Au-delà du Oud, l’interview “Souvenance” d’Anouar Brahem…

Nous n’allons pas nous priver de le reconnaître, mais, à Nawaat, nous avons toujours été de grands fans d’Anouar Brahem. Depuis 2004, nombre de papiers ont été rédigés sous les notes du maestro Tunisien. Et c’est avec bonheur que nous irons voir son nouveau concert, « Souvenance », le jeudi 10 juillet 2014 à 22h30, sur les planches de Carthage.

Mais comment définir Anouar Brahem ? Rien ne lui sied !

Il est un genre à lui tout seul. Tous ceux qui ont cherché à classer ses morceaux connaissent ces moments d’hésitation : est-ce de la musique arabe, orientale, méditerranéenne, tunisienne ? Est-ce de la World, du Jazz ou du classique ? Inutile de chercher. Anouar Brahem est inclassable. Il est, tel qu’indiqué, un genre à lui tout seul.

« Les artistes imitent, les génies s’approprient », disait Picasso. Et comme Anouar Brahem, ils ne sont que quelques-uns sur la scène mondiale à s’être approprié leurs instruments d’une façon aussi exceptionnelle. À l’instar d’un Stéphane Grappelli et son violon, Éric Galliano et son accordéon, Petruciani et son piano, Miles Davis et sa trompette, Jo Jones et sa batterie, Django Reinhardt, Frank Zappa ou Joe Satriani et leurs guitares…, ils ne sont, en effet, que quelques-uns à avoir su marier la virtuosité instrumentale avec le génie musical. Des enfants prodiges qui ont maîtrisé les 24 caprices de Paganini, il y a eu et il y en aura encore. Mais rares seront ceux qui laisseront une créativité musicale défiant le temps.

L’impressionnante production du grand maître du Oud est déjà rentrée dans la grande Histoire de la musique. Par la variété de sa production, Anouar Brahem nous a déjà émerveillés par des chefs d’œuvres comme -et entre autres- Thimar, Barzakh, Astrkan Café, Madar, The Astounding Eyes Of Rita, Le pas du chat noir ou Le Voyage de Sahar.

Avec Khomsa (1995), Brahem avait déjà signé, selon nous, un des plus beaux albums du siècle dernier. L’alchimie du Oud, de l’accordéon (entre les mains de Galliano, faut-il le souligner), du piano, du saxophone, du violon, de la contrebasse et de la batterie est époustouflante. C’est le génie musical dans toute sa splendeur. Et pour cause, il est sans conteste le musicien tunisien le plus auréolé à l’international. Les plus prestigieuses revues musicales se sont penchées sur le “genre” Anouar Brahem, y compris celles parmi les plus exigeantes revues de Jazz.

Et comble du bonheur, durant cette interview, nous avons rencontré une personnalité à l’humilité, à la gentillesse et au charisme admirable.

C’est vrai, nous avons été charmé par un musicien d’exception. Il est inutile d’en dire plus, nous vous laissons avec cette interview où il a été tantôt question de politique culturelle en Tunisie, tantôt du processus de création chez l’artiste, tantôt de la question épineuse des droits d’auteur.

Pour passer quelques moments de bonheur, il suffit de se déplacer à Carthage le jeudi 10 juillet 2014.

A propos de Souvenance

« Souvenance », nouvelle création instrumentale d’Anouar Brahem, sera présentée en première mondiale lors de l’ouverture de la 50e édition du Festival International de Carthage. Ce projet inédit réunira 20 musiciens de l’Orchestre à cordes de Tallinn et un quartet formé par le pianiste François Couturier, le clarinettiste Klaus Gesing, le bassiste Björn Meyer, le pianiste François Couturier avec Anouar Brahem au oud.

En associant pour la première fois un ensemble à cordes à son travail de composition, le maître du oud nous livre ici une musique instrumentale surprenante et personnelle, tissant des liens inédits entre des univers très différents. Utilisant le tapis subtil et mouvant des cordes et les quatre instruments solistes, Anouar Brahem invente un univers onirique empruntant sa poésie et son sens de l’espace autant au jazz, à la musique classique européenne qu’aux traditions méditatives orientales.

Toujours d’une grande puissance mélodique, chaque morceau se déploie dans un climat de recueillement et de concentration extrêmes, à la manière d’un rêve éveillé. Même s’il n’y a pas de lien manifeste avec les évolutions politiques vécues en Tunisie ces dernières années, il n’en demeure pas moins que celles-ci ont profondément marqué son travail.

Musicien rare sur la scène tunisienne, Anouar Brahem retrouvera le théâtre romain de Carthage après 22 ans d’absence. Il avait déjà illuminé l’ouverture du festival en 1988 avec « Nuit d’Oiseau » et la clôture du festival en 1992 avec « Ceinture d’Or ». Bien plus qu’un simple retour circonstanciel, ce concert fort attendu à Carthage permettra à cet emblématique artiste de renouer avec un public de fidèles assoiffés et de jeunes impatients de découvrir sa musique en live.

