La théorie des chaises musicales d’un nouvel ordre, ou désordre international, l’histoire comme à ses habitudes fera les comptes ; c’est-à-dire l’obligation réaliste et pragmatique d’une alliance d’intérêts qui se transformera en alliance stratégique pour défaire la dictature tunisienne me semble à tout point incohérente, naïve, puérile et désuète. Je ne crois pas que les grandes ou moyennes puissances occidentales, dans le cas de la fragile et petite Tunisie, pays « pauvre » et plus qu’endetté jusqu’à se dissoudre dans une dépendance plus qu’ethnocidaire, là vraiment il faut être pragmatique quand on est assez lucide pour comprendre que la politique souvent n’est plus qu’un simple jeu d’intérêts. Je ne crois pas au vu des rapports de forces sur le terrain, la part d’inconnu et la lisibilité même rustiques des intérêts des puissances de ce monde, que ces décideurs soient prêts à déposer ben Ali, à aider les Tunisiens, ou même à freiner ou à stopper leurs aides au régime tunisien. Ben Ali reste un de leurs plus fameux homme et prestataire de service dans cette région du monde. Pourquoi dérogeraient-ils à leurs règles de conduite quand il s’agit de sauvegarder une bonne part de leurs intérêts vitaux et qui ne peuvent être qu’économiques, même si, ce que l’opposition tunisienne dans son ensemble propose est de l’ordre des valeurs morales, démocratiques et civilisateurs réciproques. Je dirais même bien au contraire, car pour eux, les décideurs et les puissants de ce bas monde, le danger est bien là, pas dans les dérives de la dictature.

Ben Ali en bon gardien du temple reste le seul garant de la stabilité de cette partie de l’Afrique et du monde arabe, pour eux stabilité signifie monopole des marchés régionaux, pas justice, liberté et bonheur des sociétés et des hommes.
La Tunisie contemporaine matée par Ben Ali après Bourguiba, sous l’œil vigilant et avec l’aide efficace et terrifiante de l’étranger, sa démocratisation n’intéresse personne, aucune puissance, car tout est basé aujourd’hui au niveau de ce nouveau épouvantail de l’ « interdépendance » sur l’économie de marché et sur un rapport de force qui ne laisse aucune place aux sentiments. Jamais au grand jamais l’exploitation et l’expropriation des richesses d’autrui ne se sont aussi fortement identifiées à l’exploitation de l’homme par l’homme, c’est-à-dire par le plus puissant du plus faible. Les intérêts de ces puissances pragmatiquement et rationnellement, c’est vérifiable à tout instant, selon les règles qui ont cours de l’économie de marché qui définissent bien souvent à elle seule les règles du marché, ne peuvent coïncider qu’avec les seules règles qui tiennent à bout de bras la dictature tunisienne, elle est la seule réalité tangible de la pérennité de ses intérêts, cette dictature mercenaire qui fait office de tampon de sécurité à l’arrière de deux grands et immenses pays producteurs de toutes sortes de matières premières stratégiques : la LIYBIE et L’ALGERIE. Deux pays mis hermétiquement sous tutelle totale ; ce n’est pas difficile de comprendre cette situation qui a toujours été dans la logique de l’occident colonial et impérialiste qui déteste et refuse plus que tout, la part d’inconnue et les désirs qui sont l’intime conviction des peuples et leurs propres attentes.
Une Tunisie démocratique, donc véritablement indépendante en terme de stratégie et de géostratégie, jouera en fait, naturellement, un rôle majeur dans la prise de conscience populaire de ces deux pays et tout ce que cela entraînera de demande légitimes de ces deux peuples, libyens et algériens, exploités par des oligarchies soumises et corrompues. Une Tunisie démocratique donc, sans Ben Ali, le maton, l’allié fiable, naturellement, historiquement, culturellement et intellectuellement, sans aucune ingérence directe dans les affaires de ses voisins, rien que par les relations habituelles, les communications, le commerce, les médias, la proximité, les échanges, les nombreux mariages, les alliances, jouera radicalement contre les intérêts étrangers prédateurs et néo-coloniaux.
La Tunisie est un pays qui n’a aucune matière première mais des potentialités humaines et des réalisations qui peuvent dans un cadre citoyen, libérer, influer et faire évoluer son environnement immédiat, ses voisins que rien ou si peu de choses sépare sur le plan humain, sont aussi comme elle, les yeux tournés vers plus de justice sociale, vers une indépendance des peuples, donc des besoins et rationnellement des productions ; aider la Tunisie à se démocratiser, pour ces puissances et ces décideurs, c’est en quelques sortes faire entrer le loup dans la bergerie, ouvrir la boîte de pandore, c’est risquer de perdre l’essentiel de leurs atouts dans cette course à l’hégémonie régionale, sans compter le fait que le phénomène des dominos, de la pierre qui roule et qui fait boule de neige, que par contamination un processus dévastateur s’enclenche et que ces pays fassent jonction avec les forces progressistes et nationalistes de tout l’orient arabo-musulman, cet orient qui aujourd’hui plus que jamais pourrait devenir le point centrale, le point de rupture avec tous les siècles d’arbitraire et de domination d’une civilisation judéo-chrétienne toute investie dans la mondialisation et l’expansionnisme.

