Festival de Carthage : Entre variété et classicisme, inodore et incolore

A force de se vouloir « pour tous », le Festival de Carthage est devenu, au fil des années, inodore et incolore. Confus sur son identité et sa vocation, cet événement culturel majeur, aujourd’hui à sa 52ème édition, se laisse dominer par deux tendances : une sourde adhésion à la musique de variété et aux artistes surplaylistés par les radios privés et un classicisme étouffant sans nulle proximité avec le grand public. Les aspirations annoncés par ses organisateurs se retrouvent trahies par leur propre programmation.

Télévision : Klem Ennas dopé aux pilules mauves

El-Hiwar Ettounsi Tv abonde dans la sympathie décomplexée envers le régime de Ben Ali et se montre dithyrambique à l’égard de ses propagandistes et ses défenseurs. En se dopant de fortes doses de révisionnisme voire même de négationnisme, la machine s’emballe au point de prendre l’air d’une parodie.

La musique de variété, cheval perdant de Maghreb 24 Tv

Lancée en mars 2015, Maghreb 24 Tv ne figure toujours pas dans les estimations d’audience établies par les agences de sondage. En total détachement avec le contexte actuel, elle a parié sur un cheval perdant. Sa programmation repose essentiellement sur la musique de variété. Un choix obsolète puisque la popularité de ce registre est en chute libre depuis que la révolution a changé la donne.