Coup de Force 128

Kais Saied, la solitude de tous les dangers

Le président de la République est plus que jamais un homme seul, avec le poids de l’Histoire sur les épaules, et la discrète compagnie des eucalyptus séculaires de Carthage. Un rapport direct s’est établi avec le peuple, qui a applaudi cette opération de nettoyage radical des institutions. Mais quand je vois un peuple croire dans les pouvoirs thaumaturgiques d’un homme seul, je vois le danger se profiler à l’horizon. Au-delà des facteurs qui ont mené à cette crise, au-delà de la faiblesse de l’engagement civil des partis politiques, un homme seul est plus exposé aux fautes et aux chantages.

Radwan Masmoudi : Visage du soft power des islamistes tunisiens

Membre d’Ennahdha, Radwan Masmoudi mène depuis le Virage 80 du 25 juillet une guerre médiatique acharnée contre le président de la République. Personnage controversé, Masmoudi a longtemps jonglé entre vie associative et politique. Et ce n’est pas la première fois que ses déclarations attisent autant la polémique et soulèvent des interrogations sur ses liaisons à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

تونس: بين بداية الاستقرار الديمقراطي وعودة الدكتاتوريّة

بين مؤيّد ومناقض، اختلفت الآراء والمواقف حول جملة القرارات التّي تمّ اتخاذها من طرف رئيس الجمهوريّة التونسّية قيس سعيّد. فتزامنًا مع تدهور الوضع الوبائي في ظل جائحة كوفيدـ19، تعيش تونس في الآونة الأخيرة تأزما للأوضاع الاقتصادية واهتزازا اجتماعيا على جميع الأصعدة كالجهويّة والفئويّة. كما أدى تصاعد التوترات بين الفاعلين السياسيين والانحياز لبعض توجهاتهم عن هدف تحقيق المصلحة العامة إلى التأكّد من عدم قدرتهم على ممارسة السلطة وإرساء منظومة تستجيب إلى تطلّعات التونسيين.

نواة في دقيقة: المنعرج 80.. فوضى الأحزاب

أفرز المنعرج 80 تباينا بين مواقف الأحزاب ودفع بقوى أخرى الى الواجهة وخلق اهتزازا في المشهد السياسي التقى فيه الخصوم وتفرّق فيه الرفاق بشكل بدأ يتلاشى معه التقسيم الكلاسيكي بين اليسار واليمين. أحزاب كانت بينها عداوات تاريخية أو حديثة العهد التقت في المواقف وعادت للتنسيق فيما بينها، بينما عادت أحزاب أخرى للالتقاء في المواقف بعد عداوة دامت سنوات. هذه الفوضى تطرح تساؤلا بشأن مآل المشهد السياسي المتخبّط والسيناريوهات المحتملة.

Quelques réflexions en marge du 25 juillet

Dans cette configuration, inviter à la vigilance relève au mieux du vœu pieux, au pire de la naïveté. Penser que la société civile peut se dresser efficacement contre un pouvoir qui viendrait, au sens chimique c’est-à-dire intransitif du terme, se révéler avec le temps, c’est avoir une bien piètre connaissance de notre passé récent. Les acteurs s’inscrivent dans la dynamique historique où, très souvent, l’occasion fait le larron.

The Tunisian people continue their quest in the search of their new model

It’s funny enough that post-2011 Tunisia was dubbed “democracy startup”. Well, why not apply a benchmarked and proven model if the playbook was matured by other players? Because the Tunisian people, consciously or unconsciously, are exploring a new path, and searching for a new model. And that’s what startups are about. In my view the Tunisian people are a rare kind of country-preneurs. But where are they heading to? Let’s look back at the roadmap, to try to understand where its trajectory may lead.

Virage 80 : Comment expliquer la myopie de la côte est-américaine ?

Le 30 juillet 2021, Kaïs Saïed a reçu trois journalistes du New York Times au palais de Carthage. Dans un discours fleuve dont il a le secret, ponctué par des références à la Constitution des Etats-Unis, le président s’est voulu rassurant quant à son respect des droits et libertés. Cet épisode intervient après une semaine de couverture médiatique d’une presse américaine largement acquise aux positions d’Ennahda et incapable de comprendre le hiatus entre la joie d’une partie importante des Tunisiens et des menaces sérieuses qui pèsent sur le processus démocratique en Tunisie.