En fait la démocratisation d’un pays comme la Tunisie pourrait réveiller tous les peuples de la région à une réelle indépendance et une collaboration basée sur la complémentarité et les échanges, ce scénario cauchemardesque pour les tenants de la mondialisation ne peut être possible dans sa réalité pratique qu’ entre des états libres et démocratiques, et ces réalisations demanderont aux partenaires étrangers un minimum de justice et d’égalité de traitement, ces demandes à ne pas en douter seront toujours inacceptables pour le grand capital. En bref démocratiser des pays comme la Tunisie , des pays sous total contrôle c’est du suicide et jouer à mort contre son propre camp, mais entreprendre par tous les moyens la démocratisation des anciens pays satellites de l’union soviétique et du pacte de Varsovie resté par commodité et par voisinage sous l’influence du grand frère russe, investir dans ces pays à tout va, capitaliser par l’endettement à outrance et sur le très long terme, les obliger à la seule idéologie du marché et casser leur système social qui a toujours été basé sur la solidarité, faire place nette de toute leur histoire et leur culture, monopoliser tous les secteurs autonomes susceptibles d’avoir des velléités de résistance en y injectant de l’argent, en plaçant des hommes de paille dans tous les rouages du système, y compris et surtout politique, c’est faire d’une pierre deux coups : affaiblir et désarticuler un ennemi potentiel, la Russie, qui a une effroyable force de frappe en lui mettant de plus en plus la pression à toutes ses frontières, et puis faire une OPA sur toutes les matières premières dont disposent ces pays ainsi que leurs capacités de produire des industries de loisirs et de matières grises, en apparaissant comme un modèle libérateur qui a libéré ces peuples d’un oppresseur séculaire, mais dans le fond du problème l’oppression par la spéculation, la faillite et la misère sera aussi meurtrière et les bulletins des urnes seront somme toute détournés par l’argent et la fascination du tout à la consommation. Donc ces puissances logiquement et pour leurs seuls intérêts iront jusqu’au bout avec Ben Ali qui est le meilleur défenseur de leur système et de leurs intérêts souvent aux siens, à ceux de sa famille et ceux de son clan confondus, (c’est en cela oui qu’il est un traître et un harki, je ne vois vraiment pas d’autres termes pour le désigner et définir ses engagements, les argumentaires, il n’en a jamais eu).

D’autres part c’est d’un commun dérisoire et très contradictoire de reprocher à certains, à mon humble avis à beaucoup même, de s’opposer à l’intervention et à l‘immixtion des forces étrangères dans notre pays en prétextant qu’elle s’immisce déjà profondément dans nos affaires nationales en complicité totale avec le régime de Ben Ali, cela on le sait, mais cela veut dire quoi ? Employons les mêmes moyens que Ben Ali en dépeçant ce qui reste de notre patrie et notre âme et ce qui nous reste d’honneur, vendons les à ces puissances pour quelles changent de camp et épousent nos certitudes ? Je dirais que c‘est prendre les vessies pour des lanternes, c’est une vue de l’esprit, de l’illusion et de la prédisposition au camouflet, nous en avons eu un avant goût le 7 novembre. Avec la collaboration d’une certaine gauche encouragée pour ce faire par les décideurs de ce monde, nous en avons un aperçu de la chose à chaque élection avec ID et les partis collaborationnistes. Je répondrais que justement en leur refusant de s’immiscer dans notre combat contre leur « chose » Ben Ali, je dirais que c’est en le combattant encore et toujours, et eux autant que lui à travers lui, sur les mêmes valeurs qui régissent leurs sociétés, qu’on a une chance de briser leur carcan et de dégager Ben Ali, notre bien au contraire c’est d’encore plus éclaircir la relation de ce dernier et de son pouvoir avec ces puissances, de démontrer sans cesse la nocivité de cette relation en nous immisçant nous même dans leur jeu, c’est seulement à ce prix que nous avons une simple chance de dérouter la dangerosité de leur relation contre nature, malgré tout à première vue et en apparence, cette relation d’intérêts au détriment des intérêts de la nation et du peuple tunisien et détriment moral des valeurs et principes bien entendu des peuples de ces grandes puissances interventionnistes. Si faire de l’anti-américanisme primaire, ou de l’anti-françisme primaire, c’est refuser et combattre la logique des pactes qui nous plongerons dans une dépendance et sous la domination de ces forces, subir leur hégémonie et devenir leurs « esclaves », nous le sommes, nous refusons la dictature de Ben Ali autant que cette débauche technocratique bâtarde, racoleuse et aussi illégitime,ce cirque sécurisé où nous aurons la possibilité de parler, manifester et crier dans le désert sa misère, sa pauvreté et disparaître sous les vagues ethnocidaires d’une mondialisation décapante.
Je présume que sur le plan humain, citoyen et moral nous aurons vendu notre âme au diable, les noms auraient changé, les pratiques aussi, les violences et les tortures auront un autre goût, mais tout compte fait nous serons dans une situation pas tellement différente que celles de Ben Ali, sous le maquillage et la peinture, les centres d’intérêts seront simplement déplacés et travestis pour être un peu plus présentables.

