choukri-hmed

 

Parmi les 1001 bilans faits de la Tunisie postrévolutionnaire, le travail du sociologue Choukri Hmed, « Au-delà de l’exception tunisienne », s’avère plutôt…exceptionnel. La démarche de l’auteur ne consiste pas à « établir un bilan provisoire des années de transition, ni de minimiser l’importance des réalisations politiques incontestables, mais de souligner qu’au-delà de l’exceptionnalité tunisienne subsistent des réalités sociales, politiques et économiques qui représentent autant de failles et de risques de ce processus révolutionnaire singulier ». Tout en reconnaissant les réussites importantes (séparation des pouvoirs, garantis des libertés politiques et civiques dans la constitution, l’alternance pacifique), Hmed analyse les enjeux sécuritaires, l’introuvable démocratie sociale, l’impasse économique, et la réconciliation nationale qui ont empêché « la traduction concrète des principes et des valeurs revendiqués » depuis cinq ans. Pour Nawaat, Hmed revient sur l’évolution des mouvements sociaux, le modèle économique figé et l’élite politique non-représentative qui reste coupée de la réalité du citoyen.