Contrôle thermique des voyageurs à l’aéroport Tunis-Carthage. Crédit photo : Callum Francis Hugh

La ministre de la Santé sortante, Sonia Ben Cheikh, assure que la Tunisie est « prête à une éventuelle pandémie ». Une batterie de mesure a été mise en place par la commission permanente pour le suivi de la propagation du coronavirus.

Rumeurs sur l’Italie, pas de vols pour l’Arabie saoudite

Face aux rumeurs faisant état d’une éventuelle suspension des vols vers Milan, le ministre du Tourisme sortant, René Trabelsi, n’a pas exclu une telle éventualité en cas de nécessité. Rappelons que l’Italie est l’un des premiers pays à suspendre les liaisons aériennes avec la Chine. Cette mesure ne l’a pas épargnée. Certains pays sont allés jusqu’à la fermeture de leurs frontières avec des pays touchés. C’est le cas par exemple du Koweït, du Pakistan et de la Turquie qui ont fermé leurs frontières avec l’Iran, un pays connaissant une flambée de l’épidémie. Ce dispositif n’a pas empêché la propagation du virus au Koweït ou encore au Pakistan. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cette mesure serait contre-productive. « Il a été dit et réitéré très clairement que les restrictions aux voyages et au commerce ne sont pas recommandées par l’Organisation mondiale de la santé », avait souligné son porte-parole Christian Lindmeier. Pour le moment, l’Etat tunisien favorise le contrôle accru aux frontières. Pour sa part, la Fédération Tunisienne des Agences de Voyages et de Tourisme (FTAV) a suspendu les vols des pèlerins pour la Omra en Arabie Saoudite. Et ce, suite à la décision des autorités saoudiennes d’interdire « temporairement » les entrées des pèlerins dans le royaume comme mesure préventive du coronavirus.

Mesures préventives aux frontières

Contactée par Nawaat, une source officielle au ministère des Affaires étrangères indique que la décision de fermeture des frontières avec des pays frontaliers touchés par le virus ou susceptibles de l’être concerne plusieurs ministères et est du ressort du Conseil de sécurité nationale. « Ce qui nous incombe actuellement est de veiller sur les ressortissants tunisiens à l’étranger, notamment dans les pays touchés par le virus. Des cellules de suivi sont établies dans différentes ambassades et consulats afin de rester en contact avec les Tunisiens et suivre l’évolution de la situation », a affirmé le responsable ministériel.  A noter que l’Etat a rapatrié, le 3 février, 10 ressortissants tunisiens de Wuhan, ville chinoise où l’épidémie a commencé. Ils ont été placés au centre d’isolement sanitaire pendant 14 jours. Il s’est finalement avéré qu’aucun n’a été contaminé par le virus.

Contrôle à la caméra thermique à l’aéroport de Tabarka. Crédit photo : Ministère de la Santé

Au niveau du contrôle frontalier aérien, outre les caméras thermiques installées aux aéroports pour contrôler la température des voyageurs arrivant en Tunisie, le ministère de la Santé a mis en place en coordination avec l’office de l’aviation civile et des aéroports et les compagnies aériennes nationales et internationales des fiches de questionnaire à distribuer aux voyageurs afin de cerner leur itinéraire. Cette mesure vise à identifier les contacts des voyageurs et leur éventuelle exposition aux risques de contamination, a expliqué Sonia Ben Cheikh, étant donné que le contrôle de la température des voyageurs ne permet pas d’identifier les personnes porteuses du virus qui ne présentent pas encore de symptômes. Concernant les frontières terrestres, des équipes médicales permanentes ont été installées dans plusieurs points frontaliers : Hydra et Bouchebka (Kasserine), Hazoua (Tozeur), Dhehiba et Ras Jedir (Médenine).

La police aux frontières se montre équipée de masques médicaux au point frontalier de Hydra, Kasserine. Crédit photo : Ministère de la Santé

Des ressources débloquées

La Commission de la santé à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a auditionné, mardi 25 février, le directeur des soins de santé de base au ministère de la Santé, Chokri Hammouda. Il a déclaré que sur les 16 millions de dinars demandés par le ministère de la Santé, seulement 4 millions de dinars ont été octroyés par le ministère des Finances. Il a également relevé la possibilité d’augmenter cette somme en fonction de l’évolution de la situation. Le responsable ministériel a indiqué par ailleurs que le ministère dispose de 150 mille tenues pour les personnes infectées par le coronavirus. La ministre Sonia Ben Cheikh assure également que des salles d’isolement médical ont été mises en place dans tous les hôpitaux en Tunisie.

Jusqu’au 25 février, 690 voyageurs arrivant de pays à risque ont été suivis quotidiennement. 493 ont achevé leur période de suivi de 14 jours ou sont rentrés à leurs pays de résidence. Aucun cas de coronavirus n’a été détecté, d’après le ministère de la Santé. Concernant les actions de sensibilisation, une campagne a été lancée dans les médias audiovisuels pour informer sur les mesures préventives. Un numéro vert gratuit pour alerter en cas de suspicion de symptômes du virus est également opérationnel. Le 28 février, un Tunisien venu d’Italie a été placé au centre d’isolement sanitaire à l’hôpital Farhat Hached à Sousse. Il souffrait de fièvre et de toux. Des analyses ont été effectuées sur ce patient, rapporte Mosaïque FM.

Dans une déclaration à la TAP, le vice-président du syndicat tunisien des propriétaires des pharmacies privées, Naoufel Amira, a signalé une récente pénurie des masques médicaux. La forte demande a suscité également l’augmentation de leur prix. Cette ruée vers les masques relève du « gaspillage », a alerté l’OMS. L’organisation onusienne recommande le port d’un masque aux personnes ayant des symptômes du virus comme la toux, l’éternuement et la fièvre ou pour les personnes ayant voyagé dans les régions touchées par le virus et étant en contact étroit avec une personne venue de ces pays et tombée malade.  Le port du masque n’est indispensable que pour le personnel médical.

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