En fait nous ne pouvons séparer la dictature de ses commanditaires, être souverains à tous les niveaux dans notre pays et libres de choisir notre destin, que si nous refusons, comme nous refusons la dictature, toute légitimité d’intervention à ces puissances dans nos affaires nationales et à qui que ce soit de brader notre nation, notre patrie et ses biens. Tout ce que nous pourrons proposer à ces puissances, si elles sont disposées honnêtement à nous aider, c’est la transparence de nos actions, des relations civilisateurs et véritablement démocratiques qui ne peuvent nuire ni à leurs intérêts légaux et justes ni aux nôtres. Jouer sur le fait que nous ne pourrons être que le bien face à ce mal absolu qui est Ben Ali, puisque sur la véracité des choses et ce qui est plus important pour la pérennité de l’espèce, contrairement à la dictature, nous partageons avec les sociétés occidentales, tout ce qui fait leur splendeur sur le plan de l’éthique et de la morale, seules valeurs susceptibles de défaire tous les extrémismes, ce que Ben Ali ne pourra jamais faire, au contraire. Son régime est le terreau fertile à toutes les dérives, lui et ses semblables seront toujours des sources de désordre, de tension et de violences terroristes. Cette affirmation de notre part et cette demande au niveau des puissances et de leurs opinions publiques peut être efficace et mobiliser, il suffit pour cela un élan rassembleur basé sur la volonté et l’organisation de toutes nos forces démocratiques et légitimes. L’interventionnisme des USA en Géorgie et en Ukraine, au-delà des considérations de leur real politique cités plus haut, il ne faut surtout pas oublier l’activisme civique des millions d’immigrés originaires de ces pays et qui sont de puissants lobby aux Etats-Unis, et ceux d’Europe aussi qui ont joué un rôle immense dans cette « opération ». Aussi, ceci est un exemple pour la communauté tunisienne vivant à l’étranger et qui disposent de moyens intellectuels et matériels pas du tout négligeables, qui pourra intervenir efficacement en coordination avec les forces de l’intérieur pour déstabiliser le système et ses appuis. Je reviens sur cette question de la Géorgie et de l’Ukraine et une des instances qui semble avoir joué un rôle dans le « renversement » des anciens régimes de ce pays, le mouvement serbe PORA, faiseur technocratique de révolution pacifique ( ?), mais la réalité est tout autre, ce n’est ni plus ni moins une petite officine conseillée et financée par la CIA et d’énormes capitaux US, ce mouvement a beau dire que lorsque arrive le moment des idées nul ne peut les arrêter, seulement voilà il oublie de dire aussi qu’elles idées, quel est le prix à payer, et combien d’ukrainiens et ce géorgiens sont dans l’ignorance de ce conditionnement médiatique qui semble avoir convaincu une petite majorité à voter les yeux fermés et en désespoir de cause, certains ont été fragilisés par le chantage aux sentiments avec une réalité plus que falsifiée, mais qui demain sans aucun doute, sera cruciale pour la majorité d’entre eux , ils ont chassé un dictateur mais ils ont mis leur pays au clou chez un autre usurier autrement plus performant, ces pays là à l’instar de la Tunisie et bien d’autres sont à jamais hypothéqués , c’est cette situation que l’opposition tunisienne doit absolument éviter, et elle ne peut l’être que si notre libération de la dictature ne doit rien à personne , ni tributaire à un moratoire, ni soumise à des conditions et des pactes dont le peuple tunisien ignore jusqu’à l’existence, des subterfuges opaques et trompeur qui creuseront encore un peu plus notre tombe.
Rien que le fait que ce mouvement PORA ai pu pendant des mois au vu et au su de tout le monde en cette Ukraine corrompue, pratiquement tout organiser de cette « révolution » non violente, en fait une sorte de coup d’état contre un régime de corruption et de méthodes policière avérées, avoir ainsi pratiqué et agis librement en Georgie ou en Ukraine, prouve que l’ancien régime ukrainien n’était pas une dictature ou alors la force d’immixtion US était depuis toujours tellement présente en Ukraine, comme aujourd’hui en Tunisie, avec la dictature Ukrainienne à sa botte, à sa merci qu’elle avait décidé dans une grande manipulation des ukrainiens d’imposer de nouvelles règles du jeu et d’ouvrir un nouveau front anti-russe, après la reprise en main de tous les secteurs russes par Poutine et son clan, ces derniers n’entendent pas se laisser faire. Il reste aujourd’hui au nouveau pouvoir au service des grandes puissances occidentales, ce pouvoir ukrainien d’anciens caciques du système soviétique, ces caciques par opportunisme veulent donner l’illusion qu’ils sont les maîtres du jeu, mais on sait que la moitié du pays presque ne suit pas, et que si Poutine le veut cela sera la guerre civile, voilà un cas typique de convergence d’intérêts qui se fait sur le dos d’un peuple et qui à la longue ne présage rien de bon. Demain les nouveaux dirigeants ukrainiens doivent relever le défi énorme qui consiste à tenir les promesses faites au pays, ils ne pourront jamais les tenir sans l’aide des Américains, et ces derniers sont tout sauf des philanthropes et leurs visions du monde sont effectivement une suite et sanglante série d’intérêts permanents. Oui, tenir des promesses faites pour vendre cette révolution à un peuple meurtri, presque en état second et qui attend de vrais changements, rien que pour l’intérêt national de l’Ukraine (ces intérêts et ce changement qui ne sont peut-être pas ceux à quoi pensent les occidentaux) seront mission impossible.

