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L’égalité des genres  est une question majeure qui semble dépasser ce que peut apporter un quelconque texte de loi. Les révolutions des peuples arabes ont bel et bien défriché un terrain fertile pour que la société civile et les progressistes d’une façon générale puissent cristalliser les droits d’une femme longtemps « maudite » et sous-estimée dans le contexte médiatique maghrébin, entre autres en Tunisie.

Le deuxième numéro de la revue trimestrielle d’analyse « Femmes et médias au Maghreb », éditée par le bureau de l’Unesco à Rabat, souhaite faire progresser le débat sur « la culture de l’égalité » et les recherches sur le statut de la femme au Maghreb, en particulier dans les médias.

Ramona Stella y explique que « les postes supérieurs au niveau de la production, du commandement et de la présentation de l’actualité » sont plutôt réservés à ceux qui ont  « de l’autorité et du charme », et que dès que des femmes sont recrutées, « on les dirige vers des emplois sans avenir ».

Selon elle, l’imaginaire traditionaliste engendre une sorte de dévalorisation sociale, bien qu’il y ait un progrès incontestablement effectif concernant les compétences éducatives requises de la femme.

Quant à Irane Belkredim, journaliste indépendante en Algérie, elle condamne « les contenus sexistes uniformisant la réalité de la femme dans le monde arabe car ces représentations débordent de préjugés sexistes ».

La journaliste pointe du doigt « la reproduction systématique des clichés dans les images et les messages médiatiques » et « une culture machiste fortement ancrée dans les esprits et qui continue de sévir ».

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Marwa Dhiab, journaliste à Jadal, estime qu’au sein du média dont elle fait partie, elle ne trouve pas de complications quant à la question du genre :

Au contraire, la femme parvient à s’imposer grâce à ses compétences et par son haut niveau éducatif. Cependant, elle peine à couvrir les manifestations à cause des harcèlements. Culturellement parlant, la femme journaliste est encore mal vue sur terrain, une condition que l’homme est loin de subir lors de ses activités journalistiques.

Dans le même contexte, Marwa évoque les difficultés causées par les policiers ou les interviewés qui veulent profiter de l’occasion à des fins non professionnelles.

Selon notre interlocutrice, la journaliste « peut éventuellement être repoussée par certains partis et mouvements politiques, uniquement pour des causes bidons liées au voile ou à son habit jugé non convenable »…

Azza Korbi, journaliste à « Assour », quant à elle, pense que la question du genre se classe en deuxième position par rapport à la notoriété du journaliste, qu’il soit femme ou homme.

Celui qui détient l’information te refuse au nom de ce média et t’accepte dans le même jour  pour un autre. Bref, tout dépend de l’établissement auquel tu appartiens