Concerns over Press Freedom as Journalists Harassed, Detained

There have been numerous assaults and harassment of journalists by security forces, politicians and officials in recent years–with June alone seeing 18 assaults, and May seeing 13, according to the National Union of Tunisian Journalists (SNJT). However, in the days since mass protests began on July 25 and President Kais Saied subsequently announced exceptional measures concentrating powers under him, there has been a spike in such harassment.

La Tunisie, entre espoir et vigilance

En période de changement révolutionnaire, les premières mesures prises sont généralement en contradiction avec les textes de lois en vigueur. Ce qui s’est passé, en Tunisie-même, fin 2010 – début 2011, n’était pas du tout conforme à la Constitution de 1959. Et pourtant, nous l’avions tous applaudi, car il s’agissait d’un mouvement de révolte populaire et légitime face à un ordre établi qui ne correspondait plus aux aspirations du peuple. Alors, aujourd’hui, ne pourrait-on pas dire qu’on est dans une situation comparable à celle de 2011 ? Ne pourrait-on pas entendre et prendre en considération les cris de colère des foules qui ont manifesté toute la journée du 25 juillet dernier et même avant?

Tunisia and the Obsolete Western political imaginary

On the 25th of July, Tunisia witnessed a major shake-up of the political landscape. Western “experts” could have predicted that. They were able to believe what they actually saw and heard. In their well-entrenched imaginary, something was decidedly wrong with this picture. The complexity was too much to handle for minds trained to see Tunisia, and the region as a whole, as easily knowable if not already known. No wonder many of them have rushed to cry foul.

Rigidités constitutionnalistes & secret de polichinelle démocratique

Beaucoup de nos juristes les plus éminents n’ont aucun doute quant au caractère putschiste de la décision du président Kais Saied de suspendre le parlement. Et techniquement, ils ont des arguments solides. Saied pour sa part s’est basé sur l’article 80 de la constitution qui permet «l’état d’exception en cas de péril imminent» et on peut très bien argumenter qu’un gouvernement et un parlement qui laissent mourir 18000 tunisiens en un an et demi sont un péril déjà en place.

Tunisie. L’avenir incertain de l’Assemblée des Représentants du Peuple

Après le gel des activités de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) pour 30 jours, des questionnements se posent par rapport au sort de l’institution parlementaire après ce délai : Pourrait- elle reprendre son travail ? Les députés peuvent- ils convoquer une session extraordinaire? Le député d’Attayar Hichem Ajbouni et la constitutionnaliste Salsabil Kelibi apportent leurs éclaircissements.

A l’origine des craintes des Tunisiens, l’historique violent d’Ennahdha

Après les mesures exceptionnelles prises par le président Kais Saied, des organisations nationales et des chancelleries ont mis en garde contre une probable escalade des violences. Cette crainte d’un éventuel affrontement, esquissé par le président de la République lui-même, est animée par la violence, sous un habillage religieux, inhérente à la mouvance islamiste depuis sa création jusqu’aujourd’hui.

نواة في دقيقة: ”وأتت اللحظة التاريخية“

صيف 2021 لم يكن سياسياً رتيبا كعادته، حيث تسارعت فيه الأحداث بنسق شهر جانفي التونسي. فوضى وعنف برلماني، تخبط هواة حكومي في مواجهة الكوفيد وتنام للسخط الشعبي وسط لا مبالاة رسمية. أحداث دفعت الشارع للانتفاض ودفعت قيس سعيد للعب ورقة الفصل 80 بتصرف ليقيل رئيس الحكومة و يجمد البرلمان في عز الصيف.

Timeline: Accusations de coups d’Etat en Tunisie, un sport national

Depuis 10 ans, les accusations de coups d’Etat se sont multipliées au fil des crises politiques et des impasses institutionnelles. Tantôt utilisé pour décrédibiliser l’ennemi, tantôt pour bluffer ou provoquer la peur et mobiliser, elle invoque les pires scénarios observés dans la région. Le coup d’Etat de Ben Ali en 1987 alimente cet imaginaire fertile. Marqués par le putsch de Sissi en Egypte (2013) et le coup d’Etat avorté contre Erdogan (2016), les islamistes et leurs alliés en ont toujours eu une méfiance particulière.