Il ne faut pas perdre de vue qu’en Géorgie par exemple, les deux impérialismes l’un régional et l’autre international, celui de Moscou et de Washington, se battent pour obtenir une plus grande influence sur cette porte stratégique ouverte vers l’Asie centrale. Washington se sert de la propagation d’un modèle démocratique taillé à ses mesures pour investir la place et parasiter tout le pays pour contrecarrer les hommes de paille et les maffieux liés aux intérêts non moins maffieux russes. Pour sauvegarder leurs intérêts coûte que coûte et avoir un droit de regard et même de décision, un droit de cuissage sur le fameux oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan qui permettra au pétrole de la mer caspienne d’être sur les marchés occidentaux sans passer par la Russie. Où sont alors les intérêts des Géorgiens ? à ce niveau les peuples ne comptent pas. Eux et les matières premières sont employés comme des armes conventionnelles. Les deux géants ne pensent absolument pas aux peuples de la région qui ne sont que des pions sur un échiquier d’une incroyable morbide et mortelle confrontation, le cas est un peu identique pour notre région, l’homme de paille Ben Ali est plus fiable pour ces intérêts étrangers et prédateurs que les démocrates tunisiens, et si jamais ces derniers se soumettent aux diktats de ces puissances cela sera toujours au détriment de la Tunisie des Tunisiens et de la région entière.

L’interdépendance ne peut être comprise, comme actuellement l’a si bien comprise Ben Ali justement pour pérenniser son pouvoir, que par la dépendance totale du plus petit au plus grand, du plus faible au plus fort, l’interdépendance doit être pour nous seulement comprise dans le cadre de l’évolution naturelle des sociétés libres par l’échange et le respect mutuel. Comment faire pour que cela arrive ? C’est bien simple il faut plutôt penser à travailler notre société, à mobiliser sur nos prétentions, à nous battre sans accepter les faits accomplis, à refuser l’abdication et la collaboration, et non pas à chercher la pitié et l’arrogance des autres, à se complaire dans la larme, la haine et le déni de soi, à trouver normal notre statut d’assistés et de demandeurs de nos propres droits. Les soutiens médiatiques, logistiques et financiers dont ont bénéficié les Géorgiens et les Ukrainiens sont dans la durée et la finalité les fers de lance et les chevaux de Troie d’une nouvelle forme de stratégies impérialistes qui jouent contre les peuples, les cultures et même l’histoire. Ces peuples tôt ou tard vont se réveiller avec la gueule de bois et au final, se rendre compte qu’ils n’ont enfin de compte été que les dindons de la farce, ils ont changé de dominant, c’est tout. Ils vont se réveiller avec d’autres problèmes encore plus graves à résoudre car ils seront en conflit direct avec les intérêts d’un puissant voisin pour le compte des intérêts d’un usurier qui se trouve à des milliers de Km de chez eux, ce prédateur qui n’est présent que pour toucher les dividendes et les bénéfices. Tout ce montage s’est un peu beaucoup mis en place à l’insu de leur plein gré, encore une fois floué et pris en tenaille dans un remake d’une nouvelle guerre froide qui ne dit pas son nom. Oui tous les pays « libérés » militairement ou pas par les forces impérialistes qui se divisent la planète, ont des économies et des citoyens qui travaillent d’une façon ou une autre pour l’inflation des puissances étrangères, leurs vies et leurs besoins et leurs préoccupations, totalement aliénés à leurs dérives.

La démocratisation des Balkans, de la Géorgie et de l’Ukraine n’est pas forcément morale, mais obéit à de simples considérations idéologiques qui n’ont rien à avoir et sont même antagonistes avec les attentes et les réalités chroniques de ces peuples. Pourquoi les Irakiens résistent, ainsi que les Iraniens et beaucoup d’autres nations y compris des puissances comme la France ; faire coïncider les intérêts des puissances prétendantes avec ceux de la Tunisie pour défaire la dictature, mais à quel niveau ? Pour beaucoup le seul intérêt de l’opposition tunisienne dans son ensemble est la démocratisation du pays, les intérêts des puissance au contraire c’est sa stabilisation coûte que coûte dans leurs plans de rentabilité maximale, la stabilisation de la région dans son ensemble pour protéger les deux sources de matières premières majeures que sont donc l’Algérie et la Libye. Or encore une fois, qui dit une Tunisie démocratique, dit une Tunisie révolutionnaire aux habitudes situationnelles de la région, dans les mœurs et coutumes de cette morose région soumise à tous les arbitraires. La démocratie qui sous d’autres cieux est un signe de progrès humaniste évident, quand elles est désirée par nous, est perçue par eux comme un élément perturbateur et dangereux, une véritable catastrophe et une terrible menace pour leurs intérêts, intérêts depuis longtemps basés sur la spéculation et les détournements en totale complicité avec les dictateurs du cru. Des Tunisiens libres et indépendants qui produisent l’essentiel de ce qu’ils consomment, qui ont le potentiel d’être eux même dans les limites de leur pays et de donner envie à leurs voisins, des Tunisiens libres et fiers de vivre de leur pays qui n’a d’autres matières premières que sa matière grise et son esprit d’initiative, oui ce pays là, libéré de ses chaînes, serait un bien mauvais exemple pour les Algériens, les Libyens, ces cavernes d’Ali baba à dévaliser jusqu’à plus soif ; un très mauvais exemple même pour tous les autres pays arabes, exploités, soumis et qui dans la plus part des cas subissent grâce à leurs dictateurs et leurs protecteurs les mêmes ignominies que nous autres.