Ce premier concert de «Souvenance» s’inscrit dans le cadre d’une tournée internationale qu’Anouar Brahem va entamer à partir de fin 2014 pour essaimer dans diverses salles de prestige à travers le monde.
Source : Communiqué de presse

 

A propos d’Anouar Brahem

Anouar Brahem est aujourd’hui l’une des figures les plus influentes de la musique arabe contemporaine. Durant plus de trois décennies, les compositions instrumentales de ce maître du oud ont enchanté différents publics partout dans le monde.

Evoluant à ses débuts dans un environnement musical arabe dominé par la chanson de variété et les orchestres pléthoriques, Anouar Brahem s’est donné comme mission de restaurer le oud en tant qu’instrument emblématique de la musique arabe, ainsi que de la musique instrumentale. Bien avant son triomphe international, c’est en Tunisie qu’il a bâti les fondements de son édifice depuis les années 80. Ses morceaux d’anthologie marquent toujours les esprits et font désormais partie intégrante de la mémoire collective nationale.

La carrière internationale d’Anouar Brahem a été marquée au début des années 90 par le début de sa collaboration avec ECM Records. 9 albums ont vu le jour avec cette prestigieuse maison de disques. Saluées par la critique internationale, ses œuvres puisent leur charme et leur intensité dans sa capacité à inventer une musique ancrée dans une culture ancestrale hautement sophistiquée tout en étant éminemment contemporaine dans son ambition universaliste. Jan Garbarek, Dave Holland, John Surman, Richard Galliano ou encore Barbarose Erköse…, Anouar Brahem s’est entouré des musiciens les plus talentueux tous genres et cultures confondus.

Loin des sentiers battus, son sens aigu de l’expérimentation l’a amené à tisser une trame musicale imbibée des traditions orientales et méditerranéennes tout en y intégrant des éléments de jazz. Précurseur en la matière, il a été en quelque sorte l’éclaireur du chemin vers l’universalité pour de nombreux musiciens du oud.

Il a obtenu plusieurs distinctions à l’instar du Prix National de la Musique (Tunisie, 1985), l’Edison Award (Hollande, 2006) ainsi que l’Echo Jazz du Meilleur Musicien international de l’Année (Allemagne, 2010). Il s’apprête à réaliser son dixième disque dont la sortie est prévue pour fin 2014.

Site web : www.anouarbrahem.com
Youtube : www.youtube.com/anouarbrahemofficial
Facebook : www.facebook.com/anouar.brahem
Twitter : twitter.com/brahem_official
Source : Communiqué de presse

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4Comments

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  1. 1
    Hamadi Aouina

    Ya si Anouar Brahem, ne s’est-il pas produit un formidable chambardement à l’hiver 2010/2011? Même si ce dernier n’a pas encore enfanté le miracle promis par la formidable mobilisation de cet ensemble bigarré de secteurs de la population désireuses d’en finir avec la dictature. Définitivement. La qualité d’une révolution réside dans l’agglomération de cette multitude de forces éparses qui se liguent pour l’abattre et que l’on nomme “contre-révolution”. Quel rôle un artiste de l’envergure d’Anouar Brahem peut jouer pour contribuer à contrecarrer les desseins de la contre-révolution en particulier dans le domaine spécifique de la culture, de la musique plus particulièment, centre des préoccupations d’Anouar Brahem? Durant l’interview, Anouar a insisté sur les “droits d’auteur”, sur le “piratage” (qarsanna) des oeuvres, sur les milles et une questions qui sont la préoccupation de l’artiste dans nos sociétés “délabrées”. Il n’a rien dit de cette question qui devrait agiter un véritable créateur: après des décades de domination de la nomenklatura sur le petit monde de la “création” tout azimut, comment faire pour véritablement “démocratiser” cet espace et permettre aux enfants des quartiers et des régions délaissés de s’approprier aussi la maitrise d’un instrument de musique, de la peinture, de la scupture etc… En matière de musiques nous avons de formidables expériences dans la région des Balkans, ou en Amérique latine (Vénézuéla, Brésil sans oublier la patte d’excellence de Cuba) et même sur notre continent l’Afrique, au Sénégal, au Nigéria etc… qui offrent aux jeunes cette introduction à un apprentissage professionnel de la musique. Qu’en pense Anouar Brahem de tout cela et quel serait son rôle pour impulser à son tour ce type d’initiatives dans le pays profond et les quartiers populaires?

  2. 2
    Rym

    De l’art……bien consensuel, flattant le public dans le sens du poil, par un artiste sans courage ni volonté de changement. De jolies (quoique) mélodies fort simples, Brahem n’est vraiment pas un avant-gardiste, et bien sûr tout le contraire de Picasso. Je ne vous félicite pas.

  3. 3
    Rym

    « Être un artiste est un choix que l’on se pose tout d’abord à un niveau essentiel: ou bien l’on choisit d’exprimer les structures conservatrices de la société et l’on se contente d’être un robot entre les mains du pouvoir, ou bien l’on s’adresse aux componants progressistes de cette société pour tenter d’établir un rapport révolutionnaire entre l’art et la vie. » Gian Maria Volontè

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