« Depuis lors, aucun contact n’est possible entre ce groupe et les organisations humanitaires. Nous exprimons nos vives inquiétudes quant à la situation sanitaire et aux conditions de subsistance de ces personnes. Nous sommes également préoccupés par le risque que ces personnes soient transférées en Libye, pays en situation de conflit, où les conditions de leur sécurité ne seraient plus assurées », ajoute l’Organisation des Nations Unies dans le même communiqué.

Pour sa part, le ministère de la Défense a rapporté une autre version des faits. Dans un communiqué publié lundi 5 août, il informe de l’arrestation de 53 personnes sans papiers, dont 33 de nationalité ivoirienne, qui ont tenté d’accéder au territoire tunisien via les frontières sud-est. S’agit-il du même groupe évoqué par le communiqué de l’ONU et dont la situation a été dénoncée par diverses organisations non-gouvernementales et militants des droits de l’homme ? Contactée par Nawaat, une source officielle du ministère de la Défense a déclaré : « je ne suis pas certain s’il s’agit du même groupe d’ivoiriens filmés », en allusion à la vidéo par laquelle est venue le scandale. Et il poursuit : « Le poste frontalier est le seul et unique point de passage légalCeux qui désirent accéder au territoire tunisien n’ont qu’à se soumettre aux procédures légales et administratives. C’est une question de souveraineté ».

De son côté, Romdhane Ben Amor, chargé de la communication du Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux (FTDES), a dénoncé la rétention d’informations par les institutions étatiques tunisiennes concernées, en l’occurrence les ministères de la Défense et de l’Intérieur. Il a également contesté l’opacité des propos austères du porte-parole des tribunaux de Sfax. Selon ce dernier, certains individus de ce groupe ont été libérés alors que d’autres sont encore en état d’arrestation (sic !). « Admettant qu’une partie des migrants arrêtés a été libérée, où est- elle maintenant ? », s’indigne Ben Amor. « D’habitude, les personnes dont la situation est illégale sont renvoyées au centre de détention d’Ouardia, ou prises charge par le Croissant rouge. Jusqu’ici, ils n’ont recouru à aucune de ces deux options, d’où notre inquiétude », ajoute-t-il. Il revendique un traitement humain des migrants conformément aux conventions internationales signées par la Tunisie.

« Le groupe de migrants ivoiriens a finalement été approvisionné en nourriture, c’est la toute dernière information qui nous est parvenue », nous confie Sherifa Riahi, directrice de l’association Tunisie terre d’asile. D’après un communiqué publié mercredi 7 août signé par plus d’une douzaine d’organismes de la société civile, la situation n’a pas  vraiment changé. « Même si ces personnes avaient l’intention de franchir la frontière de manière clandestine, est-il légitime de les abandonner en plein désert, dans ces conditions climatiques extrêmes ? », conteste Romdhane Ben Amor du FTDES. Et d’ajouter : « Il fallait plutôt opter pour une approche humanitaire face à cette situation ». Dans ce communiqué, les organisations signataires ont appelé les autorités locales à faciliter l’accès de la société civile et, sur le long terme, à « adopter une politique migratoire qui préserve les droits humains des migrants ».

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