Le problème de base, et pour quitter un peu la caricature, est cette tendance que je trouve désespérante de facilité de vouloir schématiser par élimination les priorités, alors qu’on sait bien qu’en Tunisie, il n’existe qu’une seule priorité : celle de l’instauration de la démocratie. Il est indéniable que les Tunisiens qui viendront au pouvoir par le biais de l’interventionnisme étranger auront à assumer politiquement, socialement et culturellement la charge des promesses et se trouveront à moindre niveau, mais quand même, dans la même situation que Ben Ali, c’est-à-dire avec un pouvoir par procuration, creux, une légitimité dévoyée et de circonstance, supranationale, juste après ces ajustements et ces collages, les Tunisiens se trouveront face à une autre réalité qui est en décalage total avec la leur, à savoir à la tête du pays des hommes qui sont supposés être une quelconque représentation de changement palpable pour eux et qui découvrent que ces derniers ne sont que les nouveaux maîtres d’œuvres d’une stratégie géopolitique qui leur passe par-dessus tête, des hommes qui sont en fait des arpenteurs d’un système d’intérêts qui ne peuvent être que des intérêts conflictuels avec les intérêts propres des Tunisiens. En fait dans la logique hégémoniste des puissances, les intérêts de nos peuples en question sont tout justes les matières premières de leurs propres intérêts dans leur vision de conquête absolue de cette région du monde et pour que leur tactique tient, ils ont plus besoin de collaborateurs vénaux, d’hommes de main, de mercenaires, d’intervenants efficaces et fragilisés par la pré pende, que d’hommes jaloux de leurs êtres et de leurs avoirs, qui refusent de couler dans le moule aseptisé de la mondialisation, l’expérience du FIS algérien et assez édifiante à ce sujet, la façon dont l‘Algérie avait été pacifiée avec ses 200.000 morts, la conjugaison des efforts militaristes des puissances et des maffieux algériens, donne une idée précise de l’état d’esprit qui définie le tout engagement des puissances de ce monde. La Tunisie pour être efficace pour leurs intérêts doit absolument et ne peut l’être que sous la botte d’hommes comme Ben ALI, rester une simple position , un poste avancé logistique et stratégique dans cette périlleuse entreprise d’encerclement de cette région du monde, exactement comme pour l’Irak, et les forces de résistances dans ce pays ont bien compris que pour protéger les intérêts de leur pays, ils ne peuvent les faire coïncider avec ceux des occupants, d’où le harkisme de ALAOUI combattu par tous les moyens et la violence de ses maîtres occupants qui chaque jour de plus en plus détruit l’Irak, pays arabe occupé à la tête de qui des fantoches collaborent avec l’ennemi colonisateur et prédateur. Oui, on ne peut appeler autrement l’administration Alaoui et tous ceux qui collaborent et les dénoncer que comme traîtres et harkis, il n’y a aucun doute là-dessus, ils servent les seuls intérêts américains et tout ce que subit le peuple irakien est contre signé par eux, on l’a vu avec Fallouga et tout le reste de l’Irak, cette administration est mise en place par une force d’occupation, elle étrenne illégalement toutes sortes de décisions qui spolient l’Irak et les Irakiens de leurs biens et de leurs honneurs, c’est à juste titre qu’ils soient considérés par les Irakiens comme des vendus et des traîtres et combattus de plus en plus comme tels et au même titre que les forces d’occupation, ceux qui ont fait le choix de porter son uniforme et de défendre au prix de leurs vies ses intérêts, les intérêts étrangers qui ne sont ni ceux des Irakiens ni de l’Irak. Tous ces collaborateurs au sens propres comme au figuré et à tous les niveaux font coïncider justement certains intérêts pirates et privés avec ceux des puissances occupantes. En Tunisie la dictature le fait depuis longtemps et certains parasitaires aussi qui ont les mêmes stigmates que ceux du néo-colonialisme ou si vous voulez de l’hégémonie mondialiste, aux dépends de ceux des Tunisiens. Quand je pense que certains dans un délire politicien des fois et des fois par simple désespoir et lassitude, veulent nous faire croire, à coups d’incantations et de jusqu’à boutisme inique et technocratique que solliciter cette immixtion étrangère et l’appeler de tous nos vœux est notre seule planche de salut et que c’est le prix à payer pour instaurer la démocratie chez nous. Quelle démocratie ? Comme celle de l’Irak ? Celle qui tend de fait à l’anarchie et à la partition du pays et à la main mise totale des forces étrangères sur les richesses du pays ? ce miroir aux alouettes qui invite notre peuple à signer un chèque en blanc à certains aventuriers qui se chargeront de la gestion technocratique de notre destin et de choisir pour nous et à notre place ce qui est supposé être l’état idéal et le meilleur des mondes, un monde amorphe que nous pourrons consommer sans se poser de questions, ni poser des question, ni contester ses fondements, ses réalités et ses vérités, des technocrates qui prendront le pas sur les représentants du peuple, c’est-à-dire sur lepeuple lui-même. Moi toutes ces aberrations me rappellent de bien tristes souvenirs et des peuples entiers qui ont disparus.

