Parmi les grands absents de ce scrutin, ce sont sûrement les observateurs. Ce qui nous a le plus frappés hier en allant dans différents centres de votes, c’est l’absence, si ce n’est ponctuel, d’observateurs. Il faut dire que certains parmi eux ont été écarté des centres de vote. Il en fut ainsi des observateurs d’IWATCH et de quelques uns de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme. Au nom de cette dernière, du reste, Abdessatar Ben Moussa envoya un courrier de protestation aux intéressés.

Les observateurs nationaux ayant donc l’obligation d’être cantonnés à l’intérieur des bureaux de vote, il nous a été impossible de pouvoir les approcher et d’obtenir une interview de leurs parts, sous peine qu’ils soient exclus desdits centres.

Nous avons pu, cependant, parler avec certains d’entre eux dans les rues longeant certains centres. Un des observateurs d’ATIDE dans un des bureaux de centre d’El Menzah nous avoue : « après avoir assisté aux législatives et au premier tour des présidentielles, il y’a une moins forte concentration d’observateurs sur Tunis 2, et ce pour une raison très simple : il n’y a jamais eu de dépassements. Les scrutins se sont tous bien passés. Certains acteurs de la société civile ont préféré concentrer leurs efforts sur d’autres secteurs ».

Même son de cloche auprès de la National democratic Institute et les observateurs internationaux : « nous faisons un tour dans les différents centres de vote. Tout se passe très bien. Il en a été de même lors des élections précédentes. Ça pourrait expliquer la faible présence d’observateurs ici. Par contre, il faudra se poser la question des observateurs des partis : ils sont presque absents partout. »

En effet, nous l’avons remarqué, pas ou peu de représentants de partis étaient présents sur Tunis 2. Et encore, les présents étaient ceux de Nidaa Tounes, présent en masse et à un degré moindre, ceux du CPR. Ce que nous regrettons fortement, c’est l’abandon de la part des autres partis qui ne sont plus en course à l’investiture suprême, ayant délaissés les centres de votes, préférant fuir leur responsabilité historique une fois leurs candidats hors course.

Nous avons contacté Al Joumhouri et le Front Populaire qui n’ont pas souhaité répondre à nos questions. Un des membres de l’équipe de campagne de l’UPL lors du premier tour nous indique : « nous n’avons pas jugé utile. Le choix est entre le représentant de Nidaa Tounes et un candidat indépendant, lequel nous le savons, représente le CPR . Nous n’avons donc aucune raison d’envoyer une délégation d’observateurs ».

Même son de cloche du côté d’Ettakatol : « nous n’avons pas fui nos responsabilités. Il y’a une société civile forte, fruit de la révolution laquelle se charge de veiller au bon déroulement des élections. L’ATIDE et Mourakiboune -pour ne citer qu’elles- font un travail remarquable. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure ».

La société civile et les partis politiques semblent baisser la garde, estimant que le processus démocratique a atteint une certaine maturité, telle que la présence d’observateurs ne soit plus aussi nécessaire dans certains lieux. Or, ce début de relâchement pourrait être à terme préjudiciable au processus démocratique.

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