Il y a quelque temps (*) j’ai eu à faire une vadrouille en Corse. La première chose qui m’y a frappé ce sont tous ces slogans nationalistes et indépendantistes qui se retrouvent à peu près sur toute surface vulnérable aux graffitis. Je suis né dans l’indépendance et l’indépendance est pour moi une valeur immuable.

Il y a quelque temps (*) j’ai eu à faire une vadrouille en Corse. La première chose qui m’y a frappé ce sont tous ces slogans nationalistes et indépendantistes qui se retrouvent à peu près sur toute surface vulnérable aux graffitis. Je suis né dans l’indépendance et l’indépendance est pour moi une valeur immuable. Les mouvements revendicatifs régionalistes ont sans doute leur raison mais sont souvent mal compris par les regards lointains. Alors j’ai profité de mon passage en Corse pour y voir de plus près et essayer d’appréhender cette logique. En demandant à mon hôte j’ai compris que le mouvement séparatiste n’est pas majoritaire, ce qui m’a encore plus étonné vu le nombre d’affiches et de messages visibles partout.

A l’ère où des nations s’unissent, quel est le secret qui motive la séparation d’une région qui est en prime dépendante du continent et de ses subventions ? Pourtant la collectivité locale vit en harmonie. Pourquoi une frange zélée essaye d’imposer sa volonté à tout l’ensemble des habitants ? est-ce la volonté d’une poignée de militants de s’approprier une part de pouvoir ? La question est demeurée un mystère, d’autant que la Corse n’a pas des allures d’une terre colonisée et son peuple n’est pas opprimé.

Quel rapport entre l’île de beauté et le pays du jasmin ? et quel lien avec l’indépendance ? C’est justement ce dernier point observé en Corse, cela m’avait amené à définir l’indépendance en rapport à un vis-à-vis occupant qui souille la population et l’exploite. Cette réflexion m’a poussé à tirer une conclusion tranchée et peu commune : la Tunisie est occupée.

Il n’y a pas d’armée étrangère qui patrouille dans notre pays mais la Tunisie est occupée. Il ne s’agit pas ici du colonialisme étranger qui n’a jamais pris fin mais qui s’est simplement transformé et évolué de méthodes : asservissement économique, prosélytisme culturel, ou autres procédés plus subtiles. Ici il s’agit d’une entité occupante d’une nature différente et que le lecteur a bien sûr reconnue. Une entité autochtone et vicieuse qui a établi et verrouillé son hégémonie progressivement, qui lèse le peuple et l’opprime, qui extorque ses biens et ses droits.

Nos aïeux se sont battus pour libérer ce pays, il est tombé entre d’autres mains, plus “locales” mais plus “sales”. En ce jour de la fête de l’indépendance du 20 mars, je plains une Tunisie occupée. En ce jour de fête, c’est une fête de la mémoire, pas une fête du présent.


(*) Ce texte date d’il y a un an. Eh oui, déjà un an englouti dans les gouffres du passé.

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