En Irak il n’y a plus beaucoup d’Irakiens qui croient que les forces d’occupation et leurs hommes de main irakiens aient réussi quoique ce soit. Bien au contraire. Les nombreux attentats quotidiens et la résistance radicale et de rejet des iIakiens est par excellence la vox populi qui donne une fin de non recevoir à ce genre de marché de dupes. Bien au contraire en passant normalement par les urnes, d’une façon honnête et libre dans un proche futur et pas aux conditions des Américains et de leurs matons, les Irakiens donneront la preuve de leur liberté en prenant en compte que les intérêts de leur pays, sans aucun respect pour ceux des forces prédatrices étrangères et sans se vendre au plus offrant, pour qu’elle soit crédible et donner un sens populaire à son combat. La résistance tunisienne doit s’inscrire dans cette seule démarche et ce credo. Dans les années à venir nous pourrons, probablement grâce à cette effervescence qui bouscule et enfièvre le monde musulman, assister à la naissance d’un autre bloc compact d’intérêts libres et permanents, légitime celui là par les choix des peuples, pas par les calculs technocratiques, celui des Arabes, celui des musulmans à l’instar de celui des Chinois, des Indiens et des Européens. Pour les intérêts musulmans, le marché existe, avec l’apport de la Turquie moderne, de l’Iran qui j’espère réformé et révolutionnaire et des pays musulmans de l’ancien bloc soviétique, ainsi que les potentialités humaines et matérielle, il possède aussi d’important relais et têtes de ponts dans les autres grands blocs, ces grands blocs avec leurs communautés musulmanes évoluées à organiser et qui contrairement à lui ne sont pas culturellement (religieusement) homogènes, le liant indispensable à cette réalité du bloc musulman reste pour l’instant tributaire d’une grande réforme et d’un choix des libertés sans aucune restriction. Choix qui donnera aux bonnes dispositions la volonté de dépasser les particularismes, les traditions, les mœurs et coutumes et toutes les forces réactionnaires, seules responsables du chaos de cette décadence qui nous limite à l’attentisme et au renoncement. Je le dis en pensant le travail de plus en plus visible et efficace des forces réformatrices musulmanes qui assiégent et prennent de plus en plus de place, dans cet immense regain de religiosité qui s’exprime dans nos pays et dans le monde entier d’ailleurs, cette renaissance qui semble redonner une nouvelle redéfinition politique, sociale, économique et culturelle à cette profonde réalité endogène.

Pour revenir à proprement parler du cas tunisien, et éclaircir un peu plus le débat que certains se complaisent à noyer dans une opacité qui les arrange. Moncef Marzouki pour parler de lui, a le droit de rendre visite à qui il veut, mais dans le contexte précis de la question tunisienne et la complexité des rapports entre les acteurs qui s’inscrivent dans sa solution, il a des alliés objectifs, les uns déclarés comme Ennahdha, Chabbi, Ben Jaafar, les autres attentifs comme la plus part des indépendants qui comptent.A mon avis ce bloc est à lui tout seul – la société civile est prise en otage par les parasitaires et c’est du pipi de chat, elle traîne tellement de casseroles que souvent elle est confondue avec les officines du régime- fait la crédibilité de l’opposition démocratique et républicaine tunisienne, sur ce nous savons que M. Marzouki a la légitime prétention de tout faire pour débloquer notre dramatique situation à l’aune de son vécu en tant que civilisation, de ses intimes réalités et ses attentes. Une Tunisie indépendante de toute allégeance qui l’obligera à se dénaturer ou à subir un quelconque interventionnisme extérieur qui définira ses mouvements, ses investissements, ses règles, ses réalisations, ses choix et ses rêves. Donc en partant de là, de ce pacte, Moncef Marzouki doit expliquer et prévenir ses alliés et les masses de toute démarche qui peut engager l’ensemble de la structure et les convaincre de sa politique. C’est la moindre des choses qu’on doit attendre d’un des leaders supposés de l’opposition tunisienne. C’est légitime d’un côté comme de l’autre de toujours solder les comptes, c’est la base même de la pratique démocratique et l’exemple doit venir du haut de la pyramide ; l’opacité à ce niveau serait dramatique et catastrophique, et en politique, la bonne foi et les bonnes intentions sont relatives, la démarche collective doit être toujours la règle et l’acte individuel l’exception qui confirme cette règle. C’est comme cela que Moncef Marzouki qui n’est pas le premier venu, ni un amateur ou un apprenti sorcier, l’a compris. La réaction aux demandes d’éclaircissement de quelques uns d’entre nous avait reçu une réponse claire et somme toute démocratique de son bureau politique c’est ce qui l’honore et remet les pendules à l’heure.

