aussi une autre forme de dépendance, celle du penser et du politiquement correct, celle du terrorisme intellectuel, qui veut nous aligner dans notre combat contre la dictature et pour notre liberté que sous ses propres valeurs aux nôtres ethnocidaires. Dans cette autre forme de dépendance conceptuelle, organisée et agissante souvent par le conditionnement, le sectarisme, l’anathème, nous ne sommes, aussi, que des ombres, défigurées, galvaudées, insignifiantes, des abstractions humiliées et honteuses…..RIEN !!!

Une morale de la liberté, une morale de l’indépendance, ne peuvent se concevoir que dans la dignité, dans l’amour de ses valeurs, de sa culture et de son histoire. Dans le bonheur d’exister avec ses singularités, ses rêves et ses visions et de participer à l’élan humanitaire et la marche du progrès.

C’est en étant libres et dignes que nous créons. Les compromissions, les renoncements, les dérobades, les dogmes, le conformisme des lâches qui est notre pain quotidien, notre condition de peuple dominé et réduit en esclavage, condition sine qua non pour que ben Ali puisse dormir tranquille sur ses deux oreilles, servir et se servir sous la protection de ses maîtres, ne peuvent à la longue que nous détruire et nous plonger sans aucun espoir de retour dans l’altérité.

Notre dépendance étale règne de plus en plus sur notre matière, notre âme et sur notre esprit.
Il suffit seulement de nous regarder en face, et lever les yeux vers ce désastre qui nous étouffe, et la désinence, naturelle au genre, bouleversera tout pour avoir une idée de la réalité vitale du vrai changement, du chemin à suivre, l’ultime but et la terre promise à atteindre. Tout un potentiel d’irréversibilité s’inscrit dans nos rêves, nos espoirs et nos attentes, qui semblent anodins, normaux, pour les peuples libres, mais pour nous ce n’est qu’une longue, terrible et harassante résistance, des sacrifices sans noms qui nous obligent, il n’y’ a rien à dire et tout à faire, c’est seulement à ce prix et plus que la lumière sera, ainsi que la parole, le cri, l’extase, la liberté, la démocratie et l’indépendance.

La Tunisie est broyée par la dictature et de tout temps, mais elle est éternelle, elle se réinvente et renaît de ses cendres perpétuellement, parce que les Hommes, parce que la civilisation, parce que la culture ; elle se réinvente par une sorte de connivence divine, qui fait de l’occupée l’unique salut de son occupant, de l’opprimée la fin annoncée de son oppresseur, de la violée le silence et la mort de son violeur, de la torturée le seul élan destructeur de son tortionnaire. La dictature est un crime adventice, ben Ali est aussi étranger à la Tunisie et aux tunisiens que ne l’est UBU, HITLER, BUSCH ou SHARON. Comme ces gens là, lui et ses complices ne peuvent et nous pourrons jamais être des nôtres, bien au contraire ils sont la négation totale de la Tunisie et de son peuple, de ce qu’elle est dans ses fondements les plus intimes, dans ses réalités présentes et ses projets d’avenir.
Où sommes –nous tunisiens en ce 20 mars 2005 de toutes les souillures et les haines, grâce à ben Ali et les siens ? Que sommes-nous devenus ? Maintenant génération après génération passées à l’étamine de l’ordure et de l’abjection, à ce jour et en comptant nos morts et nos survivants ? quelle indépendance ? Ce mot fabuleux, pour qui les Hommes meurent sans peur ni reproche, est encore une longue quête dans notre pauvre pays martyr, une quête impuissante et désarticulée qui se nourrit de toutes nos espérances et nos fureurs, elle finira demain ou dans mille ans qu’importe, par être et n’être que la seule passion vivante dans l’âme, l’esprit et le corps de milliers, de millions de nos enfants, c’est le destin des hommes de « faire » de défaire l’impossible.
L’indépendance est la fille d’une grande idée, la liberté, dix millions de tunisiens sont à ses trousses, ce n’est pas un état naturel de filiation, c’est une douce et grande conquête ; l’indépendance, la vraie et l’unique, celle qui se commémore tous les jours, dans le sommeil, le sourire, la crainte, la joie , le labeur et le quotidien des gens, dans l’harmonie abstraite du subconscient collectif d’un peuple et d’une nation libre, elle se fête tous les jours, elle vient du dedans, on ne peut l’expliquer, on la vit intensément, aveuglément, l’expliquer c’est la salir, lui donner des limites et la mettre en équation, un signe qui rend possible tous les parjures et les viols.

Elle sera la mémoire vivante de tous nos martyrs, la source de toutes nos larmes, la fin de tout commencement et le terme de notre colère, notre rage et notre révolte.

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