Ce n’est nullement de la démagogie que de demander le minimum de transparence pour n’importe quel engagement. La véritable démagogie c’est de marcher dans le même pas que la norme, la norme des suiveurs et des suceurs de roues, la norme désignée ailleurs et industrialisée à l’échelle de la planète. La véritable démagogie c’est de se complaire dans l’analyse élitiste et de s’acharner à vouloir à partir d’une vision restreinte, galvauder, décider de ce que doit être le socle démocratique du pays au mépris du peuple, envoyer la plèbe au charbon et tirer les marrons du feu. La démagogie c’est de vouloir faire croire que penser sous les sommations des autres parce qu’ils sont les plus puissants et les plus forts, c’est l’unique voie pour faire et défaire le destin de son pays et l’aseptiser technocratiquement aux ordres jusqu’à tuer en lui toute singularité, tout bonheur et toute joie de vivre autre que celles consenties par les bureaux d’étude. La démagogie c’est d’arriver à faire de la Tunisie une république bananière, une sorte de vulgaire Porto Rico qui servira de bordel grandeur nature, comme il sert sous Ben Ali, à toutes les ordures en mal d’exotisme sous prétexte de rentabilité et de plus value, par tous les moyens pour la gloire de cette nouvelle oligarchie de technocrates. La véritable démagogie c’est de vouloir coûte que coûte être l’autre quand on n’a même pas été et qu’on n’est même pas capable d’être soi-même. La véritable démagogie c’est cette piétaille d’opposants sous couveuse, prématurés de tout, qui veut uniformiser l’opinion et les espoirs des Tunisiens, avec des packs de démocratie clé en main, sans même essayer de les convaincre du bien fonder de leurs démarches et de leurs politiques. Chez nous, on a la sale habitude de mettre les chariots avant les bœufs, les tapis avant de bâtir les mosquées. Encore une fois la notion du combattant suprême ou travestis en coordinateur, du leader charismatique est dépassée, dans le cas tunisien le consensus est plus que nécessaire, occulter l’idéologie, les notions partisanes, les partis serait une très grave erreur, l’important et l’essentiel c’est de réunir leurs singularités et leurs vérités propres sur un projet commun, simple et clair, méthodique et organisé. C’est évident que les mouvements de fond ne sont jamais allés jusqu’au fond de leurs utopies dans notre pays, pour aller au combat dans cette situation post 2004 et espérer une victoire nette et sans bavures, notre seule arme et atout est un pacte véritable, authentique avec notre peuple , provoquer l’adhésion des Tunisiens au rejet total de la dictature et non marchander notre destin national dans son dos avec des forces et des intérêts égoïstes qui de tout temps, sans aucune animosité, naturellement, ont participé aux spoliations de ses intérêts vitaux pour nourrir les leurs. Le centralisme démocratique qui est une débilité technocratique, l’hégémonie, le mot d’ordre, les alliances contre nature, radicalement antagonistes à tous les niveaux, pour ne pas dire ennemis, la tentation de l’élitisme niveleur à deux sous, cela ne prends plus et ne doit pas prendre chez nous, c’est une hérésie dans une société jeune, compacte et homogène comme la société tunisienne, où le niveau de savoir dépasse largement celui de l’avoir, oui cela ne prends plus, il faut se rendre à l’évidence, les Tunisiens ont définitivement oublié d’être des cons, justement pour les nouveaux maîtres penseurs se bercer de ce genre d’illusions c’est vraiment faire le choix pernicieux et trompeur de la démagogie, ce n’est rien qu’avec cette logique d’ailleurs que fonctionne la dictature, ce populisme démagogique et poujadiste qui ne dit pas son nom, une affaire d’épiciers et de règle à calcul en somme, ces nuances tant qu’elles échapperont à certains, nous resterons indéfiniment dans la même récurrente grille de lecture que le pouvoir et ses alliés étrangers, campés à nos frontières, à l’affût de nos tentatives et nos simples formulations, vampirisant nos institutions, nos administrations et tous nos lieues communs. Et ceci est valable pour la dictature comme pour certains secteurs de la pré pende oppositionnelle.

Quand à la Palestine il faut apprendre à lire les données, voir l’état des lieues et éviter de dire n’importe quoi, les données historiques parlent pour elles mêmes, les accords d’OSLO ont été élaborés par ces intérêts étrangers dans une démarche de simple propagande mise au service des sionistes qui voulaient apparaître aux yeux du monde comme des faiseurs de paix. Les accords d’OSLO à bien voir les choses sont un échec total, ils ont surtout enfanté d’une classe oligarchique et de technocrates palestiniens terrifiants. La mort d’Arafat a relevé un point crucial de l’abandon, par ces derniers, de la pseudo élite palestinienne et des technocrates, des intérêts propres du peuple palestinien au profit des intérêts convergents de cette petite minorité de corrompus, de collaborateurs palestiniens et ceux des sionistes. En matière d’argent comme dirait le martyr Barghouti , Arafat et sa clique ne se sont jamais embarrassé de considérations politiques ou morales. Il ne faut jamais oublier que le gestionnaire de l’immense fortune d’Arafat le kurde irakien Mohammed Rachid corrompu et en totale convenance avec l’ennemi sioniste, ce banquier spéculateur d’Arafat qui détournait les aides, travaillait pour tout le clan arafatiste en étroite relation et complicité avec le banquier et spéculateur de haut vol Gabriel Banon, qui n’est autre que le beau-frère du sioniste néo-con, le juif tunisien député de Paris Pierre LELLOUCHE idolâtre de Sharon et petit copain de la famille Ben Ali, ajouté à ces relations d’intérêts bien compris le conseiller financier de la nouvelle HAJJA Souha Arafat, Pierre Rizk, le phalangiste assassin responsable entre autre avec l’armée de son ami Sharon du massacre de Sabra et Chatila. Bonjour les intérêts du peuple palestinien, comme ceux des Tunisiens et de tous les peuples opprimés du monde qui seront toujours sacrifiés par les grandes puissances, elles, qui trouveront toujours leurs comptes avec les dictateurs dans des relations rationnelles d’intérêts réciproques et d’assistance mutuelle et jamais au grand jamais avec les peuples libres et les sociétés démocratiques.

En ce qui concerne le nouveau gouvernement démocratique d’Abbas, je tiens à faire remarquer qu’il n’a été élu qu’avec environ 10 % des voix du corps électoral palestinien, le gros de la troupe de ce corps électoral qui se trouve dans les camps de réfugiés, n’a pas été autorisé à voter ; au nom des intérêts du peuple palestinien ? bien sûr que non ! Encore une fois les technocrates palestiniens ont fait coïncider leurs intérêts avec ceux des puissances au grand bénéfice des sionistes et aux dépends surtout de ceux du peuple palestinien martyr.

Pour terminer avec les technocrates, je dirais que ces derniers ont toujours eu le pouvoir en Tunisie, d’ailleurs sur le plan purement technique, c’est un peu grâce à eux que le pays tient encore debout, malgré la mort de la politique en Tunisie et toutes ces corruptions et ces spéculations étales qui ruinent le pays. Depuis toujours, les technocrates tunisiens ont été dans une logique de pouvoir dans notre pays et font les leurs certaines dispositions du régime autoritaire, qui l’un comme l’autre ne cessent dans un concert assourdissant, de dénoncer pour se justifier et justifier la violence, l’irrationalité et l’obscurantisme latent des Tunisiens. Ceux de la prétendue opposition réconciliatrice ne sont pas en manque, eux ils dénoncent leur attentisme et leur lâcheté. En fait le discours des technocrates se limite au marché et à la qualité des services (qualité totale, marché global, fusion stratégique ) partout dans le monde ce sont là leurs modes d’intervention, chez nous bien au contraire d’un côté ils étrennent et renforcent les fondements de la dictature et de l’autre ils se croient investis d’une sorte de droit divin et se posent en solution de rechange pour d’éventuel remises en cause stratégiques des puissances tutrices, et qu’importe s’il y a adhésion du peuple tunisien ou pas, ils sont là pour faire son bonheur même malgré lui, enfin lui imposer une idée du bonheur qui n’a absolument rien à voir avec lui, même aux forceps et même à l’ombre des chars interventionniste s’il le faut.

Au lieu de chercher de « technocratiser » à tout crin sous les fallacieuses théories et les fallacieux prétextes que les technocrates sont plus aptes à redresser et diriger le pays que les politiques qui eux sont les représentant du peuple et ont cette légitimité de fait à investir la place et à insulter les consciences par l’arrogance des faits accomplis et des préjugés pseudos positivistes qui ont fait la preuve de leurs nuisances dans le monde, il vaut mieux démocratiser et vulgariser à fond la technocratie, que le débat de sa formulation soit politique, sociale et culturelle avant d’être économique, donc publique et contradictoire. Telles que les choses sont vues et perçues dans la marche forcée de cette mondialisation qui ne pourra jamais se passer des dictatures sous peine de se renier, les dogmes technocratiques ne peuvent qu’être basés que sur l’idéologie dominante ; les technocrates veulent que tout passe par la « raison », même si elle est déficiente, or la vie et les choix des peuples obéissent heureusement à des réalités beaucoup plus complexes que cela. Vouloir régler dans un sens unique ces réalités c’est encore une fois leurs dénier et denier à la société son libre choix et ce n’est nullement du populisme que de s’opposer à cela. Le populisme c’est de véhiculer des idées fausses et des situations aliénées et vouloir les imposer par tous les moyens. Des militants politiquement responsables actuellement sur la scène tunisienne, sont sujets à ce que l’on appelle l’incohérence temporelle, qui affecte leur crédibilité : les engagements qu’ils prennent concernant leurs politiques futures sont des concessions terribles qui aboutiront si ils sont tenus un jour, à la dépendance encore plus du pays. Aujourd’hui ils peuvent être tentés par des comportements opportunistes ou partisans, comme celui qui, par exemple, consiste à chercher à maximiser les chances d’une prise de pouvoir à l’irakienne ce qui peut conduire à des politiques biaisées en faveur d’intérêts particuliers plutôt que de l’intérêt général du pays mais ce qui est certain c’est que nous serons toujours au même point avec certainement les mêmes ou plus encore de problèmes.

Pour ces nouveaux prétendants, ces pseudo-gouvernants de droit divin, que sont les technocrates, non seulement la raison et la modernité, mais aussi le mouvement, le changement, sont et ne doivent être que de leur seul domaine, celui des théoriciens et des “experts” ; mais le danger, la déraison et l’archaïsme, l’inertie et le conservatisme ne peuvent venir que de la masse et du peuple, des syndicats, des intellectuels critiques.
La démocratie sera toujours contre la technocratie et la tyrannie des “experts” ; il faut inventer les nouvelles formes d’un travail politique collectif capable de prendre acte des nécessités, économiques notamment, cela peut être la tâche des experts, mais sous le seul contrôle des représentants du peuple tunisien.
Oui on peut récuser le technocratisme autoritaire sans tomber dans un populisme auquel les mouvements sociaux du passé, gauchisant et utopiste ont trop souvent sacrifié, et qui fait le jeu, une fois de plus, des technocrates et de la dictature qui se prévaut d’un miracle tunisien qui n’est en fait qu’un mirage et un champ de mines qui verra certainement pour notre malheur, son jour.
La compétence technique ne pourra jamais être le fondement exclusif de l’autorité politique, elle ne peut être qu’un outil parmi d’autres, car le seul souverain en démocratie véritable ne peut-être que le peuple à la fois législateur et sujet, son pouvoir est donc sacré et indéniable, il ne peut être exercé que par les élus, par les politiques à l’intérieur d’un cadre institutionnel précis, avec des lois par tous et pour tous. Justement, abandonner ce pouvoir sous n’importe quel prétexte aux technocrates reviendrait à ne prendre en considération que le rationnel comme toute société totalitaire, une société de libéralisme sauvage et barbare ou la sélection naturelle chère aux dictateurs et aux technocrates fera des ravages.

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